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Le député Mandio s’oppose au « mauvais projet » d’incorporation des terres Banen au patrimoine foncier de l’Etat

Dans une correspondance au ministre des Forêts et de la Faune, le député Rdpc  du Mbam et Inoubou,  relève les accords historiques, la valeur ancestrale et les enjeux économiques de ces terres de la région du Centre du Cameroun.

Monsieur le Ministre,

A la suite de la controverse suscitée par le projet gouvernemental d’incorporation au domaine privé de l’Etat des forêts BANEN des Arrondissements de NDIKINIMEKI (Mbam et Inoubou)  et YINGUI (Nkam), j’ai mené le Week-end dernier de larges consultations à l’effet de recueillir les désidérata de nos populations sur cette importante question foncière qui passionne, divise et enflamme nos contrées respectives.

De mes investigations et échanges, il apparait clairement, qu’au cours des années 60, plus  précisément entre 1961 et 1963 dans l’optique de pacifier cette partie de territoire, il est intervenu deux arrêtés préfectoraux intimant l’ordre aux populations BANEN des Arrondissements de NDIKINIMEKI (Mbam et Inoubou) et YINGUI (Nkam) de quitter leurs villages respectifs au risque d’être assimilées à des combattants de l’UPC.

Promesse ferme leur avait été faite par l’Administration de les ramener dans leurs sites respectifs une fois la situation normalisée.

Qu’il est aujourd’hui établi que la forêt d’EBO riche  en bois et en minerais divers fait l’objet de grosses convoitises tant par l’Etat qui nourrit un « mauvais projet » de l’incorporer dans son domaine privé  que par des individus qui veulent la vendre « aux enchères » ; en dépit des sirènes de protestations de ses filles et fils.

Pourtant des données factuelles vérifiables attestent  de l’existence des droits ancestraux des communautés plaignantes sur les terres convoitées : la présence de cimetières, de  lieux sacrés, de cacaoyères, de plantations de palmier à huile, de cocotiers etc. ainsi que la présence de cases dans les différents villages.

Il y a même lieu de souligner que les communautés concernées ont un projet économique d’envergure bien ficelé qu’elles entendent réaliser dans cette zone querellée.

Je tiens  également à vous rappeler Monsieur le Ministre, qu’il existe une différence entre les « consultations » menées par l’autorité administrative et les exigences de la Déclaration des Nations Unies sur les Droits des Peuples Autochtones (DNUDPA) adoptée le 13 Septembre 2007.

Monsieur le Ministre,

Le peuple BANEN, longtemps présenté comme un peuple docile, respectueux des institutions de la République et systématiquement aligné derrière la politique du « Renouveau » et son chef, s’oppose farouchement à la dépossession de ses terres.

Privé depuis 1960 d’une route bitumée reliant NDIKINIMEKI à NDOM et NDIKINIMEKI-YINGUI-BONEPOUPA, meurtri par ces oublis et entorses inimaginables, le peuple BANEN refuse catégoriquement d’être amputé des pans entiers de son patrimoine foncier ancestral.

Monsieur le Ministre Jules Doret NDONGO, ne touchez pas aux terres BANEN ! Et ce sera Justice.

Honorable MANDIO William Peter

Ancien Maire de NITOUKOU

Député RDPC du MBAM et INOUBOU

 


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