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Le HCR déplore le sous-financement de la crise humanitaire causée par Boko Haram

Seulement 6,8 millions de dollars de contributions, sur 71 millions, ont été reçues pour cette crise

Le Haut-commissariat des Nations-Unies pour les réfugiés (HCR) déplore l’engagement timide de la communauté internationale pour trouver des solutions à la crise humanitaire causée par l’insurrection de Boko-Haram au nord-est du Nigéria. Cette insurrection affecte non seulement le Nigéria mais aussi les pays voisins (Cameroun, Niger, Tchad) qui accueillent des milliers de réfugiés nigérians sur leur territoire, mais aussi des déplacés internes.

«En février, le HCR a publié un appel de fonds d’un montant de 71 millions de dollars pour répondre aux besoins vitaux en matière de protection et d’assistance au Nigéria et dans les pays voisins. Les besoins décrits dans cet appel de fonds ont toutefois déjà été dépassés et nous préparons une mise à jour pour une publication dans les prochaines semaines. Seulement 6,8 millions de dollars de contributions ont déjà été reçus pour cette crise, ce qui en fait l’une des situations d’urgence du HCR les plus sous-financées à travers le monde», a publiquement regretté la porte-parole de cette organisation onusienne, Karin de Gruijl, mardi à Genève.

Le Haut-commissaire des Nations-Unies pour les réfugiés, António Guterres, a effectué une visite au Cameroun en début de semaine. Il a été reçu mardi, 24 mars, par les ministres en charge des Relations extérieures ; de l’Administration territoriale et de la Décentralisation. Le même jour, il a également eu un entretien avec le Secrétaire général de la présidence de la République, qui le recevait au nom du chef de l’Etat, Paul Biya, en déplacement à l’étranger. Le diplomate a souhaité, à la sortie de ces différentes audiences, que les bailleurs de fonds puissent soutenir les communautés locales qui accueillent les réfugiés.

L’agenda d’Antonio Guterres prévoyait hier, mercredi 25 mars, une visite dans le camp de Minawao, dans l’Extrême-Nord, à 90 Km de Maroua, camp qui abrite aujourd’hui plus de 33.000 réfugiés nigérians.

De sources du HCR qui citent les autorités camerounaises, Plus de 74 000 réfugiés nigérians ont traversé la frontière vers la région de l’Extrême-Nord au Cameroun, y compris environ 25 000 qui ont fui les affrontements entre les forces militaires régionales et les insurgés au nord-est du Nigéria durant le seul mois de février.

On recense déjà également à ce jour plus de 96.000 déplacés internes camerounais dans la région de l’Extrême-Nord, des populations qui ont dû fuir les massacres commis par des membres de Boko Haram dans leurs villages.

La violence au nord-est du Nigéria a contraint plus de 192 000 personnes à traverser la frontière vers le Cameroun voisin (74 000, dont le HCR en a préenregistré 42 000), le Tchad (18 000) et le Niger (plus de 100 000 selon les autorités). Près de 1,2 million de personnes sont déplacées internes au nord-est du Nigéria toujours à cause de cette crise.

Le Cameroun accueille également plus de 244 000 réfugiés centrafricains, dont près de 139 000 ayant fui le pays depuis décembre 2013.

Des réfugiés nigérians du camp de Minawao durant la visite d’une délégation d’évêques nigérians, le 05 mars 2015
voiceofthepersecuted.wordpress.com)/n
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