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Le Cameroun de nouveau dans le portefeuille de la Proparco

La société de Promotion et de participation pour la coopération économique, filiale de l’Afd, compte mettre l’accent sur le financement des PME

Investissement
« Nous avons beaucoup souffert de gérer les dossiers du Cameroun à partir de Paris ou de Lagos. Maintenant que nous sommes revenus nous installer à Douala, il y a comme un frémissement dans nos activités ». Petite phrase de Claude Periou, le 03 décembre 2012 à Yaoundé, au cours d’un tête-à-tête avec le ministre de l’Economie, de la planification et de l’aménagement du territoire (Minepat). Le DG de la Proparco n’a pas caché ses intentions au cours de cet échange auquel prenaient part deux autres personnalités importantes de cette filiale de l’AFD. Il s’agit de Gilles Chausse et Ludovic Joncheray, respectivement, directeur de l’Agence française de développement à Yaoundé et représentant régional de Proparco pour l’Afrique centrale et le Nigeria, basé à Douala. Globalement, apprend-on du Minepat, les échanges entre Emmanuel Nganou Djoumessi et ses deux hôtes ont porté sur le grand retour au Cameroun de Proparco depuis bientôt un an. Ce dernier a fait savoir au Minepat que la Proparco est revenue pour investir dans le secteur privé. Aux côtés de l’AFD, elle entend être plus présente dans ce secteur et compte également sur sa capacité de mobilisation pour amener d’autres investisseurs au pays. Tout en saluant ce come back, Emmanuel Nganou Djoumessi a souhaité qu’il y ait plus qu’un frémissement, un raffermissement du partenariat entre Proparco et le secteur privé camerounais. Il la également entretenu ses hôtes sur le dispositif pilote d’appui à la modernisation de l’outil de production par le crédit-bail, lancé officiellement le 15 novembre 2012. Le Minepat a aussi remis une importante documentation sur l’économie camerounaise, l’amélioration du climat des affaires au Cameroun, un répertoire des grands projets au Cameroun et notamment des projets en quête de financement. Parmi ce lot de projets, figurent le projet de construction d’un tramway à Douala et le nouveau chemin de fer camerounais tel que présenté dans le plan directeur ferroviaire national.

Grands projets
Le Dg de la Proparco a d’ailleurs avoué que ce sont les grands projets du Cameroun qui justifient en grande partie ce retour au Cameroun. « Proparco voudrait saisir l’opportunité des grands projets actuellement en chantier au Cameroun et les accompagner financièrement », a confié Claude Periou. Après trois ans d’absence, cette filiale de l’AFD revient avec une nouvelle gamme de propositions pour le financement du secteur privé camerounais, avec un accent particulier sur le financement des Pme. Toutes ces propositions ont été présentées au gouvernement camerounais. On note ainsi que, par le biais des participations, prêts, garanties et autres facilités d’accompagnement, Proparco offre des instruments répondant aux trois grands types de besoins des investisseurs privés dans les pays en développement : accéder à des financements à long terme, couvrir ou réduire certains risques notamment politiques, disposer des solutions adaptées aux problématiques propres à chaque pays. Les financements octroyés vont de 2 millions à 100 millions d’euros, soit entre 1,3 et 65 milliards de Fcfa. Pour en bénéficier, les promoteurs de projet doivent contribuer à hauteur de 30% du coût du projet, pour les programmes d’expansion et 40% s’il s’agit d’un nouveau projet. Après de bons résultats en 2011, la Proparco signalait en juin 2012 qu’elle devrait faire passer ses interventions en Afrique subsaharienne de 29 à 55% du total de ses engagements et table sur un total de 900 millions à un milliard d’euros (environ 655 milliards de francs Cfa) à la fin de l’année 2012. Evidemment l’enveloppe du Cameroun va aussi grossir. Pour 2012, Proparco met les bouchées doubles sur l’Afrique subsaharienne. À cet effet, deux bureaux ont été créés à Douala et Lagos pour identifier les projets. L’Afrique subsaharienne doit ainsi concentrer 55% des financements de la filiale de l’AFD cette année, ce qui correspond à un niveau d’engagement plus « habituel » pour l’institution financière.

Secteurs d’interventions
En 2010, elle avait ainsi mobilisé 42% de ses financements pour le sud du Sahara. Les infrastructures, la banque (50% des interventions), l’agroalimentaire et les énergies renouvelables seront les secteurs d’interventions cibles. Et en visant principalement les PME « car ce sont elles qui sont créatrices d’emplois », explique le directeur général. Mais comme le montant des signatures restera globalement identique à celui de 2011, la priorité donnée à l’Afrique subsaharienne par Proparco cette année se fera au détriment de l’Asie. « La reprise en Asie est là, les liquidités sont là. Les projets se financent sans avoir besoin de recourir à des bailleurs de fonds comme nous », justifie le directeur général de l’AFD, principal actionnaire de Proparco. Globalement, les financements de Proparco ont permis de créer ou de maintenir 89.000 emplois directs et 273.000 emplois indirects en Afrique, de connecter 8 millions de personnes à un réseau de télécommunication, de contribuer aux revenus des Etats à hauteur de 670 millions d’euros et de donner l’accès au micro crédit à 275.000 personnes.

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Starafrica)/n


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