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Le Camerounais Arsène Nomo capitaine des Lions de rugby se dévoile

Récemment arrivé au Cameroun, il partage sa passion pour le rugby et le secret pour compter parmi les meilleurs

Marié et père de famille, le capitaine de l’équipe nationale de rugby du Cameroun, Arsène NOMO, champion de France de PRO D2 revient sur un parcours qui dévoile une passion pour le rugby. Elle l’a conduit aux portes d’Agen naguère pensionnaire du Top 14.

Comment s’est faite votre entrée dans le Rugby?
Mes débuts avec le rugby remontent à près de 15 ans c’était dans les années 1996. J’avais un copain qui jouait au rugby. Un jour je l’ai accompagné à un entraînement, cela m’a plu c’est ainsi que par la suite j’ai intégré le monde du rugby.

Qu’est ce qui vous a motivé au rugby plutôt que tout autre sport?
J’étais impressionné par l’allure et le physique des joueurs, l’état d’esprit général propre au rugby qui est celui du partage et de la joie. Il y a aussi la 3ème mi-temps c’est le moment où tout le monde se voit, partage et discute du match.

Avant Agen dans quels clubs avez-vous évolué ici au Cameroun?
J’ai joué au Taureau Rugby Club de Yaoundé de 1996 à 2001. On a passé de bons moments ensemble où j’ai été champion du Cameroun par deux fois avec ce club.

Votre arrivée en France était elle ponctuellement motivée par le rugby?
J’ai arrêté de jouer au rugby en 2004 parce que j’avais des projets personnels à concrétiser. Etant déjà un joueur d’un certain niveau au travers de mes sélections internationales, je me suis beaucoup entraîné. C’est au détour d’un match contre le Maroc que j’ai été repéré par un marocain. C’est un peu grâce à lui si je suis arrivé en France. Avant Agen, j’ai joué à Aurillac pendant deux ans et demi, ensuite à Gaillac et Auch où j’ai fait un an dans chacun de ces clubs.

Comment vous êtes vous frayé un chemin dans le championnat français?
A ce niveau il faut beaucoup travailler. Personnellement je pense que les Camerounais sont des challengers. C’est l’ardent désir de relever le défi qui m’a motivé à aller de l’avant, à vouloir être le premier; et petit à petit, à force de travail j’ai solidifié mes bases; Bien sûr qu’il y a encore du travail à faire mais je persévère.

Avez-vous expérimenté le racisme en tant que joueur africain?
A mon arrivée je l’ai un peu ressenti, toutefois je mets cela sur le compte de la peur de l’inconnu entre autre. Mais en fait que tu sois Fidjien, Samoan ou Camerounais cela n’a pas d’importance.

Votre meilleur souvenir de la saison à Agen?
Le titre de Champion de France est le sacre de cette saison.

Quelles sont les responsabilités d’un capitaine d’équipe?
Il doit motiver ses coéquipiers, les encourager, les rassurer et leur montrer le bon exemple. Etre toujours franc, sérieux, travailleur et le reste vient spontanément.

Qu’est ce qui vous motive à jouer sous les couleurs camerounaises au lieu d’une autre sélection nationale européenne certainement plus avantageuse dans votre carrière?
C’est peut être vrai mais j’ai préféré concourir sous la bannière de mon pays. Nous sommes en France et de tout évidence il y a de bons joueurs. On peut plus ou moins être appelé à une sélection Française mais ce n’est pas aussi facile que les gens le pensent. Si j’ai accepté ce capitanat c’est par amour pour mon pays.

Quelles sont les mesures à prendre pour booster le développement du rugby au Cameroun?
Il faut que les médias fassent de la pub autour du rugby, pour le faire connaître aux autres ensuite il faut beaucoup travailler. Il doit aussi avoir du matériel de jeu à disposition pour que les joueurs évoluent dans un cadre propice. Je pense que malgré les difficultés que le rugby africain rencontre, il y a 10 ans les résultats étaient moins bons que ceux que nous pouvons apprécier aujourd’hui, donc il faut reconnaître qu’il y a bel et bien une nette progression du rugby en Afrique.

Selon vous que doit faire l’Equipe Nationale camerounaise pour inquiéter les Springboks d’Afrique du Sud?
Les Springboks sont des champions du monde et nous ne sommes pas encore à ce niveau. Il faut beaucoup de travail pour y arriver et arrêter de se plaindre, même si la contrainte des moyens limités impose des restrictions. A mon départ du Cameroun je ne peux pas affirmer avoir été pourvu de grands moyens néanmoins je travaillais dur; tous les matins j’allais courir car si tu veux progresser, avoir un «petit nom» il faut se mettre au travail même avec les moyens limités dont on dispose.

Arsène Nome

fecarugby.org)/n

Avez-vous des projets particuliers pour le Cameroun?
Avec «la Diaspora des Rugbymen Camerounais» nous essayons d’apporter notre participation pour l’évolution du rugby au Cameroun. A l’instar de la distribution d’un lot de matériel qui a été effectuée lors du passage d’Emmanuel Bahoken en janvier dernier. Personnellement, bien que cela soit encore en projet j’ai l’intention de monter une école de rugby pour faire connaître cette discipline auprès des jeunes et former la génération de demain qui représentera le Cameroun.

Existe-t-il des déphasages ou des mésententes avec vos coéquipiers du fait que vous évoluez en France?
Les petits problèmes dans les groupes existent toujours. Je pense que c’est surtout à mes coéquipiers qu’il faudrait poser cette question. En ce qui me concerne je n’ai aucun souci. Même si je viens de France, j’ai le devoir de travailler toujours autant. L’Equipe nationale camerounaise est une équipe montante, elle se fraye un chemin parmi les meilleurs; pour l’instant c’est notre principale préoccupation.

Comment vous voyez vous dans 10 15 ans?
Je vais essayer de concrétiser mon projet d’école de rugby ici au Pays.

Un modèle de joueur?
A l’époque j’admirais beaucoup Christian Califano ex joueur de rugby et aujourd’hui journaliste et animateur sportif. Mais maintenant que j’évolue en Professionnel je veux bâtir ma propre image.

Vos hobbies en dehors du Rugby?
Le foot, la pêche, les balades et regarder la TV.

Si vous n’aviez joué au Rugby qu’auriez vous fait?
A l’époque j’étais bon footballeur.

Arsène Nomo avec des jeunes

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