Personnalités › Jeunes talents

L’élevage, ma nouvelle passion!

Nguinhot Nguimbous Manasse est étudiant mais envisage de laisser tomber ses ambitions diplomatiques pour s’occuper pleinement de sa volaille

« Avoir des bêtes à ma portée, c’est pour moi comme de la solidarité. J’aime les voir croître, j’aime les voir procréer ». Accroupi ce jeudi dans la petite chambre qui lui sert de poulailler, Nguinhot Nguimbous Manasse ajoute de la provende dans les mangeoires de ses poules. Il y a quelques jours, il a dû vendre sa bouteille à gaz pour leur acheter ce sac de provende. « C’est un sacrifice. Par ces temps de fêtes je préfère qu’elles aient bonne mine », se justifie-t-il. A 25 ans, Manasse est étudiant en cycle de maîtrise à Soa. Il aimerait entreprendre une carrière diplomatique. Mais il sait qu’il ne peut pas trop attendre de cette ambition qu’il juge démesurée. « Le concours de l’Iric se fait sur recommandation. Et je suis issu d’une famille vraiment modeste. Mais je vais quand même essayer, tout en poursuivant parallèlement l’élevage de mes poules. Et si les affaires vont bien, je pourrais même abandonner cette ambition diplomatique pour procéder à un élevage industriel de mes poules », dit-il.

Une envie née de la vie
Ce goût pour l’élévage, Manassé ne le tient de personne dans sa famille. Il en est à sa deuxième expérience en matière d’élevage. La première fois qu’il s’y lance avec dix poulets il y a deux ans, c’est sur le conseil d’un ami. « Il m’avait parlé d’un collègue commerçant qui allait au marché quand il voulait parce qu’il avait sa porcherie à la maison qui lui rapportait assez d’argent. J’ai construit un enclos; mais je n’ai pu réunir assez d’argent pour acheter les porcelets. Je me suis rabattu dans l’élevage des poules ». Mais il manque d’enthousiasme partage le fruit de son travail et stoppe son activité. Il y a plus de deux mois, la vue du poulailler d’une de ses patronnes a ravivé en lui la flamme de l’élevage. Il a décidé de relancer l’activité avec 50 poules cette fois. « Aujourd’hui, je vis seul et je suis plus soucieux de mon devenir, je suis libre de mes mouvements ». Son bayeur, très intéressé par une collaboration, lui a offert une chambre supplémentaire. A ce jour, il ne cueille pas encore les fruits de son activité domestique. En attendant, il fait des répétitions et travaille comme man uvre dans des chantiers.


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En solitaire
Les difficultés ne manquent pas. Elles sont surtout financières et logistiques. Mais Manasse en a connu d’autres: très tôt devenu orphelin de père (à 3 ans), ce jeune Bassa a été élevé comme ses cinq frères et s urs par sa maman, vendeuse de beignets. Aussi, a-t-il appris à se débrouiller. C’est l’une des raisons pour lesquelles il ne sollicite pas les programmes d’aide à l’entreprenariat que propose le gouvernement camerounais: « ces gens fixent des conditions que tu ne peux pas remplir. Ils contrôlent votre activité au point ou vous en devenez esclave. Je préfère me battre librement », soutient-il. Au gouvernement, il demande un peu plus de bon sens dans la prise des décisions: « ça ne sert à rien de décider simplement que les prix des produits doivent baisser ou que le poulet doit par exemple coûter 1200. Il faut subventionner les productions agricoles pour que la provende coûte moins que 13000 Fcfa le sac et ça va agir sur toute la chaîne », propose le jumeau qui se frotte déjà les doigts au fur et à mesure qu’approchent les fêtes. « Je suis sûr de rentrer dans mes frais. Il y a déjà une femme qui a promis de me prendre quelques poulets ce lundi pour la fête du mouton », conclut- il en se léchant les lèvres.


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