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Lendemains douloureux de dessaisissement de la CAN 2019 et crise anglophone au menu des journaux camerounais

Les journaux camerounais parus mardi continuent d’épiloguer sur les conséquences du retrait, décidé en fin de semaine dernière par la Confédération africaine de football (CAF), de l’organisation de la Coupe continentale de la discipline (CAN) pour 2019 en même temps qu’ils reviennent sur la création, par décret présidentiel, d’un Comité de désarmement, de démobilisation et de réintégration à l’intention des sécessionnistes et des ex-combattants de la secte islamiste Boko Haram.Faisant œuvre d’exploration, Émergence a promené sa loupe sur les différents chantiers engagés pour la circonstance, relevant ici et là quelques perles en matière de surfacturation, de sous-réalisation ou encore de scandaleux marchés passés de gré à gré qu’il qualifie de «plus gros scandales financiers» de ce dossier.

Prenant le parti de la formule agressive, Le Point Hebdo, sous le titre «Les salauds», décline un photomontage présentant des personnalités, proches du chef de l’État et rendus coupables de «haute trahison» et de «déshonneur», une «bande de corrompus» ayant pris Paul Biya en otage.

«La facture de cette supercherie est très salée. Que les coupables et les acteurs clés de ce raté paient et jusqu’au dernier.»

Ce qui vient de frapper le Cameroun, renchérit Mutations, peut être rangé dans la catégorie des coups du sort qui savent défigurer une nation et la couvrir d’opprobre.

Mais quelle suite sera réservée aux chantiers de la CAN ? s’interroge Le Jour. Ses confrères Le Financier d’Afrique, Le Messager et Matila ne semblent pas très optimistes sur le sujet et ils prévoient des répercussions économiques catastrophiques au retrait de l’organisation de la compétition au pays.

Les investisseurs sont aux abois, relève la deuxième publication citée, eux qui accusent déjà le coup des mécomptes, particulièrement dans le chapitre de l’hébergement et du transport avec des milliards de francs engloutis en pure perte.

Qui va donc supporter les dégâts collatéraux ? demande Le Gideon : au-delà de la colère, de la frustration et des regrets d’un peuple meurtri, il urge que le gouvernement donne des gages aux infortunés investisseurs locaux plus que jamais désorientés.

Pour Le Jour, l’achèvement de tous les chantiers de la CAN constitue un vrai défi pour le gouvernement, en même temps qu’il serait une légitime consolation pour des Camerounais encore sous le choc.

À la fois offensif et serein, le président de la CAF, Ahmad Ahmad répond, dans les colonnes d’InfoMatin, «à ceux qui crient au complot» : la décision de retirer l’organisation de la CAN 2019 au Cameroun «a été prise à l’unanimité par tous les membres du Comité exécutif».

«Cette précision vaut son pesant de pertinence, lorsqu’on sait que l’organe confédéral compte 22 membres, représentant les 56 associations regroupées en zones, et que les 20 membres présents vendredi à Accra (Ghana) ont tous voté contre le Cameroun.»

Selon Ahmad Ahmad, les rapports des différentes visites des missions d’inspection des experts accrédités, sur les différents sites, ne présageaient rien de bon, les travaux se situant à environ à 55% de taux d’exécution.

Et de mettre en garde ceux qui profèrent la menace, au Cameroun, de porter l’affaire au Tribunal arbitral du sport (TAS) et qui risqueront créer un autre problème pour 2021, une année pouvant permettre au pays de faire amende honorable en accueillant enfin l’Afrique du football.

Cela revient, relève Le Quotidien de l’Économie, à conclure que la Côte d’Ivoire, organisatrice de ladite édition, va devoir décaler son agenda de préparatifs.

Et le journal spécialisé de se lancer dans le petit jeu des comparaisons : Yaoundé et Abidjan appartiennent certes à la zone francophone et du franc CFA, mais chaque pays dispose d’indicateurs de performance ainsi que d’un niveau d’avancement des travaux préparatifs qui augurent d’un match de compétitivité.

Mais, pendant que souffle la polémique sur le retrait de l’organisation de la CAN au Cameroun, on en a oublié, semble constater Le Messager, qu’une crise sécessionniste violente continue de se jouer dans les régions anglophones du Nord-Ouest et du Sud-Ouest.

Et de se demander ce que peut le Comité national de désarmement, de démobilisation et de réintégration (CNDDR) des ex-combattants de la secte islamiste Boko Haram et des groupes armés des régions anglophones, créé en fin de semaine dernière par le président de la République.

Pour Le Messager, cette initiative, censée s’adresser à ceux désirant de répondre favorablement à l’offre de paix en déposant les armes, signifie clairement que «Paul Biya botte en touche la négociation et risque d’ouvrir un front à la radicalisation» séparatiste.

«Paul Biya, s’il vous plait, limogez ceux qui vous conseillent sur la crise anglophone !» plaide The Guardian Post qui voit, à travers la dernière initiative, rien moins qu’une fuite en avant qui, loin de régler le problème, ne va que compliquer davantage le processus de dialogue que beaucoup appellent de tous leurs vœux.

Et d’asséner : «Il est temps de dire limoger ceux qui t’ont mal renseigné sur les causes profondes du conflit sécessionniste.»

Il s’agit d’un faux procès, répond en écho le quotidien à capitaux publics Cameroon Tribune : la mise sur pied cette instance «est saluée par l’ensemble des Camerounais comme une mesure pertinente de décrispation».

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