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Le mot opposant est devenu une véritable injure à l’égard de ceux qui ne sont pas du pouvoir (Olivier Bilé)

Olivier Bilé, leader de l'UFP.
Le président du parti Union pour la fraternité et la prospérité (UFP), déplore l’opprobre jeté sur les opposants au régime en place, en même temps qu’il déplore le manque de consistance de ces Hommes politiques.

A l’aune de l’actualité politique ambiante, certains faits me donnent l’opportunité de clarifier les choses de chez nous.

A vrai dire, la politique sous nos tropiques n’est point fondée sur les cadastres idéologiques qu’on trouve ailleurs. Le mot « opposition » n’a hélas souvent plus de sens crédible.

On voit de virulents pourfendeurs du régime dirigeant d’hier devenir, sans raison, de fervents soutiens dithyrambiques de ce même pouvoir. Faut il que je cité des noms, y compris parmi ceux qui, ces derniers temps, jouent à ce jeu malsain ? Pour certains, le bon opposant est forcément issu de certaines régions du pays, et je vous garantis que, pour eux vous n’en serez jamais vraiment, compte tenu de vos origines distinctes de la Région considérée comme creuset de l’opposition.

Des gens peuvent donc s’établir dans ce mouvement de balanciers opportunistes qui fait d’eux des opposants quand ça les arrangé et autre chose dès que la conjoncture change.

D’autre part, ce mot opposant est devenu une véritable injure, voire une invective pour parias à l’égard de ceux qui ne sont pas du pouvoir, dans l’imaginaire populaire. Sur le plan concret, la posture juste aboyeuse et revendicative desdits acteurs qui ne proposent souvent rien de concret peut aussi justifier cette perception négative et péjorative.

Et enfin, la vraie question est celle de savoir ce à quoi on s’oppose. Le mot « opposition » me convient, mais je récuse celui d' »opposant ». Car dans le fond, nos opposants sont simplement souvent des reproducteurs de l’ordre néocolonial aujoulatiste consacrant fondamentalement le même ordre établi que celui du système qui nous dirige et que l’on prétend combattre.

D’où les limites observées partout en Afrique, des alternances qui ne sont finalement qu’au service d’un éternel recommencement.  Ainsi, l’alternance en soi ne mène finalement nulle part.

Il n y a qu’à observer ces pays africains autour de nous, Mali, Benin, Niger, Sénégal, Côté d’Ivoire, etc. inutile d’évoquer l’Afrique Centrale où, ces modestes alternances n’existent point.

Pourtant, ce qui compte, c’est une alternative crédible et profonde, transformant l’ordre établi de manière substantielle.

Nous devons donc apprendre à distinguer nos acteurs politiques avec finesse et acuité. Sinon gare aux multiples désillusions et déceptions que l’on voit partout en Afrique.

Un Libérateur c’est un acteur habité par une vraie force de propositions alternatives, qui démontre concrètement comment et avec quels outils il entend transformer la société de façon structurelle. En cela le proposant au peuple se distingue de ces imposteurs justes bailleurs, désireux de remplacer Paul par Pierre. Simplement.

Trente six (36) ans d’observation de la scène politique mondiale, depuis l’époque d’études en France, jusqu’à vingt (20) ans de vie politique avisée au Cameroun dont dix (10) ans de leadership m’ont permis de comprendre ces complexités de notre écosystème politique.


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