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Le Camerounais Charles Ntolla lance la 4ème édition de la foire humanitaire du livre à Douala

«Quand vous venez faire un projet comme le nôtre, ce n’est pas grandiose mais ça aide»

Monsieur Ntolla pouvez vous vous présenter à nos lecteurs?
Charles Ntolla, je suis consultant pour une multi nationale franco – américaine à Paris dans le domaine des réseaux Télécom, président de l’association L’école sous l’arbre humanitaire et je suis manager d’un groupe légendaire que je vous ferais écouter et qui s’appelle le Golden Gate Quartet, un groupe de gospel.

Vous organisez depuis quelques années la foire humanitaire du livre, qu’en est-il exactement?
C’est un concept qui est né tout simplement de l’idée de quatre étudiants, trois français et un camerounais, et qui consiste à rapprocher le livre des gens. Pas que des étudiants parce que tout le monde a besoin du livre. Et comment rapprocher le livre des gens? Soit en créant des bibliothèques et centres de lecture, soit comme cela se passe en France, que le livre soit subventionné et donc relativement moins cher selon le niveau de vie, et en permettant aux élèves et étudiants d’avoir la possibilité de se procurer des livres. Nous avons vu qu’il y a une carence énorme de livres, que ce soit dans les écoles maternelles, les collèges et lycées et surtout dans les universités, mais sans oublier le quotidien pour une grande ville comme Douala. Je pense que si vous faites 5km à la ronde, il est difficile de trouver une bonne librairie et pratiquement impossible de trouver une bibliothèque publique. Donc notre rôle c’est de rapprocher le livre des gens à des prix vraiment dérisoires. Ces frais que nous demandons sur le livre nous permettent juste de revenir et il faut savoir que près de la moitié des livres que nous apportons par an est donnée, aux collèges, écoles et universités.

Quelles sont les villes concernées par cette 4ème édition?
Toutes les villes sont concernées, avec une priorité comme nous l’avions annoncé à la première édition, les villes universitaires. Parce que là il y a beaucoup de monde, les étudiants, les élèves… Nous avons fixé un timing de dix ans pour être présents sur toutes les villes universitaires. Nous sommes à la 4ème édition, le Cameroun compte sept villes universitaires et nous sommes déjà dans quatre, nous espérons couvrir le reste dans les délais.

Il y a-t-il des innovations pour cette année?
Les innovations c’est que nous ciblons de plus en plus les besoins. Quand nous arrivions il y a quatre ans on avait des besoins standards, copiés sur d’autres actions sur le livre que nous avions posé ailleurs, je pense par exemple au Niger, mais le Cameroun ayant la particularité d’avoir énormément d’étudiants nous ciblons chaque année des doléances. Si on nous dit par exemple que la population d’étudiants en marketing croît plus, alors il faut plus de livres de marketing. Ce sont des dons que nous font nos partenaires, on ne peut exiger mais ça n’empêche qu’à chaque fois qu’on les voit, on exprime les besoins. L’autre innovation c’est que cette année, nous seront présents à Buéa et la troisième innovation c’est que vous ne verrez plus les livres sur des tables classiques mais sur des étagères en escaliers. C’est la grosse innovation, cela permettra d’éviter les bousculades, pendant que vous regardez un livre, le voisin regarde le même livre sur l’escalier de dessous.

Combien de livres à peu près avez-vous reçu?
Cette année nous sommes à 35 000 livres. Près de 15 à 17 000 iront en dons à des écoles, lycées et collèges et universités. Nous avons signé un partenariat avec le London Institut de Paris et nous aurons des dons d’encyclopédies en anglais pour l’université de Buéa.

Qui sont vos partenaires?
Beaucoup d’universités françaises, pratiquement toutes les universités de la région parisienne; je lisais tout à l’heure un mail de l’université d’Evry qui nous demandait de passer chercher près de trois tonnes de livres; il fallait trouver une piste en anglais, et le London Institut est spécialisé dans le domaine. C’est aussi une grosse innovation pour cette année.

