Le FMI veut imposer une Hausse des carburants au Cameroun

Réaction du Race par le président pour le bureau exécutif du RACE

Le gouvernement camerounais vient de dire son intention de procéder très prochainement à la modification de la taxation des hydrocarbures. En d’autres termes, les pouvoirs publics veulent revoir sans le dire, la péréquation en vigueur sur les produits pétroliers au Cameroun. Cette annonce a été faite le 21 Mars 2011 par M. ESSIMI MENYE, Ministre des Finances, à l’issue d’une rencontre avec une mission du FMI (Fonds Monétaire International). Il faut rappeler qu’en vertu d’un accord signé en 1997 avec le FMI, le gouvernement s’était engagé à homologuer les prix de vente au détail des hydrocarbures en fonction des cours du pétrole sur les marchés mondiaux.

Lorsqu’on connait la part des taxes sur les tarifs actuels, on peut aisément déduire que tout nouveau réajustement de l’imposition sur les activités aval du secteur pétrolier aura automatiquement une incidence sur les prix à la pompe. L’annonce de M. ESSIMI MENYE cache donc mal la volonté du gouvernement de modifier la grille tarifaire des produits pétroliers, afin de satisfaire aux exigences de son « partenaire financier ». Heureusement, comme en Février 2008, le mouvement social camerounais est plus que jamais debout, avec en première ligne les syndicats des transporteurs, qui promettent de s’opposer à nouveau énergiquement aux injonctions économiques ultralibérales et antisociales du FMI.

En guise de rappel, les évènements de Février 2008, qui avaient plongé le Cameroun pendant plusieurs jours dans un chaos sociopolitique indescriptible, sont partis d’une revendication sectorielle initiée par les consommateurs de produits pétroliers. Ces derniers protestaient contre une nouvelle hausse des tarifs du carburant – Super, gazoil et pétrole lampant – que venait d’adopter le gouvernement. Grâce à cette action courageuse, depuis cette date, on assiste de facto à un gel des prix de ces produits de consommation courante. Cette fois, c’est à l’unisson que l’ensemble des usagers de l’énergie s’insurgent contre la perspective d’une nouvelle augmentation des prix des hydrocarbures et mettent en garde contre les conséquences socioéconomiques d’une telle mesure en ce moment.

En nommant par décret N°2008/093 du 29 Février 2008, c’est-à-dire aux lendemains de ces émeutes de la faim, M. MBARGA ATANGANA, Ministre du Commerce en charge de la lutte contre la vie chère, à la tête du Conseil d’administration de la CSPH (Caisse de Stabilisation des Prix des Hydrocarbures), le Chef de l’Etat savait pertinemment qu’il y a un lien direct entre le prix de l’énergie, la vie chère et cette explosion de violences. Dès lors et sans aucun doute, le Président de la République et son gouvernement, qui sont par ailleurs garants du bien-être des citoyens et de la paix sociale, savent très bien qu’une éventuelle baisse, aussi minime soit-elle, des subventions publiques sur ces produits de première nécessité, va entrainer une flambée des prix et affecter gravement le pouvoir d’achat des consommateurs, déjà mis en mal par une inflation galopante. Si la nature a fait du Cameroun un pays producteur de pétrole depuis 1977, c’est pour que cette ressource profite prioritairement à chaque citoyen Camerounais ; il est donc aberrant qu’aujourd’hui encore, les consommateurs en soient à se demander où vont les énormes revenus que génère la rente pétrolière nationale.

Pour la gouverne des usagers, il faut savoir que le litre de Super coûte 221,64 FCFA sortie SONARA (Société Nationale de Raffinerie). Ce sont les frais de stockage à la SCDP (Société Camerounaises des Dépôts Pétroliers), du transport, la vingtaine de taxes diverses et les marges bénéficiaires faramineuses des marqueteurs (20% en moyenne), qui le porte à 569 FCFA – prix actuellement affiché dans les stations-service. Ce tarif et l’ensemble de la cotation appliquée aux hydrocarbures sont dispendieux et rendent ces produits inaccessibles pour l’immense majorité des usagers. Quoi qu’il en soit, les consommateurs d’énergie réclament une juste répartition de la manne pétrolière. Au lieu d’une hausse des tarifs, nous exigeons l’élaboration immédiate d’une péréquation tarifaire plus juste, orientée vers la satisfaction des besoins fondamentaux en énergie des catégories populaires.

Nous refusons d’être des laissés-pour-compte d’un système de gestion maffieuse du secteur pétrolier et des bêtes sacrificielles des programmes d’austérité économique concoctés par les institutions financières internationales, au profit des multinationales.

L’accès à l’énergie est un doit essentiel et inaliénable !

Paul Gérémie Bikidik, président du bureau exécutif du RACE
Journalducameroun.com)/n


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