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Le RDMC communique sur le choléra

Le mouvement demande l’intervention de l’armée pour assainir les voiries des régions touchées

Les Camerounais vivent depuis des décennies un quotidien marqué par la pauvreté, la famine, l’absence des services de première nécessité: santé, transport, habitat, éducation etc… A ce quotidien pas tout à fait reluisant, nos compatriotes du grand Nord sont confrontés depuis quelques mois à une crise sanitaire de grande ampleur. En effet, une épidémie de choléra touche de plein fouet depuis quelques mois les régions de l’Extrême- Nord, du Nord et de l’Adamaoua, Cette épidémie a déjà fait de nombreuses victimes et les décès se comptent par centaines sinon par milliers. Les spécialistes parlent de deux cents décès par jour depuis le 23 Août 2010. Face à cette crise sanitaire qui, rappelons-le, est une récurrence puisqu’ en Novembre 2009 les régions du Nord et de l’Extrême-Nord avaient déjà vécu cette pandémie, on ne peut que constater avec effroi une gestion chaotique du régime des grandes ambitions, gestion marquée par un immobilisme qui l’a toujours caractérisé, un manque permanent de volonté politique et de compétence des autorités en charge des problèmes de santé dans notre pays.

Le choléra, à titre de rappel est une affection grave pouvant revêtir un aspect épidémique et endémique. Il est causé par le vibrion cholérique dont le développement est favorisé par un manque d’hygiène, en particulier celle de l’eau. Il s’agit avant toute considération d’un problème lié à une gestion défaillante de l’environnement: forte concentration humaine , hygiène et assainissement de l’eau et du milieu insuffisants; mais aussi de l’état de pauvreté des populations qui sont réduites à un degré de pauvreté telle qu’il leur est impossible de s’offrir un morceau de savon de la CCC (Complexe Chimique Camerounais). Il se manifeste par une diarrhée aigüe et des vomissements qui aboutissent à une déshydratation aigüe pouvant entrainer la mort de celui-ci en deux à quarante huit heures.
Sa gestion s’appuie sur la prévention, la préparation et la riposte (80% des guérisons possibles si la prise en charge des malades est adéquate).

Loin de toute polémique politicienne, il n’est pas excessif de dire que les problèmes de santé ne présentent pas un grand intérêt pour le régime de Yaoundé , mises à part quelques annonces présidentielles comme la création des centres de dialyse dans les hôpitaux régionaux ou encore l’annonce en grande pompe par les médias d ‘Etat de la pose de la première pierre de la construction de l’hôpital gynéco-pédiatrique de Douala (coût des travaux 9,3 Milliards CFA financé par le gouvernement chinois),comme si, sans rien s’opposer à la coopération avec la Chine ,il fallait attendre la réaction de ce pays pour réaliser que les problèmes de santé de la femme et de l’enfant se posaient avec acuité dans cette mégapole camerounaise dont les populations paient depuis de nombreuses années le prix de leur opposition au régime de M. Biya.

Pour étayer cette affirmation on peut citer en autres; l’absence d’un système de santé digne de ce nom et d’une assurance maladie d’Etat permettant à tous les Camerounais d’accéder aux soins de santé; l’absence d’établissements de santé dotés de plateaux techniques permettant d’assurer des soins de qualité aux Camerounais; car en dehors de quelques hôpitaux qui n’ont de CHU et d’hôpitaux de référence que de noms, on dénombre par-ci et par-là quelques bâtisses délabrées et insalubres dénommées hôpitaux de district dont on ignore le rôle véritable; aucune politique de formation des personnels techniques et administratifs spécialisés dans le management des établissements de santé; non respect de l’engagement pris par le Cameroun lors du sommet des Chefs d’Etat et de gouvernement tenu en 2001 à Abuja au Nigéria d’allouer au moins 15% du budget annuel à l ‘amélioration du secteur de la santé , soit au moins 386 milliards en 2010 au lieu de 123,701 milliards.

Tout ceci a pour conséquences: la diminution de l’espérance de vie des Camerounais qui est passée de 57ans en 1982 à 50ans aujourd’hui; la diminution du nombre de médecins par 5000 habitants qui aujourd’hui est inférieur à 1; la diminution du nombre de lits d’hospitalisation pour 5000 habitants; la diminution des dépenses de santé par habitant; les objectifs du millénaire pour le développement (OMD) fixés par l’ONU et supposés être atteints en 2007 ne l’ont pas été ; on citera entre autres: la réduction de l’extrême pauvreté et la faim, la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle, le combat contre le VIH/SIDA et le paludisme etc… Et la situation ne semble pas devoir changer ou s’améliorer aux vues des politiques exposées dans le DSCE (document de stratégie pour la croissance et l’emploi); document dans lequel est exposé une stratégie supposée faire du Cameroun un pays émergent en 2035, sans pour autant définir un cadre institutionnel et une politique programmatique (plan pluriannuel) nécessaires pour atteindre un tel objectif.

