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Le Nigeria vient de parler au Cameroun

Par Jean Michel Nintcheu, Député du Social democratic front (SDF)

«Je suis Goodluck Jonathan. Je suis Muhamadu Buhari. Je suis le peuple nigérian.» Le Nigeria vient d’élire un nouveau Président de la République au terme d’un processus électoral exemplaire qui ne peut qu’être salué par tous les démocrates au monde en général et plus particulièrement en Afrique. Une Commission électorale qui, quoique nommée par le Président sortant, a fait preuve de neutralité et d’impartialité dans la conduite du scrutin. Une biométrie intégrale qui a tenu compte de la phase d’identification pour la remise des cartes électorales et de la phase d’authentification dans les bureaux de vote. L’institution du bulletin de vote unique pour lutter contre l’achat des consciences et la corruption. Un Code électoral consensuel accepté par les différents protagonistes politiques.

Les résultats cumulés des trois élections (présidentielles, législatives et sénatoriales) publiés en deux jours pour une population et un potentiel électoral dix fois supérieur à ceux du Cameroun. Bref un processus électoral fiable totalement opposé à ce que nous vivons au Cameroun depuis le retour au multipartisme en 1990.

Je suis Goodluck Jonathan, Président sortant du Nigeria qui a reconnu sa défaite à l’issue d’un scrutin qu’il a lui-même organisé au point de féliciter son principal challenger bien avant la publication des résultats définitifs par la Commission électorale indépendante.

Je suis Muhamadu Buhari, Président entrant, qui est un véritable modèle d’abnégation et de persévérance politique pour avoir gagné cette élection après trois tentatives infructueuses.

Je suis le peuple nigérian qui, malgré la radicalisation de la campagne et les appels à la confessionnalisation et à la tribalisation du pouvoir proférés par certains candidats, malgré surtout les menaces de Boko Haram, a su rester digne, mature, républicain et calme avant, pendant et après le scrutin.

Le Nigeria vient de parler au Cameroun. Le Nigeria vient d’administrer une belle leçon de démocratie à ceux qui nous gouvernent depuis plus de trois décennies. Pour la première fois dans l’Histoire de ce pays, l’opposition est arrivée au pouvoir par la voix des urnes.

La principale leçon pour notre pays est que le Président sortant Goodluck Jonathan Ebelle vient d’adresser un message à son homologue camerounais. Il ne sert à rien de s’accrocher au pouvoir par des subterfuges antirépublicains. A la faveur de la future élection présidentielle qui aura lieu en 2018, M. Biya a intérêt à suivre la formidable leçon que vient de lui administrer M. Goodluck Jonathan: préserver l’intérêt supérieur du pays en quittant démocratiquement le pouvoir avant qu’il ne vous quitte. par la force d’un peuple exaspéré.

Jean Michel Nintcheu
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