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Le cacao camerounais veut tirer profit de ses atouts pour devenir une référence internationale

Les autorités réfléchissent sur pied d’indications géographiques protégées dans la production du cacao, afin qu’il rayonne comme le poivre de Penja ou le miel d’Oku

Produits stars du dernier salon de l’agriculture en France, le miel d’Oku et le poivre de Penja donne des idées aux autorités camerounaises. Une réflexion est en cours pour mettre en place des indications géographiques protégées dans la production du cacao. D’autant plus que le Cameroun est 5e producteur mondial derrière la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Brésil et le Nigeria avec une production estimée à quelque 230.000 tonnes lors de la saison 2011-2012. S’exprimant sur le sujet auprès de l’agence de presse Xinhua, Pierre Etoa Abena, expert de la filière, estime que « le cacao camerounais a beaucoup d’atouts. Il y a essentiellement le fait qu’il est produit pour certains cas par du matériel végétal ayant pour ancêtre du matériel « Criollo » ou du matériel « Trinitario », donc un cacao qui a des spécificités en termes de saveur, de couleur, d’arômes, des spécificités recherchées par les chocolatiers». « Ayant ces spécificités-là, il n’est pas normal que ce cacao soit vendu comme du cacao commun, à un prix où nos parents ne trouvent pas leur compte », a-t-il poursuivi. « Les indications géographiques pour nous donc, c’est le meilleur moyen de redonner à ce cacao sa vraie identité et de bien rémunérer l’effort qui est fait par ces producteurs pour faire de la bonne qualité ». C’est l’un des axes de réflexion d’un forum national sur la qualité du cacao organisé mardi et mercredi dernier à Yaoundé, à l’initiative du ministère de l’Agriculture et du Développement rural, à la suite d’un festival national du cacao « Festi-cacao » et une conférence internationale sur l’industrie cacaoyère organisés en novembre 2012 par le ministère du Commerce.

A en croire Michelle Akamba Ava, directeur du contrôle de qualité à l’Office national du cacao et du café, Oncc, c’est un produit très apprécié des utilisateurs en raison, tout d’abord, de la grosseur de ses fèves, qui permet d’obtenir un pourcentage élevé de beurre. « La deuxième qualité, c’est le grainage qui est stable et fort. Pour 100 grammes de cacao, on a 100 fèves, alors qu’en Côte d’Ivoire ils vont jusqu’à 120 fèves pour 100 grammes. Il y a aussi la couleur rouge brique qui est vraiment recherchée par les industriels », a par ailleurs mentionné à Xinhua cette responsable administrative. Conforté par de tels atouts commerciaux, le Cameroun aurait pu tirer un énorme avantage de son produit. Ce n’est pourtant pas le cas. « Malheureusement, nos utilisateurs de produit ont relevé plusieurs défauts sur la fève camerounaise. Le premier, c’est l’odeur de fumée, c’est un défaut rédhibitoire. Un sac de cacao contenant l’odeur de fumée est en mesure de contaminer 500 sacs de cacao », déplore Akamba Ava.

Dans le cadre de son Projet d’appui à la mise en place d’indications géographiques dans les pays membres, financé à 5 millions d’euros par l’Agence française de développement (AFD) et portant sur quatre produits pilotes dont le miel d’Oku et le poivre de Penja, les toiles de Korogho en Côte d’Ivoire et le café Ziama en Guinée, l’OAPI encourage la réflexion sur ce cacao qu’elle estime à fort potentiel. Trois sites pilotes sont répertoriés : Nkondjock dans le Littoral, le Mbam-et-Inoubou dans le Centre et Tonga à l’Ouest. « On se rend compte que ce sont des zones qui ont quelque à apporter en termes de guide pour faire la bonne qualité et en s’inspirant de ce qui a été fait dans ces zones-là en termes de matériel végétal, d’encadrement et de production, il y a de fortes chances de réaligner notre production dans le bon sens », affirme Pierre Etoa Abena.

Cultivé par quelque 600.000 planteurs dans sept bassins de production (les régions du Centre, de l’Est, du Littoral, du Nord- ouest, de l’Ouest, du Sud et du Sud-ouest), le cacao camerounais représente environ 30% des exportations nationales, d’après les statistiques officielles. A 5% à peine de transformation locale, les fèves produites sont essentiellement orientées vers l’exportation.

Le cacao camerounais veut tirer profit de ses atouts pour devenir une référence internationale

africapresse.com)/n

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