Politique › Institutionnel

Le Cameroun célèbre ses cinquante ans d’indépendance

C’est dans le choix de l’oubli, que se dérouleront les activités marquant la commémoration de l’accès du Cameroun à l’indépendance

Commémoration dans la fête et la joie
Ce 31 décembre 2009 est un jour particulier pour le Cameroun, qui s’apprête à vivre ses cinquante ans d’indépendance. 1er janvier 1960, l’administration coloniale française accorde son indépendance au Cameroun, comme elle l’accordera à quatorze autres pays d’Afrique noir placé sous son autorité. La commémoration devrait durer tout au long de l’année 2010, mais le ministère de la culture a organisé un ensemble de festivités, pour marquer le lancement officiel des activités qui devront marquer la célébration cinquante ans d’indépendance du Cameroun. Ces festivités débuteront ce 31 décembre 2009 à 17 heures à l’hôtel de ville de Yaoundé, à l’endroit même où avait été lue la déclaration d’indépendance. Des groupes de danse venus de nombreuses localités et représentant diverses culture, procèderont à un défilé en carnaval, jusqu’au siège de l’ancienne présidence de la république devenue musée national. La suite des évènements prévoit un grand concert avec des artistes de renom. Seront entre autre présents, Manu Dibango, Longue Longue. A 20 heures une pause sera observée pour suivre le discours à la nation du président Biya. Il s’en suivra la projection d’un film documentaire évoquant l’accès du Cameroun à l’indépendance. L’apothéose est prévue à minuit, lorsqu’après les feux d’artifice, la vétérane de la musique camerounaise Anne Marie Nzie, chantera sa célèbre chanson «Liberté».

Un souvenir qui gêne les autorités
Un programme plein de fête et de réjouissance. La célébration de ce cinquantenaire reste pourtant très controversée au Cameroun. En raison de la date de la fête nationale qui est fixée au 20 mai de chaque année depuis 1972 et de la coïncidence de l’accès du Cameroun à l’indépendance le jour du nouvel an, cette date évènement est sortie de l’esprit des jeunes générations de camerounais. Les programmes académiques d’histoire qui n’évoquent que très sommairement ce volet de l’histoire politique du Cameroun, n’ont pas aidé à la connaissance générale des exploits des nationalistes camerounais. Les autorités camerounaises éprouvent une certaines gène, lorsqu’on apporte des réflexions sur l’indépendance du Cameroun. Selon certaines sources, la France se serait impliquée dans l’organisation du cinquantenaire de l’indépendance non seulement du Cameroun, mais aussi de quatorze autres pays africains. Une mission a été confiée à l’ancien ministre français de la justice, monsieur Toulon. Cela a été su lors de la récente visite de Paul Biya à Paris et suite à l’audience qu’il a accordé à Monsieur Toulon.

Division autour du fondement de la célébration
Une situation dénoncée par certains hommes politiques camerounais. « Il faut dénoncer ici ce que fait la France. Elle a détruit par le feu le mouvement nationaliste au Cameroun et elle prétend aujourd’hui organiser le cinquantenaire du Cameroun. Malheureusement, elle est soutenue par son allié Paul Biya. Ça prouve que ce dernier admet que le Cameroun reste sous contrôle français », estime Banda Kani, le nouveau président du MANIDEM qui rajoute que l’indépendance du Cameroun reste à conquérir. Cette position rejoint celle de la branche classique de l’UPC dirigé par Samuel Mack-kit. On pense ici que c’est une erreur de croire qu’il faut fêter le cinquantième anniversaire de l’indépendance du Cameroun le premier janvier prochain. « En fait, il n’y a pas eu indépendance en 1960. En conséquence, le premier janvier est un jour banal. Au plus, c’est un jour de deuil national comme l’avait proclamé Félix Moumié (ancien secrétaire général de l’UPC assassiné). « L’UPC prendra des positions qui ne sont pas nécessairement dans l’esprit d’une festivité. Car comment célébrer une indépendance qui n’en est pas une ne réalité ? », affirme-t-on de ce côté. Le RDPC parti au pouvoir qui n’a vraiment pas participé aux lutte nationalistes ne se mobilise que très timidement. Mais cet anniversaire n’est pas ignoré. A l’UPC tendance augustin Kodock (ancien ministre sous Biya), le cinquantenaire se fêtera. «C’est nous qui avons revendiqué l’indépendance du Cameroun. Nous allons donc fêter la poitrine bombée pour montrer que c’est grâce à nous que l’indépendance a été acquise », affirme avec détermination un cadre de cette branche de l’UPC dans le littoral.

Les historiens revendiquent un devoir de mémoire
Ces dernières années, de nombreux intellectuels et hommes d’histoire camerounais dont le plus célèbre est Achille Bembé, revendiquent de la part de la France un devoir de vérité. Le fait est qu’aujourd’hui au Cameroun, les jeunes générations ne connaissent pas l’histoire du nationalisme camerounais. Le monument représentant la place de l’indépendance à Yaoundé la capitale, est une architecture qui ne rappelle rien à personne. De nombreuses archives des actes de l’armée coloniale française au Cameroun, se trouveraient encore sous scellé et frappées d’in accès dans les bibliothèques militaires de Nantes. Récemment en France, un film documentaire exclusif, et réalisé par Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf, dont des copies sont vendues au Cameroun, ont mis de nombreuses personnes en émoi. Parlant de la décolonisation du Cameroun, les auteurs appuyés par des politiques, des journalistes et des historiens du Cameroun et de France, disent que « C’est une guerre dont on ne parle jamais. Du milieu des années 50 à la fin des années 70, la décolonisation du Cameroun s’est faite dans la violence. en silence ». Aujourd’hui, des noms comme Um Nyobe, Aujoulat, André marie Mbida, et même Ahidjo, sont quasiment interdit de débat public.


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