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Lazare Kaptué, un parcours scientifique hors pair!

Après sa retraite, l’agrégé de médecine poursuit une intense activité scientifique et se dit guidé par l’amour pour sa patrie

Le long parcours de Lazare Kaptué pousse à se demander ce qui fait courir cet homme de science doublé d’un politique. Il révèle que ni ses parents ni son entourage ne l’ont encouragé à faire des études. Si j’ai pris la peine de faire des études, c’est parce que je cherchais autre chose précise-t-il et ajoute : si je cherchais l’argent j’aurai fait le commerce comme mes frères (de l’Ouest Ndlr). Lazare Kaptué multiplie les exemples pour expliquer son attitude. En 2002, j’avais le choix entre la députation et la mairie, c’est-à-dire entre gagner de l’argent et en sortir de ma poche. J’ai choisi d’être maire au grand dame de mes proches.
Lazare Kaptué est né en 1939 à Mbanga (département du Moungo) ou il suit ses études primaires à la mission catholique et se rend à Yaoundé en 1952 pour continuer le cycle secondaire au collège François Xavier Vogt. Il y réussit la première partie du baccalauréat dans la série B en 1958 et la seconde dans les sciences expérimentales l’année d’après. En 1960, sur proposition du gouvernement camerounais, la France lui octroie une bourse pour des études de médecine qu’il débute à Toulouse et achève à Paris en 1972 par une spécialisation. Depuis novembre 1973, Lazare Kaptué est professeur agrégé d’hématologie, immunologie et maladie du sang.

De l’homme de science…
Le parcourt administratif du Pr.Kaptué est aussi dense que son trajet scientifique. Après avoir exercé à paris et à Londres, il rentre au Cameroun et débute comme professeur d’hématologie et immunologie au centre universitaire des sciences de la santé en 1973. Au sein de cette institution dont il est l’un des fondateurs, il occupe les fonctions de chef de service et de département de sciences pathologiques. De 1984 à 1993 il est tour à tour directeur de santé et inspecteur général au ministère de la santé publique. L’on cerne cependant mal les raisons de son appel en complément effectif entre 2000 et 2002. Il prend sa retraite de la fonction publique le 31 décembre2004 (ministère de l’enseignement supérieur)
Au plan de la recherche, le laboratoire de Lazare Kaptué a découvert le groupe O du Vih1. Pour cela, il a un brevet d’invention, de même que pour le séquençage complet de l’Adn d’un virus d’immunodéficience simienne isolée chez un singe drill du Cameroun, il a collaboré à la rédaction de plusieurs ouvrages et revues scientifiques. Le professeur Kaptué a aussi participé à la mise en place de la santé de la reproduction au Cameroun, il continue ses recherches sur la variabilité génétique du Vih et sur le virus de l’immunodéficience simienne. Ce scientifique appartient à une dizaine de sociétés savantes. Entre autres, il est expert en exercice de l’organisation mondiale de la santé (Oms), membre fondateur et trésorier en exercice de la société africaine anti-sida (Saa). Il est également membre de l’union internationale d’éducation pour la santé, président du comité national éthique depuis 1987 et administrateur du centre d’étude de la famille africaine (Cefa) depuis 2001. De janvier 1985 à septembre 1993, il fonde et préside le comité national de lutte contre le sida.

…A l’homme politique
A coté de cette carrière scientifique, Lazare Kaptué s’est aussi forgé une posture politique. Après avoir été membre de l’union nationale camerounais (Unc) de 1973 à 1985, il participe à la création du rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) en 1985 au congrès de Bamenda en tant que responsable de la commission médicale. Il est donc militant du parti au pouvoir depuis sa création et maire de la commune rurale de Demdeng d’où il est originaire depuis 2002. En 2003, il est élu secrétaire adjoint de l’association des communes et villes unies du Cameroun (Cvuc). Il estime que quand on n’a pas le pouvoir on critique mais, sitôt qu’on l’a on est plus modéré face aux contraintes.
Marié et père de quatre enfants, Lazare Kaptué se dit comblé. Tout ce que j’entreprends réussit se réjouit-il et confie néanmoins que sa plus grande tristesse est l’échec de sa fille au concours d’entrée au Cuss. Cela m’est resté au travers de la gorge. Elle a eu une bonne note mais on l’a éliminée se lamente-il. Il pense avoir beaucoup d’amis et affirme que le fait d’avoir quelques ennemis ne le gène en rien. Lazare Kaptué déclare que le travail fait partir de sa nature. Propos que confirme Ghislain Kenlio l’un de ses collaborateurs : Il est fondu de travail et ne supporte pas la paresse. Son attitude reste cependant la même qu’il soit serein, heureux ou en colère. D’ailleurs, on ne le voit presque jamais fâché. Ma plus grande joie est le symposium scientifique international organisé à mon honneur les 8 et 9 novembre 2007 reconnaît-il.
C’est au cours de ce symposium qu’un de ses anciens étudiants l’a qualifié de grand homme toujours accessible. Lazare Kaptué déclare dédaigner le protocole: Je n’ai jamais demandé qu’on remplisse une fiche d’audience pour me rencontrer. Il estime avoir une haute idée de l’Etat: Je me sens un devoir envers ce pays qui m’a tout donné avoue le fils de Demdeng.
Il recommande la solidarité à ses compatriotes. C’est d’ailleurs l’objectif de la fondation Lazare Kaptué pour la recherche crée à l’issu du symposium évoqué. Si nous sommes solidaires, nous pouvons soulever des montagnes soutient l’actuel recteur de l’université des montagnes de Banganté qui déclare poursuivre les recherches sur le sida et prône la rigueur dans la gestion des biens publics. D’où son soutient à l’opération épervier.


http://www.communedemdeng.org)/n
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