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Le Cameroun a mal à l’eau potable et la population se noie dans les marécages!

Par le Mouvement Camerounais Pour la Social-Démocratie (M.C.P.S.D)

L’accès à l’eau qui fut reconnu comme un droit fondamental de l’être humain par l’Organisation des Nations Unies, en faisant de lui un des objectifs du Millénaire pour le Développement semble avoir du mal à se conjuguer au Cameroun dans le sens de la marche au point où il devient urgent de tirer la sonnette d’alarme. L’accès à eau au Cameroun sous toutes ses formes est un problème d’extrême urgence dans l’ensemble du pays. Nous avons besoin d’eau dans tous les actes quotidiens de la vie : pour les cultures, pour se laver, pour cuire nos aliments, pour le ménage, pour la consommation domestique et humaine, les deux termes n’étant pas synonymes ici. Dans tous ces besoins, aucun n’est au-dessus de l’autre, tous sont une priorité et une urgence.

On aurait pu penser que le Cameroun dans cette liste de nécessités est plutôt bien logé avec ses 58 départements portant chacun le nom d’un cours d’eau, avec la Sanaga aussi appelé le Djerem dans la partie Est du pays qui couvre à lui tout seul 28% du territoire camerounais avec 140. 000km² de bassin versant. Que non ! Pourquoi ? En premier, il faut souligner l’hostilité du cours de la Sanaga et des autres fleuves du Cameroun comme le Nyong, leurs côtes inhospitalières. Dans le Sud, les populations se sont éloignées de l’Océan et la Sanaga dans l’imaginaire collectif et les différentes cosmogonies auxquelles les populations accordent une grande importance ici, n’a jamais été un trait d’union entre les populations entre elle, mais aussi entre l’eau et les populations, entre le village et la forêt. Il constitue donc une frontière permanente comme le rapporte le conte migratoire des populations Ekang (Fang, Beti, Boulou) refoulées du Nord où la Sanaga prend naissance dans l’Adamaoua.

Pourquoi donc, avec autant de cours d’eau, les plantes ont soif au bord des Mayo, de la bénoué ? Le bétail meurt de soif, les hommes, les femmes et les enfants meurent des maladies diarrhéiques ? L’ouest du Cameroun qui englobe trois régions n’est pas en reste pourtant arrosée depuis sa dorsale par le Moungo, le Wouri appelé Nkam dans sa partie supérieure c’est-à-dire après Yabassi, la Manyo encore appelée Cross River à son entrée au Nigéria, la Dibamba si bien décrite par Guillaume Oyono Mbia dans Trois prétendants un mari. La Sanaga n’est pas absente ici avec ses 920 Km, le Mbam et ses deux affluents que sont le Noun et Nkim. Point n’est nécessaire de faire l’ensemble du pays, le Cameroun est situé sur 4 bassins hydrographiques que sont les bassins de l’Atlantique, du Congo, du Niger et du Lac Tchad.

L’accès à l’eau potable pour l’usage domestique et essentiellement humaine est un véritablement problème et se veut une urgence nationale dans l’ensemble du triangle nationale.

En cette fin d’année 2015, 36% seulement de ménages sur l’ensemble du territoire bénéficient d’un accès à l’eau potable alors que depuis 2008, le gouvernement camerounais a lancé un plan d’action 2008-2015 visant à atteindre des taux d’accès de 80% à 60% respectivement pour l’eau potable et l’assainissement en milieu rural à terme. (Source OMS-UNICEF, 2014) – Il était donc prévu dans ce projet financer par la Banque Africaine du Développement, l’Agence Canadienne Pour le Développement Internationale (ACDI) et le gouvernement camerounais de réhabiliter et de construire 88 réseaux simplifiés d’alimentation en eau potable, de réaliser 285 latrines à fosse ventilées à 6 compartiments dans les écoles et les centres de santé, de 1332 latrines à fosse ventilée à compartiment unique sur les parcelles privées et de 2 complexes à toilettes genrées dans quatre régions à savoir l’Ouest, le Nord-Ouest, Sud-Ouest, et le Sud.

Quand nous prenons la localité de Bagangté chez lieu du département du Ndé avec 200. 000 habitants, nous découvrons que moins de 12% de la population reçoit de l’eau potable et moins de 7% bénéficient de latrines suivant le standard décrit plus haut. Les grandes agglomérations comme Douala, Yaoundé, Garoua, nous avons des quartiers, comme Damase, Oyom-Abang (Yaoundé), Mabanga à Bonabéri, moins de 5% de la population a accès à l’eau potable quand Bonapriso l’ancien quartier européen a les reins dans l’eau dè s la moindre pluie !

Que faut-il faire aujourd’hui . les pistes du MCPSD ?
Les robinets de la Camwater crache un liquide boueux, les discours de monsieur Basile Atangana Kouna ne rassure plus personne. Faut-il toujours repousser à 2035 la satisfaction de cette urgence qui est l’accès à l’eau potable ? Le porte-monnaie vide n’arrive pas à se fournir en eau minérale considérée pourtant comme produit de première nécessité ? Le Cameroun a pourtant des sociétés de droit national dans la production de l’eau minérale. Il est important pour le MCPSD que la gestion de l’eau soit décentralisée et les compétences transférées aux collectivités territoriales avec un véritable partenariat entre les partenaires privés, l’Etat et les collectivités décentralisées afin de s’occuper en même temps des villes et des campagnes. Il y a urgence de la formation, de la sensibilisation des populations sur la nécessité de créer des points d’eau potable collectifs.

Il y a urgence de former les populations à l’assainissement et aux pratiques d’hygiène notamment dans et par l’amélioration de l’habitat car oui même l’habitat traditionnel doit être modernisé. Les plans d’accès à l’eau potable doivent être triennaux afin de permettre un meilleur suivi de l’évolution des exécutions des différents programmes. Le FEICOM qui est un fond de soutien au Commune doit orienter en urgence ses financements à l’accès à l’eau car le Cameroun est loin d’atteindre les objectifs du millénaire dont il est pourtant signataire.

Pour le MCPSD, l’eau doit être plus que l’eau dans notre pays, elle est un instrument d’une politique au service du développement durable. Ce développement passe par un véritable contrat social entre l’Etat, les collectivités et les usagers. C’est une urgence, nous devons intégrer ceci dans nos programmes scolaires et il n’y a pas une main, une intelligence de trop pour cette uvre.

Vincent-Sosthène Fouda à Mabanda lors de la campagne pour les législatives de 2013.
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