Le maire de Penja, Paul Eric Kingue menace de se suicider

Dans deux courriers envoyés à la cour suprême et à l’ambassade des USA, il évoque son sort de détenu politique

A Monsieur le Premier Président de la Cour Suprême de la République du Cameroun Yaoundé – CAMEROUN S/c Monsieur le Régisseur de la prison centrale de New-Bell

Monsieur le Premier Président,

J’ai l’honneur de vous informer de ma détermination à m’immoler ou à me suicider dans les tous prochains mois et en tout cas, avant les présidentielles de 2011, si la justice de mon pays continue à m’être prohibée comme c’est le cas en ce moment.

Depuis bientôt trois (03) ans, je vis un acharnement judiciaire que je n’ai cessé de porter à votre connaissance. Une liquidation politico-judiciaire devant laquelle vous êtes resté indifférent, comme si je n’étais pas un camerounais qui méritait la justice de mon pays.
Trois (03) ans d’incarcération injuste, sans aucune preuve, auxquels viennent s’ajouter dix (10) ans de condamnation juridiquement non fondée, sans la moindre pièce prouvant que j’ai perçu, obtenu ou retenu le moindre centime à la commune dont j’avais la charge.
Trois (03) ans de totale indifférence de votre part, face à mes cris alors que j’étais convaincu de votre capacité à permettre à chaque camerounais de jouir d’une justice équitable et fondée sur les preuves.

Trois (03) ans d’illusion en somme, à espérer que vous vous penchiez sur les dérives des magistrats du Moungo, engloutis et aveuglés par une corruption qui ne s’explique que par l’incongruité et les incohérences des jugements qu’ils rendent dans cette partie du pays qui leur est abandonnée, où arrestations et relaxes sont payées en monnaie sonnante au vu et au su de tout le monde.
Face à votre indifférence, j’ai décidé de mettre un terme à ma vie dans les prochains mois avant les présidentielles de 2011 si la justice dont vous avez la charge continue à s’enfoncer dans les dérives telles que celles observées dans les jugements rendus contre moi.
Pour avoir seulement voulu faire payer les impôts aux entreprises françaises installées à Njombé-Penja, je suis accusé de tout aujourd’hui, sans la moindre preuve.

Autant je suis prêt à accepter une condamnation à vie si et seulement si, il est prouvé par le moindre « papillon » que j’ai perçu un seul centime à la commune de Penja, autant je suis déterminé à me suicider en prenant le peuple camerounais tout entier à témoin, sur l’injustice criarde que vos juridictions m’infligent. En me sacrifiant peut-être, je permettrai ainsi à tous les innocents qui croupissent dans les prisons du Cameroun, de jouir d’un sursaut d’attention des dirigeants immortels que vous êtes.

Je demande JUSTICE ! Je réclame JUSTICE ! Je ne demande pas de faveur, mais JUSTICE !

Je demande d’être jugé équitablement selon les procédures et lois de notre pays et dans les délais courts. Je voudrais rappeler mon militantisme sans faille pour l’assainissement des finances publiques et suis prêt, s’il est prouvé, matériellement que j’ai eu le moindre contact avec les finances de la commune de Penja, à rester à vie en prison. Si ce n’est pas le cas, je vous laisserai cette terre où vous auriez contribué à ne semer que l’injustice, et vous vous ferez donc, le plaisir de tenir des conférences post-mortem, comme ce fût le cas pour celui qui m’aura précédé, le journaliste Bibi NGOTTA, de regretté mémoire.

Je veux être objectivement et légalement jugé. JE RECLAME JUSTICE ! JE RECLAME JUSTICE ! JE RECLAME JUSTICE en tant que citoyen camerounais et dans les délais courts dépouillés de dilatoire comme c’est le cas dans la procédure portant sur les émeutes de Février 2008 rendue à la 37ème audience.

Soyez en sûr Monsieur le Premier Président, ma disparition prochaine ne laissera pas les camerounais du monde entier indifférents comme vous l’êtes aujourd’hui face à mes cris. Je n’accepterai pas lâchement d’être détruit par cette liquidation politico-judiciaire qui m’est imposée par un clan de maffieux qui s’arrogent les richesses des populations de Njombé-Penja paradoxalement criblée de misère au quotidien.

