Politique › Institutionnel

Le Cameroun en ébullition post électorale!

Les résultats officiels qu’une frange de l’opposition conteste. Paul Biya, le triomphe à la Soviétique. Les Etats- Unis sortent de leur réserve

Une campagne drôle est actuellement en cours au Cameroun depuis la naissance de la « Coalition du refus des résultats du scrutin du 09 octobre 2011 ». Cette Coalition, après avoir introduit des recours en annulation pure et simple du scrutin du 09 octobre 2011, se propose d’appeler le peuple à manifester « pour défendre son vote ». Suffisant pour susciter une levée de bouclier au sein de l’establishment, qui a monté de toutes pièces une campagne pour la préservation de la paix au Cameroun. Les stratèges de cette campagne puisent leur inspiration dans le même registre des slogans tels que « l’appel du peuple » ou « le candidat du peuple ».

Le Rassemblement démocratique du peuple camerounais (Rdpc) donne ainsi le ton de la campagne à travers son comité central. René Emmanuel Sadi, le secrétaire général du comité central du Rdpc – parti au pouvoir- effectue ce 19 octobre 2011 une visite impromptue dans le sud ouest du pays. La région anglophone du pays accueille René Sadi dans la ville de Kumba, où l’émissaire du parti au pouvoir entonne l’hymne à la paix. Grégoire Owona, secrétaire général adjoint du Rdpc, est quant à lui à Douala ce même 21 octobre 2011, pour faire dire aux populations : « le désordre ne passera pas par Douala ». Au même moment, le ministre de la communication est en mission dans la capitale économique du Cameroun. Issa Tchiroma Bakary rend visite à certains médias implantés à Douala. Curieuse visite une dizaine de jours avec le déroulement du scrutin. Officiellement, le ministre de la communication réitère la responsabilité sociale des journalistes et leur rôle prééminent dans la préservation de la paix. Le même exercice est répété dans certaines salles de rédaction de Yaoundé. Manifestement, le plaidoyer du ministre de la communication n’est pas tombé dans les oreilles de sourd. De fait, la presse locale relaie avec emphase les messages sur la paix servis par des personnes physiques et morales se recrutant dans tous les domaines de la vie quotidienne. La redondance médiatique est telle qu’il est difficile d’y échapper.

Paul Biya sans coup férir
Le décor planté permet par conséquent au président de la République sortant, candidat à sa succession, d’envisager l’avenir avec sérénité. Il vient de remporter haut la main l’élection présidentielle du 09 octobre 2011, avec un score sans appel d’environ 78%. Excusez du peu ! On n’est pas loin de l’époque de l’Union Soviétique. Le candidat président a donc broyé ses adversaires. Qui n’ont que leurs yeux pour pleurer. L’opposition camerounaise est en effet sans voix et sans moyen de protester. Divisée en son sein, elle est par ailleurs traquée par une administration trop regardante sur le droit de manifestation. Le préfet du département du Mfoundi (siège des institutions républicaines) a d’ores et déjà menacé de sévir au cas où. Et comme pour dissuader les fauteurs de trouble, la capitale camerounaise est sous haute surveillance des forces armées et police. Selon nos sources, il en serait de même à Douala, Bamenda, etc.

La communauté internationale
La plus grande hantise du pouvoir en place reste donc la communauté internationale. Quelle est son appréciation du déroulement de l’élection présidentielle au Cameroun ? Voilà le dernier enjeu du scrutin du 09 octobre 2011. A s’en tenir à la dernière sortie officielle de l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun, le président Biya peut être serein. En effet, Robert Jackson prend acte du déroulement de l’élection, en relevant les forces et faiblesses du processus électoral camerounais. Reprenant à son compte les remarques de la communauté internationale représentée au Cameroun, il donne des conseils pour des élections mieux organisées à l’avenir. Traduction : il faut se mettre au travail dès maintenant, pour que les prochaines élections municipales et législatives se déroulent dans de meilleures conditions. Le premier et plus grand bénéficiaire de cette détente suggérée par la communauté internationale est Paul Biya. A l’opposition de s’organiser. avec pour secret objectif : renverser la donne à la prochaine échéance électorale. Paul Biya qui souffle le chaud aujourd’hui, sera-t-il Paul Biya qui souffle le froid demain ?

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