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Le Nigeria accuse le Cameroun de provoquer des inondations sur son territoire

Les présidents Paul Biya et Muhammadu Buhari.

Le gouvernement nigérian menace de ripostes « diplomatiques » après les derniers lâchers des eaux du barrage de Lagdo (région du Nord) qui a inondé certaines parties du pays voisin.

Le Nigeria n’est pas content. Il l’a fait savoir vendredi 27 décembre par la voix de Suleiman Adamu, ministre des Ressources hydrauliques. Ce dernier a accusé le Cameroun de violer un protocole d’accord entre les deux pays en ayant procédé au lâcher des eaux du barrage de Ladgo sur le fleuve Bénoué, c’est dans la région du Nord Cameroun.

Ce lâché d’octobre 2019 a, selon les autorités nigérianes, provoqué des inondations dans certaines parties du Nigéria, pays qui est aussi baigné par les eaux du fleuve.

Le ministre nigérian dénonce ainsi une violation d’un protocole d’accord entre les deux pays. « Nous avons signé un protocole d’accord avec le Cameroun qui, avant d’ouvrir ce barrage, fera savoir au Nigeria », a rappelé le ministre Suleiman Adamu d’après des propos rapportés par les médias nigérians.

Ce haut responsable  note qu’il ne s’agit pas de la première fois qu’un tel incident de produit, d’où l’agacement de son pays. « Ce protocole d’entente a été signé en 2016 ici à Abuja lorsque le président camerounais est venu en visite d’Etat chez le président Muhammadu Buhari, il a été signé ici, j’ai été témoin de cet événement », fait-il savoir.

« Depuis lors, les choses ont fonctionné. Mais, malheureusement, cette année, à notre plus grande surprise, nous avons appris que le Cameroun avait en fait ouvert le barrage sans nous en informer », a-t-il déploré.

Le ministre des Ressources hydrauliques du Nigeria poursuit : « Et quand on nous a dit que le barrage avait été ouvert, nous avons enquêté, nous avons appelé, nous leur avons tendu la main et ils ont nié […] mais finalement, quand c’est devenu évident, ils ont maintenant accepté qu’ils avaient ouvert le barrage et ils l’ont fermé le 31 octobre ».

Et le gouvernement de ce pays voisin de menacer : « maintenant, nous allons prendre les mesures appropriées par la voie diplomatique car c’est une violation du protocole d’accord ».

Approchée pour comprendre l’attitude du Cameroun, une responsable du ministère de l’Eau et de l’Energie défend qu’il s’agit là d’une « information sensible » qui doit être portée à l’attention du ministre.

La gestion des eaux du fleuve de la Bénoué est une pierre d’achoppement entre le Cameroun et le Nigeria. En juillet 2015, lors de la visite du président nigérian Muhammadu Buhari, il avait été décidé de la signature d’un protocole d’entente sur un mécanisme d’alerte en cas de lâchers des eaux du barrage de Lagdo.

Mais avant, les experts des deux pays se sont rencontrés du 27 au 29 décembre 2012. La ministre des Ressources hydrauliques du Nigeria d’alors a séjourné au Cameroun du 23 au 26 juillet 2013. Un projet de protocole d’entente a été négocié du le 19 décembre 2014 à Abuja et signé deux ans plus tard en présence des deux chefs d’Etat.


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