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Le vampire d’Eric Delphin Kwégoué investit le CCF de Douala

Le comédien camerounais, lauréat Visa pour la création 2011, présentera sa nouvelle pièce ce jeudi 24 mars 2011

Eric Delphin Kwégoué vous êtes comédien, metteur en scène, quel est réellement votre parcours?
En fait j’ai suivi ma formation entre 2000 et 2002 à la maison des jeunes et des cultures, qui à cette époque était basée à Akwa. Plus tard j’observe comme un manque dans l’environnement théâtral de Douala, je décide de faire la mise en scène et c’est ainsi que je crée la Compagnie « Koz’art ». J’ai aussi fonctionné comme comédien avec plusieurs compagnies de Douala et de Yaoundé, (Green Théâtre, Maluki). Avec ma compagnie j’ai crée beaucoup de spectacles. De 2002 en 2010 je faisais en moyenne deux mises en scène par an. En 2008 je me suis lancé également dans l’écriture dramatique contemporaine.

Vous êtes actuellement en tournée nationale avec votre pièce « L’ombre de mon propre vampire », un titre qui suscite des interrogations. De quoi parle la pièce ?
La pièce parle en quelque sorte de moi, de mon vécu, de tout ce que j’ai accumulé en 31 ans, parce je l’ai écrite en 2008 quand j’avais 31 ans. J’ai voulu dire à travers cette pièce toutes mes frustrations. C’est une sorte de témoignage de ce que j’ai appris du monde et le n ud fondamental est le fait que j’ai eu envie à un moment de ma vie de me suicider et je dis ce qui m’a poussé à vouloir commettre cet acte dans la pièce. Donc c’est le suicide qui m’a inspiré.

Quel est le message central que vous souhaitez passer à travers cette expérience?
Je veux tout simplement dire que l’on doit pourvoir garder espoir, la vie ne s’arrête pas là où on pense. Au-delà de ce qu’on pense il y a quelque chose de plus subliminal à atteindre, il faut toujours travailler et se dire qu’au-delà de nous, il y a un être plus fort que nous et nous pouvons compter sur lui.

Parlant de vous, vous êtes lauréat Visa pour la création 2011, cela signifie quoi concrètement?
Il s’agit d’une bourse que l’Institut Français attribue chaque année aux jeunes créateurs des caraïbes et de l’Afrique francophone et qui consiste pour ses détenteurs à aller réaliser un projet soit en France soit dans un autre pays africain. Il faut aussi avoir dans le pays où tu souhaites aller, une institution qui pourrait t’accueillir. Moi j’ai déposé mon projet à Cotonou au Bénin, je vais m’y rendre pour trois mois durant lesquels je dois monter une pièce à partir de textes d’un auteur béninois et avec des comédiens béninois. C’est une bourse d’une valeur de 5000 Euros.

Eric Delphin Kwégoué présente « L’ombre de mon propre vampire », sa nouvelle pièce
Journalducameroun.com)/n

Comment se déroule la sélection ? Parlez nous un peu de votre cas personnel.
Moi je connais la bourse Visa pour la création depuis longtemps, mais je me suis dis à un moment qu’il n’était pas encore temps pour moi, parce qu’il faut avoir de bonnes références. Dans toute l’Afrique francophone, on sélectionne quatre personnes dans les arts de la scène. Pour cette année nous étions deux au Cameroun, Corry du groupe « Macase » en musique et moi en théâtre. C’est dire que la sélection est assez rude et il faut monter un dossier assez fort. Je pense surtout que c’est mon projet qui a intéressé et fait que je sois sélectionné.

Et votre compagnie, comment parvient-elle à vivre dans le difficile environnement théâtral du Cameroun?
Pour dire vrai c’est dur. L’univers du théâtre chez nous est difficile. Chaque année on monte des spectacles, mais ce sont les animations qui font vivre la compagnie. Nous animons les mariages, anniversaires, les arbres de noël, les échasses. Ce sont ces petites choses qui nous permettent de vivre, de créer, de faire du bon travail.

Il est lauréat Visa pour la création 2011
Journalducameroun.com)/n



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