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Le Cameroun vers une institutionnalisation des langues maternelles

Les spécialistes penchent sur la possibilité d’éduquer en langue maternelle dans le pays

Le monde a célébré la 14ème édition de la journée internationale de la langue maternelle le 21 février sous le thème « le livre, vecteur d’une éducation en langue maternelle ». Le Cameroun est l’un des pays dans le monde qui pratique, à côté du français et de l’anglais, deux langues officielles, le plurilinguisme ethnique. Il s’agit d’une réalité sociolinguistique signifiant concrètement l’usage simultané de plusieurs dialectes propres à chaque groupe social. Mais l’importance de la célébration de la journée internationale des langues maternelles dans ce pays cache une problématique fondamentale dans l’acception ordinaire du concept même de langue maternelle. Selon les spécialistes des sciences du langage, parler de langue maternelle, c’est surtout se référer essentiellement à celle pratiquée à la naissance par un individu. On comprend pourquoi le gouvernement camerounais préfère parler plutôt de « langues nationales » à la place des langues maternelles. Quelle serait donc la langue maternelle d’un natif camerounais ayant pour vecteur de communication le français ou l’anglais à la naissance? Difficile de répondre.

Dans cette logique, l’institutionnalisation des langues nationales est un projet indispensable dans la politique de promotion de ces langues. Une politique qui cadre d’ailleurs avec la thématique choisie cette année par les Nations-Unies car la littérature en langues nationales est impressionnante au Cameroun. Toutefois, la praticabilité de ce système reste confrontée à diverses difficultés d’ordre politique, culturel et social, et surtout celles liées au contexte historique national. Il se trouve que les langues officielles sont pendant longtemps à l’avance de l’évolution sociale des civilisations nationales avec une idéologie néo-impérialiste. Du coup, l’apprentissage et surtout la maîtrise du français ou de l’anglais est une providence. Les langues nationales sont alors à l’ornière de la société locale.

Pari réussi ? Pas vraiment ! Certes, il y a un relatif éveil des consciences dans la sphère nationale. La politique nationale se base aujourd’hui sur la diffusion du savoir en langues nationales, gage d’une pérennité et d’une originalité exemplaire. Le principal problème se pose au niveau de la standardisation et la codification linguistique de ces langues. Et aussi, la pluralité d’entités linguistiques ne constitue pas toujours un avantage indéniable, elle peut également être un frein à cette politique d’enseignement en langue locale. Le brassage culturel dans une famille rend le choix d’une langue définitive d’expression commune hypothétique.

Le Cameroun vers une institutionnalisation des langues nationales
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