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Le problème spécifique de la presse écrite de langue anglaise au Cameroun (I)

Par Armand Hamoua Baka, Ancien cadre de Messapresse, Expert Consultant en distribution Presse

La Presse écrite d’expression anglaise de tout temps est une Presse au style direct, incisif, réaliste à l’image de sa Presse parlée toujours avant-gardiste (confère la vieille émission Cameroon Report dont les différents animateurs, souvent traités de subversifs, avaient toujours maille à partir avec les pouvoirs successifs en place à Yaoundé).

Son contenu est dense, ses analyses pointues. Ici vous avez l’information en scoop, chose que les journalistes d’expression Française ne vous diront même pas parce que embourgeoisés et habitués au moindre effort dans la recherche de l’information, parce qu’aussi plus soucieux de la déontologie aux fins de carriérisme, et enfin parce que leurs sources d’informations sont assez contrôlées avec au finish des informations nettoyées, épurées ou bâclées.

L’antichambre des journalistes de la Presse anglophone renferme du tout-venant: De vrais professionnels formés dans les écoles spécialisées, des reconvertis, des hommes d’affaires, des aventuriers de tout bord.

On citera au vif, le cas de Boniface Forbin, titulaire d’un Ph.D, ex cadre à la Camair et éditeur du journal The Herald ; Charly Ndi Chia transfuge de la CRTV (télévision d’Etat), devenu collaborateur de plusieurs organes de presse; Paddy Mbawa qui aujourd’hui se serait encore reconverti en gourou d’une église de réveil au Nigéria, homme de niveau intermédiaire mais alors très puissant dans le traitement des informations pour Cameroon Post dont il fut créateur; Chief Etah Oben (Weekly Post) et Shalo(Ex financier du SDF à Limbé ) sont des hommes d’affaires venu faire fortune dans la Presse des années 90.

Après avoir relevé les traits majeurs de la Presse anglophone, voyons très exactement de quoi elle souffre côté distribution.
La Presse écrite d’expression anglaise de tout temps est une Presse au style direct, incisif, réaliste à l’image de sa Presse parlée toujours avant-gardiste (confère la vieille émission Cameroon Report dont les différents animateurs, souvent traités de subversifs, avaient toujours maille à partir avec les pouvoirs successifs en place à Yaoundé).

Son contenu est dense, ses analyses pointues. Ici vous avez l’information en scoop, chose que les journalistes d’expression Française ne vous diront même pas parce que embourgeoisés et habitués au moindre effort dans la recherche de l’information, parce qu’aussi plus soucieux de la déontologie aux fins de carriérisme, et enfin parce que leurs sources d’informations sont assez contrôlées avec au finish des informations nettoyées, épurées ou bâclées.

L’antichambre des journalistes de la Presse anglophone renferme du tout-venant: De vrais professionnels formés dans les écoles spécialisées, des reconvertis, des hommes d’affaires, des aventuriers de tout bord.

On citera au vif, le cas de Boniface Forbin, titulaire d’un Ph.D, ex cadre à la Camair et éditeur du journal The Herald ; Charly Ndi Chia transfuge de la CRTV (télévision d’Etat), devenu collaborateur de plusieurs organes de presse; Paddy Mbawa qui aujourd’hui se serait encore reconverti en gourou d’une église de réveil au Nigéria, homme de niveau intermédiaire mais alors très puissant dans le traitement des informations pour Cameroon Post dont il fut créateur; Chief Etah Oben (Weekly Post) et Shalo(Ex financier du SDF à Limbé ) sont des hommes d’affaires venu faire fortune dans la Presse des années 90.

Après avoir relevé les traits majeurs de la Presse anglophone, voyons très exactement de quoi elle souffre côté distribution.

I-CHRONIQUE d’UN REFUS DE SERVIR. Le distributeur: Du mauvais choix de la Matrice de distribution.

Selon le canevas de diffusion de la firme pilote du secteur, Messapresse, la ville (Douala, Yaoundé) est le centre des grandes ventes, la région (le reste du pays) le lieu des ventes mineures.

Ce schéma d’estimation des ventes en réalité ne se vérifie que pour la Presse francophone. Dans le cadre de la distribution de la Presse anglophone, force est de constater que la région reste favorable à la lecture des titres dans la langue de Shakespeare, car elle est la zone naturelle de peuplement des Anglophones.

En ce sens, il conviendrait donc pour Messapresse d’avoir deux logiciels distincts de traitement de la distribution ou alors de corriger la répartition spatiale des tirages anglophones pour inverser la présentation Ville/Région en Région/Ville.

