Politique › Institutionnel

Législatives et municipales 2013 : Les Investitures divisent les partis politiques

De nombreux dysfonctionnement recensés dans les Etats-majors des partis politiques font dire à des observateurs qu’elles vont diviser la classe politique

Alors que les délais de dépôt des candidatures pour les élections législatives et municipales du 30 septembre prochain sont passés, la classe politique fait le bilan des investitures avec à la clé de nombreuses critiques sur la manière dont les choses se sont passées. Etant le plus grand parti, les plaintes les plus nombreuses sont à recenser au niveau du Rassemblement Démocratique du Peuple Camerounais, parti au Pouvoir. Je trouve que c’est une forme de dictature. Vous réalisez que depuis 1997 il n’y a pas eu de renouvellement des organes de bases au sein de nombreux partis politiques qui occupent la scène politique au Cameroun. La volonté du peuple est donc reléguée au dernier plan par la dictature des partis politiques a commenté pour sa part un politologue connu dans le pays dans un article paru dans le messager John Fru Ndi le président du Social Democratic Front « leader » de l’opposition au Cameroun faisait savoir que des militants l’ont insulté à l’issue des investitures. Au sein du RDPC les réactions à l’ambiance actuelle sont partagées. Certains expliquent le choix des investitures. Nous nous sommes rendus compte que lors des primaires, des personnes achetaient des voix de personnes pour se faire élire dans une liste. Or parmi de nombreuses personnes qui passaient la qualité n’était pas toujours au rendez-vous. Il était question pour le RDPC de prendre ses responsabilités et de reformer la classe de la représentation nationale, a commenté le Professeur Pius Dieudonné Oyono membre de ce parti et Recteur de l’Université de Douala. D’autres militants du RDPC se montrent moins catégoriques. Lorsqu’au sein d’une famille on doit faire un choix c’est toujours difficile, quel que soit le mode de désignation. Nous avons choisi les investitures mais au fonds je pense que les primaires n’auraient pas fait non plus l’unanimité. C’est dur et je peux seulement inviter ceux de nos camarades qui n’ont pas été choisis à faire preuve de fairplay, a commenté pour sa part Charles Atangana Manda un des chargés de mission du RDPC.

La question gène au sein du parti du président Paul Biya où on est mal à l’aise à parler du sujet. Christophe Mien zock responsable des organes de communication de ce parti habituellement à l’aise pour parler de ses exploits s’est montré légèrement réservé sur la question, face à des faits rapportés par certains médias. Dans certaines localités apprend on, les investitures n’ont pas donné la possibilité à des maires ou des députés sortants, de pouvoir se représenter et défendre leur mandat, ce qui aux yeux de beaucoup n’est pas conforme au jeu démocratique. Dans d’autres faits rapportés, les listes qui sont parties des zones de base se sont trouvées modifiées en cours de route pour le comité centrale, suscitant un vif débat entre les militants. Dans le même temps des observateurs ont fait part de ce que la circulaire du président Biya sur le choix des candidats n’a pas été scrupule ment respectée, preuve qu’au sein du parti des personnes utilisent l’occasion pour positionner des alliées. Certains analystes politiques eux perçoivent le problème sur un autre angle. Ils partent du fait qu’une majorité des sénateurs a été nommé, il risque d’en être de même pour les députés et les maires, qui sont désignés par les partis politiques, avec le risque de voir le processus de représentation biaisée et celui de la décentralisation complètement dilué par des allégeances à une structure centrale dont on tire la légitimité. Que dira un maire investi à des populations qui ne l’ont pas choisi. JE doute fort que ces gens-là vont défendre les intérêts des populations, mais d’avantage ceux des personnes qui les auront investis a commenté pour sa part Soule Onohiol, un journaliste très critique à l’égard du régime. ELECAM a jusqu’au 1 aout pour rendre publique ses listes, après s’ouvrira surement un des contentieux où on risque de voir le RDPC se déchirer, pris dans ses propres manipulations.


À LA UNE
Retour en haut