A quand cette foire dans le grand Nord?
Nous sommes entrain de nous préparer. Nous avons aujourd’hui saisi les recteurs de ces universités, déjà pour les féliciter et vous savez le grand Nord c’est difficile en terme logistique et organisationnel. Donc, nous lançons une fois de plus un appel aux administrations, à l’Etat, pour lui dire que pour aller au grand Nord ce n’est pas facile pour un petit groupe d’étudiants comme le nôtre. Nous ne voulons pas de l’argent. Ce que nous voulons c’est que nous tous puissions nous réunir autour d’une table pour que chacun prenne un rôle bien défini. Pour le moment, nous n’avons aucun retour mais nous demandons à tous les étudiants du grand Nord, à tous les passionnés du livre qui nous attendent de ne pas désespérer, nous continuons à travailler dans ce sens avec des partenaires pour que ce problème soit résolu. Mais aujourd’hui ce n’est pas possible.

Pensez vous que la lecture fasse partie du quotidien des camerounais? Quelle est votre motivation à poursuivre cette foire?
La motivation est celle du résultat qu’on n’escomptait pas à la première édition et qui a dépassé de 300 % ce que nous espérions. Cette motivation s’appuie sur quelques points essentiels, d’abord l’implication des élus. A l’époque c’est le préfet Bernard Atebede qui nous a ouvert ses portes, la Communauté urbaine de Douala a fait pareil, la Communauté de Yaoundé aussi, les ministres sont venus à l’inauguration. Et puis il y a les partenaires privés. Le PMUC, ORANGE nous ont soutenus, les médias aussi. Il y a les gens qui viennent de plus en plus. A la première édition nous avions eu 32 000 personnes et en rentrant les gens nous demandaient les livres. Donc on ne peut pas dire que les Camerounais ne lisent pas. Aller au Centre culturel français, vous allez voir des jeunes qui sont là du matin au soir pour lire. Mais on ne peut pas lire si on n’a pas de livres. Le seul problème c’est qu’il n’y a pas assez d’espaces de lecture, de bibliothèques publiques. Nous allons faire des dons à une association qui s’appelle le CLAC qui va s’installer bientôt ici, et une autre à Kribi. Mais si les gens n’ont pas de livres ils ne peuvent pas lire. L’année dernière nous avons atteint les 74 000 visiteurs. C’est dire que les gens ne peuvent s’intéresser à la lecture que s’ils ont accès à la lecture.

Peut-on avoir le calendrier de cette 4ème édition?
A l’université de Douala du 26 au 30 janvier 2010. L’inauguration aura lieu le 26 dans l’après midi en présence du recteur que nous remercions, qui invitera le préfet et toutes les grandes écoles de la place. Nous donnerons également des conférences à l’université de Douala à l’intention des étudiants sous le thème Le livre et le co-développement pour voir la nécessité vitale du livre dans l’évolution de l’homme. Cette conférence aura lieu le 29 janvier, animée par les étudiants de sciences politiques de Paris et moi-même. La même conférence nous la tiendrons à l’Ecole normale supérieure de Yaoundé le 03 février et la foire à Yaoundé ira du 03 au 07 février. Nous terminerons par notre ville natale, à l’université de Dschang du 08 au 10 février.

Un dernier mot?
Nous attendons beaucoup d’étudiants pour échanger avec les étudiants français. C’est très important. Ils viennent dans notre pays avec un outil de développement. Quelque soit la taille de l’outil, quand vous venez faire un projet comme le notre ce n’est pas grandiose mais ça aide. La preuve c’est que nous recevons en moyenne 3500 mails de remerciement par an, des gens qui nous demandent à quand la prochaine édition, où est ce qu’ils peuvent trouver des restes de l’ancien stock, bref nous attendons tout le monde à la foire humanitaire du livre.

Charles Ntolla, promoteur de la foire humanitaire du livre
Journalducameroun.com)/n



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