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Le camerounais François Zo’omevele, présentateur de « mbolo Africa » sur Radio Sud Besançon

Depuis 15 ans, il vit une belle expérience radiophonique. Découverte!

Bonjour François Zoomevele. Vous présentez Africa Mbolo à Radio Besançon. ¨Parlez nous en
« Africa Mbolo » – « Bonjour l’Afrique » est une émission hebdomadaire tous les vendredis de 13 h à 18 h. Je transporte mes auditeurs dans un transcontinental, celui du rythme, de la cadence et de la poésie dans la frénésie, je suis le commandant de bord d’une émission qui a quinze ans. L’aventure avait commencé en 1982 à Strasbourg, dans une radio qui s’appelait Strasbourg Contact. Dès lors, le virus de la radio ne m’a plus quitté. « Africa Mbolo » est un moment de rencontres ; l’idée, c’est une émission sur l’Afrique par des Africains. Les médias racontent souvent n’importe quoi sur le Continent, et il y a une tendance française à faire de n’importe quel ressortissant français ayant vécu ou passé du temps en Afrique, parfois quelques jours, un spécialiste de l’Afrique. C’est une émission produite par l’association La Case des Cultures Africaines, dont le but est de faire connaître nos différentes cultures. Voici le sommaire de l’émission : de 13 h à 14 h, c’est des musiques, style ballades romantiques, avec un invité local ou national par rapport à un sujet d’actualité. De 14 h à 15 h, c’est l' »Heure du Gospel », une passion personnelle qui pour moi est un témoignage, une vraie heure de louange au Dieu tout puissant mais aussi une occasion de restituer historiquement la base africaine de cette louange devenue universelle; il nous arrive d’avoir régulièrement des invités en concert dans le coin ou ailleurs en France comme les Golden Gate Quartet, Georges Seba et le Ch ur Gospel de Paris, Gisèle Yango et le Groupe K, le talentueux Ekang Elie… et bien d’autres encore; de 15 h à 18 h, ce sont différents moments d’information avec des correspondants d’autres radios en France et en Afrique ; je citerai Zacharie l’Africain, de Radio Occitanie de Toulouse, Danielle Georgia Mevono Ngono, de Radio Lumière à Yaoundé, sans oublier l’incontournable Boum.Boum.Fire de la C.R.T.V. Sud Ebolowa. C’est aussi des interviews avec des écrivains, des peintres, des hommes politiques, mais aussi des Africains pas connus qui innovent. Nous avons à cet effet rencontré des personnalités comme Manu Dibango, Calixthe Beyala, Odile Biyidi Tobner, Mme Chantal Campaoré, première dame du Burkina Faso, des ambassadeurs, des ministres, des étudiants, des stagiaires, et hommes d’affaires africains, mais aussi des prostituées, des sans-papiers, sans oublier beaucoup de Français qui aiment l’Afrique et oeuvrent pour elle.

Qui est François Zo’omevele Effa
Je suis ressortissant camerounais ayant jalousement gardé sa nationalité camerounaise. J’habite en France depuis 1974, j’ai cinquante sept ans. Professeur de Lettres au Cameroun, je suis venu continuer des études supérieures de philosophie (D.E.A.) en France. J’ai fait différents métiers : ouvrier, manutentionnaire, ouvrier boulanger, sécurité dans les concerts et dans les boîtes de nuit, ces métiers m’ont beaucoup appris, il faut dire que j’étais un étudiant sans bourse, obligé de travailler pour mes études et ma famille à entretenir. J’ai aussi été éducateur spécialisé dans l’enfance inadaptée, animateur socio-culturel dans des foyers d’hébergement. J’ai été directeur d’un Centre Culturel Africain, que nous avions créé, directeur d’un festival qui s’appelait la Palabre Africaine à Besançon. En ce moment, je suis administrateur dans une radio locale et journaliste pigiste dans plusieurs médias nationaux et internationaux.

