Le réseau associatif des consommateurs de l’énergie écrit à Paul Biya

Elle veut réaffirmer son soutien à la renationalisation du service public de l’électricité au Cameroun

Excellence Monsieur le Président de la République,
Le 06 Avril 2011, sans doute sur votre haute instruction, le gouvernement de la République a soumis pour examen et adoption à l’Assemblée nationale, un projet de loi portant sur la libéralisation du secteur de l’électricité. Par une large majorité, le parlement réuni en session extraordinaire a adopté ce texte samedi 09 Avril 2011 en même temps que deux (02) autres projets de loi, dont celui portant protection du consommateur au Cameroun.
Concernant ce dernier texte, une fois de plus, tout le mouvement consumériste national salue son adoption, qui accorde de facto un statut légal au consommateur. Nous profitons du reste de la présente correspondance à vous adressée pour exprimer toute notre gratitude pour sa promulgation, un mois seulement après ce vote historique.

Excellence Monsieur le Président de la République,
L’introduction par le gouvernement de la République d’un projet de loi sur la libéralisation du secteur de l’électricité est la traduction sans équivoque d’un constat d’échec de la reforme qui a abouti en Juillet 2001 à la privatisation du service public de l’électricité. Son adoption par la représentation nationale témoigne à suffire de l’inquiétude et de l’intérêt que suscite ce secteur d’activité auprès de la classe politique en général. Compte tenu de la situation alarmante dans laquelle se trouve le secteur de l’énergie électrique, le RACE et l’ensemble des usagers avaient souhaité voir cette nouvelle loi promulguée avec autant de diligence que celle portant protection du consommateur.

Néanmoins, sachant votre souci constant pour la situation du secteur de l’électricité, qui transparait à travers la plupart de vos allocutions depuis plusieurs années, nous osons croire que le retard enregistré dans la promulgation de cette loi est justifié et voulu par vous-même, et non motivé par une quelconque man uvre de la part de l’opérateur AES/SONEL. Si tel est le cas, tous les consommateurs de l’électricité vous assurent d’ores et déjà, ainsi qu’au gouvernement de la République, leur soutien indéfectible pour toutes les actions régaliennes entreprises par vous et allant dans le sens de l’amélioration de l’offre de l’énergie électrique dans notre pays.

Excellence Monsieur le Président de la République,
Vous le savez mieux que nous, le secteur de l’électricité est sérieusement sinistré. Le RACE se réjouit que vous ayez réalisé, à travers ce nouveau texte législatif, qu’il était absolument nécessaire de réagir au plus vite par une décision de souveraineté, nonobstant le contrat de concession signé la 18 Juillet 2001 au bénéfice de la firme Américaine AES CORPORATION. En effet, en dépit des efforts consentis depuis 10 ans par les pouvoirs publics pour sortir de l’ornière et malgré l’immense potentiel hydroélectrique dont dispose notre pays, le déficit en énergie électrique reste endémique et fait perdre chaque année plus 02 points de croissance à l’économie nationale. Le soutien financier massif et sans conditions que l’Etat apporte au programme d’investissements de l’opérateur privé AES/SONEL demeure sans effets palpables sur la réalité quotidienne des ménages et des entreprises.

La gestion calamiteuse du service public de l’électricité par l’opérateur AES/SONEL oblige les entreprises à augmenter leurs charges de fonctionnement et freine leur développement. A cela s’ajoute le calvaire des consommateurs domestiques, déjà en proie aux désagréments de toutes sortes et à la cherté de l’électricité. Plus de la moitié des 2300 localités devant être alimentées en électricité ne le sont pas, en dépit des dispositions coercitives contenues dans le cahier des charges du contrat de concession. Cette crise énergétique chronique plombe fortement le développement de notre pays et met en péril la paix sociale.

Excellence Monsieur le Président de la République,
Le RACE ne fait pas mystère de sa position de principe qui est celle d’une renationalisation du service public de l’électricité au Cameroun. Néanmoins, à défaut de ce retour souhaité de toutes les activités liées à l’électricité dans le portefeuille de l’Etat, nous pensons qu’il est effectivement impératif de mettre fin au monopole privé dans ce secteur névralgique de l’économie nationale. A travers les facilités fiscales et douanières qu’il offre aux éventuels nouveaux opérateurs et surtout la modification du système de régulation qu’il prévoit, ce nouveau texte législatif régissant le secteur de l’électricité a le mérite de liquider définitivement le monopole privé dans ce secteur de souveraineté. En outre, le caractère incitatif de cette loi pourrait bien favoriser, toute proportion gardée, une mise en valeur optimale du potentiel énergétique de notre pays. Nous estimons donc que l’avenir immédiat du secteur de l’électricité se joue à coup sûr autour de cette loi.

Pour toutes ces raisons et en espérant que vous ne modifierez pas un seul article des 104 qui la constituent, le RACE et tous les consommateurs de l’énergie requièrent votre haute bienveillance sur ce dossier et vous exhortent à procéder sans attendre à la promulgation de cette nouvelle loi sur la libéralisation du secteur de l’électricité.

Dans l’attente, nous vous prions de bien vouloir agréer, Excellence Monsieur le Président de la République, l’expression de notre profonde considération.



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