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Le prix Chevreul 2009 est un camerounais

Le Pr. Cesar KAPSEU a reçu son prix cette semaine à Paris et répond aux questions de JDC

Comme son nom l’indique, cette manifestation annuelle est organisée en hommage à Michel-Eugène Chevreul (1786-1889), savant français considéré comme le père de la chimie des corps gras. Ce prix est décerné chaque année à un scientifique dont les travaux ont fait avancer le domaine des corps gras. En recevant cette médaille, le Pr. César KAPSEU devient ainsi le tout premier africain résidant en Afrique à recevoir cette distinction honorifique. Heureuse coïncidence, la médaille Chevreuil arrive au moment où le récipiendaire célèbre ses 25 ans de carrière.

Vous venez de vous voir décerner la médaille Chevreul par l’association française pour l’étude des corps gras. Ça représente quoi pour un professeur de haut rang?
La médaille Chevreul représente une reconnaissance du travail abattu depuis 25 ans dans le domaine des corps gras. Elle est un témoignage de la vitalité de la recherche effectuée en Afrique dans les conditions extrêmement difficiles. Un travail bien fait peut être reconnu. C’est aussi une reconnaissance de la démarche : à titre d’exemple, nous constatons un problème en zone rurale, nous analysons le problème en laboratoire, nous montons un prototype et nous revenons restituer le modèle/prototype dans son milieu réel. A chaque étape, nous faisons participer les utilisateurs finaux du produit.

Sans rentrer dans les détails de la conférence plénière que vous avez donné sur le thème  »production, analyse et application des huiles végétales africaines », quelles sont ces huiles africaines?
On distingue les huiles exploitées de manière industrielle comme les huiles de palme, de coton, d’arachide et de maïs, les huiles exploitées par les africains à très petite échelle comme les beurres de karité et de palmiste, les nouvelles sources d’huile que nous avons révélées au cours de notre recherche sont Canarium (fruit noir), safou (prune), Ricinodendron (djansang), Coula édulis (noisette). Nous avons mis en valeur une douzaine de sources d’huiles exotiques dont les applications sont intéressantes pour l’avenir de l’Afrique. On peut citer comme domaine d’applications : l’alimentation, la cosmétique, la pharmacopée, la conserverie, les biocarburants…

Vous êtes camerounais et vous travaillez sur des sujets qui touchent le continent. Peut on dire que le Cameroun est une Afrique en miniature en matière de représentations au niveau des huiles?
Oui, le Cameroun est effectivement une Afrique en miniature au niveau des huiles. Puisque toutes les zones écologiques trouvées en Afrique sont présentes au Cameroun, tous les oléagineux poussent dans ce pays considéré comme le paradis de la biodiversité. A titre d’exemple, on retrouve au Cameroun les oléagineux de la région forestière (zone humide) comme le palmier à huile, le Coula édulis, le Ricinodendron (djansang), les oléagineux de la région soudano-sahélienne (zone sèche) comme le coton, l’arachide, le karité et le sésame, sans oublier le maïs. A la diversité biologique, s’ajoute la diversité culturelle, alors nous constatons également une diversité d’usages et de savoir-faire.

Le Pr Cesar Kapseu entouré des membres de l’AFECG et quelques amis
journalducameroun.com)/n

25 ans de carrière, de publications, de voyage, d’enseignements… et de souvenirs! Racontez nous le plus beau
J’ai eu la chance de trouver sur le terrain (Afrique, Europe, Amérique.) les produits que nous avons formés, ça m’a donné beaucoup de joie. Mon souci c’est que les jeunes trouvent de l’emploi après leur formation de qualité reçue en Afrique. J’avais pris le pari de rentrer en Afrique afin d’apporter ma pierre à l’édification de ce continent, je suis comblé par une première reconnaissance en 1999 (après 15 ans de carrière), ATLAS/AAI (USA) alumnus award, puis en 2004 (après 20 ans de carrière), Médaille de l’Ordre du Mérite Camerounais, et enfin en 2009 (après 25 ans de carrière), Médaille Chevreul. C’est émouvant.

Vous avez forcément un mot pour vos étudiants de l’université de Ngaoundéré?
Le mot s’adresse non seulement aux étudiants de l’Université de Ngaoundéré mais aussi aux étudiants des universités d’Afrique où je donne les enseignements et encadre les jeunes chercheurs. Dans la vie, il faut croire en ses capacités et se donner les défis à relever. L’Afrique a beaucoup de potentialités qui peut donner du travail à tous les africains. Le premier défi serait de mettre en valeur ses potentialités, or ceci ne sera pas sans les jeunes africains. Il est inconcevable que les jeunes quittent l’Afrique au moment où elle a le plus besoin de ses fils et filles pour relever ce défi. Je suis heureux de servir de modèle aux jeunes africains, faire reconnaitre son mérite sur le plan international en restant en Afrique et en utilisant les moyens africains. Il s’agit d’apporter les solutions africaines aux problèmes de l’Afrique en utilisant le génie créateur universellement reconnu à tout un peuple.

Permettez-moi de dire merci à l’AFECG, merci à l’université de Ngaoundéré et au MINESUP et enfin merci aux organismes (SCAC, AUF, AIRE-Développement, IRD, ATLAS/AAI, IFS, Molige, CTA, GTZ, SIA, ENSAI, IUT) et aux membres de l’équipe de recherche avec lesquels ses résultats ont été obtenus. Je profite de votre tribune pour adresser mes salutations amicales à la communauté camerounaise d’Europe (mobilisée pour la médaille), aux anciens étudiants, aux étudiants en cours et un bisou à mon épouse et à mes enfants.

Le Pr Cesar Kapseu très ravi!
journalducameroun.com)/n
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