Votre aventure radiophonique date de nombreuses décennies. Racontez nous tout
L’aventure avec la Radio a commencé à Strasbourg. J’ai oublié de vous dire que j’avais un magasin africain de cosmétique, de coiffure mais aussi de disques, de livres et de journaux africains. Puis un jour, une journaliste est venue me voir cherchant un interlocuteur avec lequel elle voulait parler du vingtième anniversaire de l’O.U.A. (l’Organisation de l’Unité Africaine). Ce fut moi et, au sortir de l’émission, le directeur de la radio, qui avait suivi l’émission, m’a demandé de faire des émissions africaines pour cette radio, « Strasbourg Contact ». C’est comme ça que je me suis formé, sur le tas. Et quand je suis venu m’installer à Besançon, j’ai cherché une radio qui correspondait à ma passion. Ce fut Radio Sud Besançon.

Votre émission s’appelle Bonjour l’Afrique et vous avez de nombreux partenariats avec des radios locales en Afrique. Lesquelles ?
Nous avons des partenariats avec plusieurs radios, au Sénégal, en Côte d’Ivoire, au Mali, et au Congo Brazzaville ; il y a des correspondants locaux auxquels nous faisons appel de façon ponctuelle, en fonction de l’actualité. Mais il y a aussi Zacharie l’Africain de Toulouse. C’est un complice, car nous sommes tous les deux correspondants de la revue internationale féminine Amina. Il intervient dans « Africa Mbolo » et moi, tous les samedis, dans son émission. Le même partenariat nous unit à Radio Lumière à Yaoundé, dans l’émission « Douma », ainsi qu’à la « Forêt danse » de C.R.T.V. Sud Ebolowa, le dimanche à midi et le lundi soir. Ces échanges sont très enrichissants des deux côtés, et permettent à nos auditeurs de faire des voyages vers le lointain par les ondes.

François Zo’omevele Effa

Journalducameroun.com)/n

Des projets pour le Cameroun
Quand, à mon âge, on parle de projets, c’est pour ma retraite pendant laquelle je n’ai pas l’intention de rester journalistiquement inactif. A côté de mon village vient de se créer un nouvel arrondissement et une commune. J’ai plein de projets culturels pour ça, et je recherche des partenaires pour les mettre en place. Nous en reparlerons en temps opportun.

Le Cameroun, vous y retournez souvent ?
Le Cameroun me manque. C’est un pays que j’aime beaucoup mais j’ai passé plus de la moitié de ma vie en France, c’est pourquoi je fais très attention en parlant de la réalité de ce pays dans lequel je ne vis pas tous les jours. Chaque fois que je repars pour des séjours de un à deux mois, je suis très content de me ressourcer, mais je me rends compte aussi que le pays a beaucoup changé, je fais donc très attention de ne pas venir « avec mes gros sabots » de perception des choses à l’occidentale. Cependant, je me refuse de vivre en France en étant branché continuellement au Mboa : bouquet de télévisions numériques, radios… Je suis tenu à m’informer par mon métier de l’actualité internationale, mais je tiens compte du fait que j’habite d’abord en France.

Votre meilleur souvenir du Cameroun ?
Mon meilleur souvenir du Cameroun ? Il y en a tellement ! Ma vie au village, à Ngonebok, dans mon village maternel, à Engomba, avec tous mes parents là-bas qui m’aiment tant.

Et le pire ?
C’est quand je reprends l’avion à Nsimalen pour rentrer en France.

Il y’a de nombreux camerounais qui excellent dans les médias en France. Petite colle, citez quelques uns !
Les journalistes camerounais qui brillent en France dans les médias: Marie-Roger Biloa, Fandio à T.F.1, Mevegue, J. Rémy Ngono.

Si on veut vous faire plaisir, on vous sert quoi à manger ?
Servez-moi, à l’entrée, du sanga, du folon ou du kpwem, avec des épis de maïs frais. En plat de résistance, un bon gâteau de pistache, « nnam ngon ». Je me contenterai de belles mangues mûres en dessert.

François Zo’omevele Effa

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