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Le protocole de Maputo crée le débat au Cameroun

Sa ratification par le chef de l’Etat irrite les chrétiens de l’archidiocèse de Douala

Le 28 mai 2009, le chef de l’Etat a signé un décret, ratifiant le protocole à la charte africaine des droits de l’homme et des peuples relatifs aux droits de la femme, adopté à Maputo au Mozambique le 11 juillet 2003. Depuis la publication de ce texte, l’archidiocèse de Douala n’a pas manqué de montrer son indignation face à une disposition qui légalise l’avortement. Il convient d’ailleurs de rappeler que bien avant la ratification du protocole de Maputo par le Chef de l’Etat, l’église catholique qui est au Cameroun avait émis des réserves sur l’article 14 de ce protocole qui légalise l’avortement. L’on se souvient que lors de la clôture le 2 mai 2009 de la journée diocésaine de la famille qui a eu pour cadre la cathédrale Saints Pierre et Paul de Douala, son éminence le cardinal Christian Tumi, archevêque de Douala avait laissé entendre que on nous disait il y a quelques jours que l’assemblée nationale vient de conseiller au président de la république de signer un document qui approuve l’avortement, c’est-à-dire les assassinats des enfants. Tous nous prions et nous espérons que le Chef de l’Etat sera guidé par l’esprit du Seigneur pour qu’il puisse dire non, je ne veux pas en conscience, signer cet accord], même si cet accord est proposé par l’assemblée nationale, le président de la République n’est pas obligé de le faire. Cet appel lancé par le tout premier cardinal du Cameroun n’a pas été pris en compte par le Chef de l’Etat.

Depuis donc la ratification de ce protocole, les réactions de désapprobation fusent de la province ecclésiastique de Douala (il faut noter que la province ecclésiastique de Douala comprend les diocèses de Douala, Edéa, Eséka, Bafoussam, Nkongsamba), et plus particulièrement de l’archidiocèse de Douala. L’Effort Camerounais, l’hebdomadaire catholique d’information, imprimé à Douala par l’imprimerie MACACOS, vient de consacrer tout un dossier sur le sujet dans sa livraison du 17 juin 2009. On y retrouve l’enseignement de l’église sur le caractère sacré de la vie ; l’indignation des chrétiens ; la réaction des Evêques du symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SCEAM) ; l’éclairage d’une femme juriste. Tout ce déploiement dénote s’il en était encore besoin, la colère de l’église Catholique contre la validation d’un texte qui à son avis s’oppose à la vie.

Pour de nombreux chrétiens catholiques au Cameroun, l’article 14 du protocole de Maputo est une atteinte grave à la vie, mieux au 5ème commandement tu ne tueras pas. Dans cette perspective, Le pape Benoît XVI chef de l’Eglise catholique romaine, s’est fait le défenseur de la vie le 28 juin 2007, lors d’une rencontre avec les membres du corps diplomatique accrédité au Vatican : Comment ne pas se préoccuper des continuelles atteintes à la vie, de la conception jusqu’à la mort naturelle ? De telles atteintes n’épargnent même pas des régions où la culture du respect de la vie est traditionnelle, comme en Afrique où on tente de banaliser subrepticement l’avortement par le protocole de Maputo, ainsi que par le plan d’action adopté par les ministres de la santé de l’union africaine. (Cf. l’Effort camerounais du 17 juin 2009).

Dans ce chapitre de protestation, les évêques de la (SCEAM) n’ont pas manqué d’attirer l’attention des Chefs d’Etats africains nous observons que les droits des femmes de protéger et promouvoir leur santé sexuelle et reproductive dans cet article ont exclu les droits du couple, de la famille et de la société (civile, traditionnelle, culturelle et religieuse) de précisément prendre part à la promotion des droits de la femme aux soins de santé. Par exemple, l’autorisation d’avorter et le choix de toutes les méthodes de contraception pour les femmes sont particulièrement incompatibles avec les enseignements de l’Eglise catholique, sa tradition et ses pratiques. En d’autres termes, les Evêques disent non à une pratique qui va à l’encontre de la doctrine sociale de l’église catholique. La vague de contestation est d’ailleurs loin de s’achever, dans la mesure où dans un communiqué publié dans les colonnes de l’Effort Camerounais, les coordonnateurs de l’apostolat de la famille de l’archidiocèse de Douala invitent tous les chrétiens adultes à bien vouloir signer une pétition contre ce protocole dans leurs paroisses respectives à la sortie des messes de dimanche.


Journalducameroun.com)/n
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