A Son Excellence Monsieur l’Ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun Yaoundé – CAMEROUN S/c Monsieur le Régisseur de la prison centrale de New-Bell

Excellence,

Le 29 Février 2008, alors que j’étais Maire de la commune de Njombé-Penja, j’ai été enlevé et conduit à la prison principale de Nkongsamba dans le Moungo, aux motifs que j’étais l’instigateur des émeutes dites de la faim survenues dans la localité dont j’avais la charge au moment des faits.
Après douze (12) mois d’une mascarade de procès sans preuves matérielle, ni témoignages, j’ai été dans un premier temps, révoqué de mes fonctions de Maire, et plus tard, condamné à six (06) ans d’emprisonnement ferme.

Malgré toutes les explications, que j’ai fournies pour démontrer ma totale innocence dans cette affaire politico-judiciaire raccommodée de toute pièce, le 29 Février prochain, je serai entrain de passer injustement trois (03) années en prison.

Depuis bientôt deux (02) ans, j’ai interjeté appel contre cette décision juridiquement non-fondée rendue à Nkongsamba. A ce jour, de renvois en renvois, nous en sommes rendus à la trente-septième (37ème) audience à la Cour d’Appel du Littoral, toujours pas pressée de se prononcer en deuxième ressort dans cette affaire qui m’a détruit la vie.

Alors que jusqu’ici, aucun témoin ne m’accuse devant cette Cour où le procès est pendant, contre toute attente, dans une stratégie très camerounaise de « rouleau compresseur » les magistrats de Nkongsamba viennent de me condamner à dix (10) ans de prison ferme et ce, sans aucune preuve matérielle pour un prétendu détournement de 1.400.000 FCFA soit environ 2.134,286 EUROS que je ne reconnais pas.
Je relève avec insistance qu’aucune preuve visant à établir ma culpabilité n’a été versé au dossier de procédure. Malgré tout, j’ai été condamné le Vendredi 14 Janvier dernier à dix (10) ans d’emprisonnement ferme.

Ces condamnations successives et non justifiées juridiquement finissent par me convaincre que je suis interdit et mieux, prohibé de justice dans mon pays, car malgré toutes mes correspondances ayant pour objectif d’attirer l’attention des autorités judiciaires du Cameroun sur les dérives des magistrats décidés à dire l’injustice à la place de la justice dont ils ont mission, rien n’y a fait.

Dans ce sentiment d’exclusion, et d’injustice criarde, j’ai l’honneur de vous informer que si avant les élections présidentielles de cette année, les portes d’une justice juste et fondée sur les preuves ne me sont pas ouvertes, je vais m’immoler ou me suicider de quelque manière que ce soit en prison, comme ce fût le cas en Tunisie (du jeune par qui ce pays a basculé. Cet acte de plus en plus évident pour moi, permettrait alors de sauver des centaines de vies d’innocents qui croupissent dans les prisons camerounaises, faute d’attention des autorités camerounaises en charge de la justice. Les conséquences, je ne serai plus là pour les vivre.

Je voudrais rappeler que je suis un homme jusqu’ici adulé par mes populations et plusieurs autres camerounais qui ont mal à leur chair de voir détruire injustement ma vie, dans l’indifférence totale des autorités de Yaoundé, sensées pourtant protéger les citoyens camerounais quels qu’ils soient.

Je ne veux pas faire du tort à mon pays avant de quitter le plancher et c’est pour être honnête avec moi-même et devant Dieu Tout Puissant, que je souhaiterai que vous attiriez l’attention de la très haute hiérarchie du Cameroun sur ce que je planifie à court ou à moyen terme, si la logique de liquidation judiciaire contre moi persiste et si le dilatoire sur l’appel interjeté est entretenu.

Je suis prêt à solliciter une condamnation à vie s’il m’est prouvé, même par un simple « papillon », que j’ai perçu, obtenu ou retenu le moindre centime de Francs à la commune dont j’avais la charge. Je ne demande que justice et rien que saine justice.

Du fond de ma cellule, je vous remercie pour l’attention que vous porterez sur ce cri de c ur que je lance aussi bien au peuple camerounais qu’aux dirigeants du Cameroun, par votre biais.

« (…) Avant les présidentielles de 2011, si la justice de mon pays continue à m’être prohibée comme c’est le cas en ce moment (…) Ma détermination à m’immoler ou à me suicider dans les tous prochains mois (…) »


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