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Le diabète: Un casse tête pour les proches!

Quelques malades et des membres de familles de diabétiques nous font part des difficultés qui entourent la prise en charge d’un diabétique.

« Mon père a le diabète. Ça l’a déjà rendu aveugle mais il est très têtu. Chaque fois que je pense à lui, je redoute le pire », Vanessa Bougan, étudiante en 3e année de biologie animale à l’Université de Yaoundé I dit ne plus savoir quel conseil donner à son père. Ce dernier vit à Bafoussam et a du mal à respecter le régime alimentaire que lui a imposé le docteur. «Le médecin lui a fait comprendre qu’il ne doit plus consommer les fruits comme la banane mûre. Mais comme il est entêté, il en mange dès qu’il en a l’occasion. C’est aussi le cas avec le pain. Il exige souvent du pain chargé avec du beurre sachant pertinemment qu’il ne doit pas en prendre» ajoute t- elle. Une situation qui l’offusque, parce que son père semble sous-estimer l’effort fait par la famille pour le maintenir vivant. Car, ses soins occasionnent selon la jeune fille d’énormes dépenses. « Tous les jours, ma mère doit faire deux repas. Et les ingrédients pour ses repas dépassent en coûts ceux du repas à préparer pour le reste de la maison. Il faut acheter son huile, son sel, son sucre en pharmacie. Une petite boite de ce type de sel coûte 4 000 Fcfa. Il faut lui acheter du pain complet et tout les ingrédients pour le petit déjeuner. Il lui faut des fruits comme les myrtilles ou les courges, qu’on achète en pharmacie. Et qui sont très rares et chers », ajoute la jeune étudiante. Sa petite chambre sise à Bonamoussadi est peu équipée. Les difficultés financières et bien d’autres problèmes matériels constituent son lot quotidien.


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Vannessa n’est pas seule à endurer pareille situation. Rencontré près du lieu dit Education à Yaoundé, Chang Joseph Ganga de passage à Yaoundé en provenance de Bamenda se rappelle les souffrances qu’avaient enduré ses cousins: « l’un de mes oncles a le diabète. Lorsque je passais les vacances chez lui, je le voyais souvent très mal en point. On le conduisait chez des guérisseurs, après ça passait. Puis il rechutait. C’était difficile. Mais aujourd’hui, il est redevenu robuste et ne semble plus malade », dit-il. Comme quoi, la terrible maladie peut être terrassée. Et c’est même facile, selon Dieudonné Siewe, responsable d’une compagnie de gardiennage au Nord Cameroun. Il vit avec la maladie depuis 8 ans. « Je me suis armé de courage, j’ai changé de train de vie dès que j’ai su que j’avais le diabète; on m’a amené à l’hôpital, j’ai rencontré deux médecins parmi lesquels un nutritionniste qui m’a prescrit un régime alimentaire et l’autre des médicaments », se vante t-il. Il est arrivé à Yaoundé la veille pour rencontrer son médecin. Mais celle-ci est plutôt à douala et ne risque pas de rentrer de sitôt. Il l’appelle et prend rendez-vous pour le lendemain matin à l’hôpital Laquintinie à Douala. Puis, la soif de raconter son expérience de diabétique lui vient : »Tout a commencé une nuit, en l’an 2000. A l’époque, je mangeais beaucoup, je buvais de la bière et tout ce que je voyais, j’étais dans mon embonpoint. J’avait les orteils d’athlètes (blessures entre les orteils), la goutte, je buvais et pissais beaucoup. Je pesais 98 kg. Cette fameuse nuit, j’ai vomi abondamment et le matin à l’hôpital, je ne pesais plus que 65 kg. J’étais devenu comme un sidéen. Les gens avaient même peur de venir me rendre visite ».

Conscient de la situation délicate dans laquelle il se trouve, il se résout à suivre les indications de ses médecins. Il s’y applique tellement qu’aujourd’hui, il connaît la maladie comme lui-même: « Je dois manger moins d’huile, de matières grasses, le sucre et le sel sont proscrits, excepté ceux réservés aux diabétiques. Je doit aussi prendre ma tension, mon poids, je dois faire du sport. Bref, je ne dois pas faire comme nos parents. Je dois tout maîtriser », dit il éloquemment. Selon le Dr Roger Eugène Obougou, en service à l’Hôpital central de yaoundé, le nombre de malades du diabète est en constance évolution au Cameroun et dans le monde entier en général. D’où la sonnette d’alarme lancée à ceux là qui mènent la belle vie. Ils pourraient bientôt être obligé de ne consommer que des repas fades.


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