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Le public camerounais renoue avec le ciné-club

Deux fictions «Le pacte» et «La tcham» ont ouvert la scène au Centre culturel français de Yaoundé

Une initiative du CCF de Yaoundé
Il est environ 17 heures et le public vient d’assister à la projection de deux films camerounais. Georges Pondi, connu sous le nom de Chango, acteur principal du film La Tcham, représente un centre d’attraction parce qu’il interprète le rôle d’un bad boy qui sème la terreur dans le quartier. Le genre de type nerveux et musclé qui donne une peur bleue mais avec qui il vaut mieux être ami. Même après avoir quitté son personnage, Georges continue d’être abordé avec méfiance. Le court métrage que le public salue avec une salve d’applaudissements a été projeté dans le cadre du ciné-club. Un programme initié par le Ccf de Yaoundé, mais qui est resté en hibernation pendant plusieurs mois. Le ciné-club est une plate forme qui donne la possibilité aux jeunes réalisateurs camerounais de faire connaître leurs uvres puis d’échanger avec les cinéphiles. Chaque jeudi après-midi désormais, le public de la capitale se verra offrir une séance de cinéma. Les séances du ciné-club animées par le cinéaste camerounais Joseph Mouetcho sont gratuites et ouvertes à tout public. Jusqu’en octobre, le public aura par exemple le plaisir de regarder La fille du soleil, Vie d’étudiant, L’argent n’achète pas tout, Chômage mon cauchemar ou encore Patrimoine national.

Deux jeunes réalisateurs camerounais à l’honneur de la grande première
Les premiers plans des prises de vue ont été réservés aux fictions Le pacte et La tcham. Ce dernier réalisé par Julien Fouedje permet au public de renouer avec les passionnants combats des rois des arts martiaux rendus célèbres par les réalisations chinoises. Le scénario dénonce cette violence non contrôlée dont font montre certains individus pour résoudre leurs problèmes en société. Le réalisateur semble vouloir mettre une barrière à cette sorte de jungle que veulent instaurer certains, où la loi du plus fort est la meilleure. La séance débat a permis de relever des maladresses au niveau du montage, notamment pour les scènes de combat intense. Cependant, le montage approximatif, l’éclairage négligé n’ont rien ôté sur le sensationnel recherché par l’auteur. Bien avant ce combat, les cinéphiles ont communié avec Le pacte d’Emmanuel Bayemek. En 54 minutes, le jeune réalisateur revisite cette pratique extrême qui consiste à lier éternellement deux êtres. Ici, le rôle primordial que joue le marabout dans notre société est mis en exergue. Même les plus jeunes ne sont pas épargnés. Comme l’illustre les deux acteurs principaux du film, Nestor et Solange. Très amoureux, ils décident d’avoir recours à «Papa Ebo», le féticheur du coin pour sceller leur union par un pacte de sang. Si l’intrigue est intéressante parce qu’édifiante, le film regorge néanmoins un ensemble de fautes techniques et narratives. Le spectateur s’ennuie à l’entame du film avec une scène interminable quasi noyée par une musique qui raconte l’histoire jouée. Ajouté à cela, un cadrage chancelant et des plans indéterminés, ainsi que l’amateurisme des comédiens, incapables de transmettre une quelconque émotion. Mais c’est aussi à cela que sert le film-club. Nous ne projetons pas seulement les films bien faits. Parce qu’il est également question de permettre aux jeunes réalisateurs de se perfectionner en apprenant de leurs erreurs, précise Joseph Mouetcho.



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