Politique › Institutionnel

Le point sur la guerre que le Cameroun mène contre Boko Haram à fin juin 2016

Le porte-parole du gouvernement, Issa Tchiroma, a accordé un point de presse sur la question mardi, 05 juillet, à Yaoundé. L’intégralité de son propos

Le ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais, Issa Tchiroma Bakary, a accordé un point de presse à Yaoundé mardi, 05 juillet 2016, pour faire le point sur la guerre contre le groupe terroriste Boko Haram, après de récents attentats survenus dans l’Extrême-Nord du Cameroun. L’intégralité de son propos.

Mesdames, Messieurs les Journalistes, Chers Invités,

Je vous souhaite une chaleureuse bienvenue et je vous remercie d’avoir répondu à l’invitation que je vous ai adressée pour prendre part au présent échange, qui porte sur la situation sécuritaire dans la Région de l’Extrême-nord de notre pays.

En effet, le mercredi 29 juin 2016 vers 21h30, dans le village de Djakana, département du Mayo-Sava, un jeune kamikaze âgé d’environ 25 ans, a fait sauter sa ceinture explosive parmi un groupe de jeunes qui était en divertissement dans un vidéo club de la place.

Pris au dépourvu par l’irruption du kamikaze à l’intérieur du local, les jeunes présents sur les lieux n’ont pas eu le temps d’anticiper sur le geste macabre de leur bourreau, et de l’intercepter avant qu’il ait pu actionner sa charge explosive.

Le bilan de cette attaque se chiffre à 11 civils tués en plus du kamikaze lui-même, et trois blessés.

Deux des blessés ont été transportés à l’Hôpital de District de Mora, et un à l’Hôpital Régional de Maroua.

Cette même nuit du 29 juin 2016, une cinquantaine de terroristes de Boko Haram a attaqué un poste de la Force Multinationale Mixte à Homeka, entre les localités de Bonderi et de Limani.

Au cours de cette attaque, un soldat camerounais a été blessé à l’épaule et évacué à l’Hôpital Régional de Maroua. Son pronostic vital n’est pas engagé. De source militaire, le bilan côté ennemi quant à lui fait état de lourdes pertes qui sont actuellement en cours d’évaluation.

L’attentat de Djakana, il faut le souligner, intervient alors que le dispositif mis en place au plan sécuritaire tant au niveau des Forces de Défense que des comités de vigilance apporte des résultats probants en termes d’occurrence des attaques ennemies.

Depuis le mois de février 2016 en effet, les Forces Spéciales de Défense camerounaises, sous la bannière du secteur 1 de la Force Mixte Multinationale, en parfaite synergie, lorsque cela s’est avéré nécessaire, avec les forces armées nigérianes, ont entrepris de vastes opérations de ratissage de part et d’autre de la frontière avec le Nigéria.

Jusqu’à l’heure actuelle, ces opérations se sont déroulées en huit éditions. Elles ont essentiellement visé la destruction du réseau des terroristes établi en territoire nigérian, et le démantèlement des bases arrières de Boko Haram en territoire camerounais.

Le bilan de ces opérations que le Gouvernement a toujours porté à la connaissance de l’opinion publique, est hautement positif avec des centaines de terroristes neutralisés, des armes de tous calibres saisies, des centaines d’otages libérés et surtout, une dizaine de laboratoires de fabrication d’engins explosifs détruits.

Au plan stratégique, on peut noter que les opérations dont le nom de baptême est «Arrow», ont porté un coup dur aux terroristes, anéantissant systématiquement leur centre de gravité et les poussant à se déporter vers l’extrême-nord du Nigéria, comme peuvent le témoigner les attaques signalées à Bosso et ses alentours au Niger.

Dans un tel contexte, l’attentat kamikaze de Djakana et l’attaque contre le poste de Homeka viennent rappeler que si l’ennemi est aujourd’hui agonisant, il conserve cependant une certaine capacité de nuisance.

Nos Forces de Défense disposent à ce sujet de capacités d’adaptation et de lecture stratégique leur permettant de tirer tous les enseignements sur cette évolution de la situation, et d’envisager d’autres mesures en cohérence avec la nouvelle donne sur le terrain des opérations.

Je vous annonce qu’en ce moment même, une grande man uvre est en train d’être menée par le Secteur n°1 de la Force Multinationale Mixte sous le commandement du Général de Brigade camerounais Bouba Dobekreo, avec la présence de 2 500 de nos militaires.

Depuis une douzaine de jours, le Secteur n°1 de la Force Multinationale Mixte a en effet investi la région de Makari dans une opération de ratissage et de reconquête des territoires nigérians naguère occupés par Boko Haram.

Plusieurs villages ont ainsi été libérés, pendant que les forces nigérianes progressent depuis l’intérieur de leur territoire vers l’hémisphère ouest en direction des frontières conjointes avec le Niger, le Tchad et le Cameroun.

C’est aussi le lieu de rappeler ici que les Forces de Défense et de Sécurité camerounaises, sous la haute impulsion du Président de la République, Son Excellence Paul BIYA, Chef des Armées, continue de préserver l’intégrité territoriale de notre pays dans leurs zones de responsabilité.

L’accroissement de leur capacité opérationnelle couplé avec leur sens du patriotisme, leur dévouement envers la nation tout entière et le professionnalisme dont elles sont dotées, sont en passe d’avoir raison de l’incarnation du mal et de l’obscurantisme que représente le groupe terroriste Boko Haram.

C’est donc une fois de plus l’occasion d’exalter le courage, la détermination et l’efficacité de nos Forces de Défense et de Sécurité, soutenues en cela par la bravoure des comités de vigilance agissant auprès des autorités administratives, pour traquer et débusquer ces redoutables criminels, partout où ils pourraient se trouver.

Mais, même si l’ennemi est aujourd’hui à l’agonie, cette guerre n’est pas terminée. Et nos populations doivent le savoir pour maintenir une vigilance de tous les instants en collaborant tous azimuts avec les acteurs des forces organisées sur le terrain ; qu’il s’agisse des autorités administratives, des forces de défense et de sécurité ou des comités de vigilance.

Car, ne l’oublions pas, nous sommes dans une logique de guerre asymétrique où l’avantage militaire que nous avons imposé à l’ennemi ne nous met jamais totalement à l’abri d’un acte de couardise et de lâcheté des terroristes avançant toujours à visage masqué et agissant par surprise.

Je vous remercie de votre aimable attention.

Issa Tchiroma Bakary, ministre camerounais de la Communication.

Yaoundé, le 05 juillet 2016

Issa Tchiroma Bakary, ministre de la Communication et porte-parole du gouvernement camerounais
Droits reservés)/n

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