Malheureusement, pour des raisons hégémoniques que nous avons évoquées dans une récente contribution, Messapresse ne peut pas se donner trop de peine à la recherche des solutions pour l’émergence d’une Presse historiquement contraire à sa politique. Ici on promeut la langue Française en première intention, les autres langues de manière accessoire, pour le prestige (Der Spiegel, Corriere de la Sierra, News Week, etc.).

Cette situation du choix de la langue à promouvoir piège Messapresse dans son option commerciale. En fait si cette société fait réellement du commerce, elle n’aura aucun avantage à ne vendre que dans une partie du pays et pas dans l’autre.

La grande partie de la population camerounaise est installée à 80% en territoire francophone. Le distributeur unique de tout le pays est d’essence française. Lorsqu’il bâtit son réseau, il n’a que trop peu de souci pour la partie anglophone.

Le Politique: De l’exégèse d’un antagonisme avilissant.

Jean IMBERT écrit à propos du Cameroun sous mandat:

Le gouvernement français aurait voulu établir la «pleine souveraineté de la France» sur le Cameroun, qu’il considérait comme l’Alsace-Lorraine coloniale; cependant, après de multiples négociations avec les Affaires étrangères Britanniques, il accepta que les deux Cameroun soient placés (comme le Togo) sous mandat de la Société des Nations. La division du Cameroun en deux parts, Anglaise et Française, se voyait ainsi légalement confirmée ; dès lors, les deux Cameroun allaient se forger des traditions sociales, économiques et politiques différentes, pendant près de quarante ans.(.) en fait, alors que le colonisateur français sauvegardait dans une certaine mesure l’autonomie du pays, les Anglais visaient à incorporer purement et simplement le territoire Camerounais au Nigéria.

La note de cet éminent Professeur de droit, permet de comprendre sans grands efforts l’antagonisme qui existe depuis belle lurette entre la chose anglophone et francophone.

Depuis lors, lorsqu’une entreprise d’intérêts Français s’installe au Cameroun, il lui est difficile de créer des succursales en territoire anglophone. Rien ne l’interdit, mais la méfiance observée depuis l’époque coloniale reste d’actualité.

Chez Messapresse par exemple, l’essentiel du staff managérial n’est composé que de cadres formés dans le moule du système Français. Si nous prenons le reste de la pyramide, donc les agents de maitrise (secrétaires, informaticiens, metteurs en casiers, chauffeurs et autres techniciens de surface), il y a fort à parier avec un coefficient de confiance à 99% qu’on ne retrouvera pas un seul anglophone dans cette entreprise.

La conséquence immédiate est que lorsqu’il faut bâtir le réseau, aucun cadre n’a le courage de corriger les axes d’orientation définis par le Directeur général, le plus souvent Français, déjà marqué par le spectre de l’anglophobie.

On peut même aller plus loin: lorsqu’on observe que des cadres présents, à commencer par le Directeur général, nombreux sont ceux qui redoutent à rencontrer un directeur de publication d’expression Anglaise qui arrive pour demander un service. La barrière linguistique a donc aussi une conséquence négative sur le planning des missions de prospection en zone anglophone.

Or cette posture est très préjudiciable à une entreprise commerciale qui ne devrait pas avoir de frontières dans la recherche de son bénéfice qui ne découle que de l’agrégation des ventes sur toute l’étendue du pays.

Sur le plan de la gouvernance étatique, à cause de sa petite superficie (2 régions), on aurait pensé que le pouvoir central allait doter rapidement cette partie du territoire d’infrastructures de base (communication, santé, éducation et autres), ce qui devait favoriser la distribution, la diffusion des manuels et autres supports culturels dont Messapresse est l’acteur majeur.

Au regret, pour les mêmes raisons qui trouvent leurs origines dans l’hypotypose d’Imbert suscitée, on assiste à une promotion des infrastructures basée sur un clientélisme politique où l’on ne décide du bitumage d’un axe routier qu’à condition d’avoir l’essentiel des suffrages des citoyens de l’enclave.

Cet affairisme d’Etat fait que dans la partie anglophone du pays il y a certaines contrées où l’accès n’est possible en saison des pluies qu’en faisant un détour, une incursion en territoire nigérian. Difficile dans ces conditions d’imaginer notre société de distribution française de demander chaque mois des visas, laissez-passer et passavant au Haut-Commissariat de la République du Nigéria au Cameroun pour des besoins de service sans s’attirer soupçon et méfiance.

On le voit bien, le faible score d’implantation de l’unique distributeur attitré dans la zone anglophone est aussi le fait d’un mauvais réseau routier sui generis imputable à l’Etat.

Lire la suite:
Le problème spécifique de la presse écrite de langue anglaise au Cameroun (suite et fin)


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