Face à cette défaillance (une de plus) du régime des «grandes ambitions», le Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun (RDMC) et son Président Monsieur Pierre MILA ASSOUTE, tout en renouvelant aux populations si durement éprouvées les condoléances du parti et du peuple camerounais dans son ensemble demandent que dans l’immédiat: des fonds soient débloqués pour doter tous les hôpitaux du Nord, de l’Extrême-Nord et de l’Adamaoua en produits pharmaceutiques permettant une prise en charge rapide et adéquate des malades (solutions ioniques pour réhydratation rapide, antibiotiques etc…); un renfort des personnels de santé soit envoyé dans ces régions avec une composante militaire qui donnerait à cette institution un visage plus humain, éloigné quelque peu de l’image du corps de bourreaux que certains de ses éléments ont donné ces derniers temps à notre population; des mesures soient prises pour traiter l’eau avant sa consommation (javellisation, ébullition etc…); tous les établissements de santé du triangle national soient placés en état d’alerte maximale et que tout cas présentant des symptômes évocateurs du choléra soit signalé et le malade pris en charge; le Chef de l’Etat prescrive au gouvernement l’intervention de l’armée pour désenclaver ces zones, assainir les voiries publiques, construire les latrines publiques ainsi que les puits d’eau potable. Au moment où la Nation s’apprête à commémorer le cinquantenaire de nos forces de défense dont l’une des missions est de contribuer au développement du pays, par ailleurs dotées d’une expertise confirmée et de moyens adéquats, une telle intervention aurait l’avantage de parer à l’urgence comme c’est le cas dans tous les autres pays. A situation exceptionnelle, moyens exceptionnels.

Dr Philippe Mbele Abanda
www.rdmc-dmmc.org)/n

Mais la gestion d’une crise sanitaire de cette ampleur doit aussi s’appuyer sur la prévention d’autres crises ; c’est la raison pour laquelle le RDMC qui place les problèmes de santé des Camerounais au c ur des préoccupations de sa politique de modernisation du Cameroun entend mener une action agressive dans ce domaine. Ainsi: la volonté du RDMC de faire des problèmes d’hygiène un volet majeur de sa politique de santé se manifestera par l’inclusion du terme « Hygiène Publique » dans la dénomination du ministère en charge des problèmes de santé; une assurance maladie d’Etat sera mise en place; les établissements de santé seront organisés en territoires de santé correspondant à chaque région. Cette organisation évoquera la forme d’une pyramide avec au sommet un centre hospitalier régional et universitaire, véritable hôpital de référence doté d’un plateau technique très spécialisé et dont les missions premières seront: une prise en charge adéquate des malades, la formation des personnels de santé et la recherche médicale. A la base de cette pyramide on trouvera les unités territoriales de santé correspondant aux dispensaires actuels mais un peu plus étoffés. En intermédiaire des centres hospitaliers généraux dans les départements et les centres intégrés d’action sanitaire et sociale pierre angulaire de la santé préventive et de l’hygiène publique.

La formation des personnels sera assurée par 14 facultés de médecine dans les villes de Garoua, Maroua, Dschang, Bamenda, Buéa, Douala, Yaoundé, Bertoua, Edéa, Bafia, Bafoussam, Ngaoundéré, Maroua et Ebolowa. Deux facultés de pharmacie et de chirurgie dentaire seront mises en place pour compléter la formation des personnels médicaux. Les instituts de formation des personnels médicaux et paramédicaux seront mis en place dans toutes les régions et les personnels administratifs formés dans une école de management hospitalier qui sera créé. Le RDMC compte également créer deux établissements publics qui permettront la détection et la gestion des catastrophes et des crises sanitaires comme celle que vit en ce moment notre pays. Il s’agit : d’un institut national de santé publique et des maladies tropicales : il permettra la formation des cadres supérieurs et moyens de santé publique et des médecins spécialisés dans les pathologies tropicales dont ils auront une parfaite connaissance; un institut de veille sanitaire permettant la surveillance, l’information et la prévention en cas de risque sanitaire. Cet établissement dont les missions sont multiples: surveillance et observation permanente de l’état de santé des Camerounais, alerte sanitaire en cas de catastrophe sanitaire, contribution à l’organisation de la gestion des crises sanitaires, sera placé sous la tutelle du ministère de la santé.

Bien évidemment que la politique de la ville et des grands travaux contribuera largement dans l’assainissement de l’environnement et donc dans la prévention et la gestion du type de catastrophe que vit en ce moment notre beau pays.

Président Monsieur Pierre MILA ASSOUTE
Journalducameroun.com)/n
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