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Le bilinguisme au Cameroun, un atout si peu partagé

Par Françoise Boutianala

La 11ème édition de la journée nationale du bilinguisme sera célébrée au Cameroun ce 05 février 2016, comme à l’occasion des éditions précédentes, une cérémonie de lancement a eu lieu ce 01 février et cette fois -ci ça été à Mbalngong.

La plupart des activités prévues pour la commémoration de cette journée ne se limiteront que chez les jeunes scolarisés qui se défient par de nombreux challenges sur l’aisance orale à maîtriser l’anglais et le français et autres prestation ludiques. Qu’en est -il des autres couches de la population ?

Et encore avec le nombre de jeunes aujourd’hui qui évolue dans l’informel pourquoi ne sont -ils pas aussi pris en compte ? Et même le reste de la communauté qui est aussi constitué des parents qui ont leurs enfants dans des établissements où la langue d’enseignement n’est pas celle utilisée à la maison et qui peinent à suivre et à encadrer leurs enfants ? Pourquoi l’impulsion du bilinguisme ne continue qu’à se limiter dans les établissements ? Pourquoi n’impliquent-t-on pas tous les autres pans de la société ?

Malgré les avancées mitigées des précédentes éditions, peut-on nous présenter l’impact des 10 dernières éditions sur la population camerounaise dans toute sa diversité ?, l’on continue de mettre à l’écart le reste des camerounais et on en privilégie une infime partie ! Il n’y a pas que l’élève qui a besoin de se mettre au pas avec le bilinguisme ! Pis encore, il ne faut pas compter sur les centres et autres instituts de langue qu’on ne retrouve pas à Guidiguis, ni à Bipindi ou à Nkolkossé pour unir les camerounais sur l’appropriation du bilinguisme un atout indéniable dans notre projection commune vers l’émergence.

Nous avons tous au moins une fois assisté à une scène cocasse où un nouveau venu dans une ville s’adresse à un passant en une langue nationale autre que celle qu’il maitrise pour vérifier sa destination, pour certains l’esquive est vite venu en disant je ne comprends pas ce que tu me dis , que l’ on exprime bien sûr à grands gestes de bras!

Même en politique, un charismatique leader d’un grand parti d’opposition au Cameroun reprochait à son adversaire de ne faire que des discours à la nation en français dans un Cameroun bilingue alors que lui-même il ne les fait qu’en anglais ! Et plus combien de fois plusieurs d’entre nous ont transpiré à grosse gouttes devant une notice ,un mode d’emploi ou même un devoir d’un de nos enfants présenté dans l’autre langue nationale qu’on ne maitrise pas ! Un peu comme les mobilisations qui impliquent tous les citoyens à l’occasion de la célébration de l’unité nationale. La journée nationale du bilinguisme doit rassembler tous les camerounais.

Des campagnes rotatives avec évaluation d’impact sur la mobilisation pour le bilinguisme pour tous doivent être faites dans les regroupements communautaires, au sein des coopératives et autres Groupements d’initiative Commune, dans les villages, les entreprises, dans les églises, les mosquées, les prisons et au marché. Bref tout doit être fait afin que les camerounais se mettent dans le train du bilinguisme, et ses actions devront être évalués à l’approche de la prochaine édition. L’expansion du bilinguisme connaîtra une avancée fulgurante si toutes les strates de la société camerounaise sont impliquées.


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