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«L’enseignement technique peut-il favoriser une innovation technologique au Cameroun?»

Malgré la pléthore des lycées techniques il faudrait que l’Etat implique les acteurs à plus de travail sur le terrain

Le Cameroun dispose de plusieurs Lycées techniques et Collèges d’enseignement technique qui forment les jeunes à la mécanique, l’électronique, le froid, le bâtiment, l’électricité, etc.Ils obtiennent le CAP, le Brevet de techniciens, le Baccalauréat technique et peuvent pour la plupart travailler à chaque fin de cycle. Pour l’Ingénieur Djanko «Leur potentiel demeure encore sous exploité alors que ces jeunes ont acquis des bases théorique et pratiques devant leur permettre de s’imprégner des méthodes technologiques. Malheureusement le constat fait est lamentable. Car la réalité montre que, ceux qui se sont formés dans le tas sont parfois plus aptes à vous dépanner un téléviseur, une voiture ou à vous arranger votre réfrigérateur. C’est pour cette raison que le chômage des techniciens est encore perceptible au Cameroun». M. Djanko connaît un peu cet enseignement. Ayant obtenu le CAP, le Bac technique, le DUT, avant de terminer en Ingénierie en France. Il affirme sans trop se tromper: «Si l’Allemagne est puissante c’est surtout du à sa forte masse d’artisans. Ils sont même plus nombreux que les ingénieurs. Les jeunes devraient être formés en théorie et en pratique.» Le Cameroun devrait favoriser l’apprentissage ‘école/entreprise’ en tenant compte de la réalité locale sans toute fois oublier que nous sommes dans un monde globalisé.

Malgré la pléthore des lycées techniques il faudrait que l’Etat implique les acteurs à plus de travail sur le terrain afin de se familiariser des outils technologiques. En poussant plus loin notre réflexion, nous serons à même de dire que notre retard dans la recherche et le développement serait causé par de multiples facteurs que nous devrions tenir en compte: La bonne rémunération des Enseignants, leur motivation pour relever les défis technologiques. Un constat: banal mais non négligeable est le suivant: Certains enseignants sont souvent près à sacrifier leurs heures de cours pour d’autres tâches afin de compléter leurs revenus; Un autre aléa qui serait notre système éducatif toujours non adapté à la réalité du marché locale et aux défis du monde d’aujourd’hui. Comme constat à notre postulat:

En général les techniciens en fin de cycle au Cameroun cherchent plutôt à travailler pour un employeur «patron». Très peu pensent à entreprendre. Et ceci pour plusieurs raisons dues à une formation pas assez pratique, la fiscalité et la politique d’incitation à la création d’entreprise comme accumulation des richesses. Par ailleurs nous relevons aussi que le technicien formé au système scolaire camerounais une fois à l’étranger à dans un premier temps du mal à s’adapter aux outils mais fort de sa capacité d’adaptation et de son bagage théorique il parvient à se mettre sur les rails et faire preuve d’excellence dans son domaine après. Est ce à dire que notre système est plus tourné vers l’étranger? Est-ce parce que l’Afrique consomme le plus les produits importés qu’elle cesse d’être innovante? Pourquoi très peu d’Entreprises africaines sont – elles concurrentielles dans ce monde globalisé? Est-ce qu’on peut vraiment prétendre parler de la création d’entreprise sans un minimum d’incitations (fiscalité, douane, crédit bancaire à taux raisonnable,.) et d’infrastructures (déficit d’énergie, route, accès aux NTIC, hôpitaux, .), sans toute fois oublier les ressources humaines?»

Est-ce parce que l’Afrique consomme le plus les produits importés qu’elle cesse d’être innovante ? Pourquoi très peu d’Entreprises africaines?
Pour l’Ingénieur Guy Roger Ticko formé dans les Universités allemandes «L´enseignement technique au Cameroun peut réaliser plus. Il faudrait promouvoir la créativité et la pratique. Certainement le problème se situerait au niveau du financement des investissements des équipements. Car pour une formation adéquate il faudrait joindre la théorie, la pratique et connaissance professionnelle pour faciliter la compréhension rapide des processus et leur optimisation et surtout au vue de cette nouvelle ère de globalisation, il serait aussi ingénieux de maximiser des coopérations avec des institutions étrangères, qui ont une certaine avancée sur le domaine technique. Car ne dit-on pas qu´une solution sage vient des conseils de plusieurs ainés!» Si théoriquement les Camerounais se déploient et investissent leur temps dans les mathématiques, les physiques en étant capables de vous réciter toutes les formules. Pourquoi ont-ils dans une certaine mesure du mal à exprimer leur génie comme c’est le cas en Inde?

André Ekama, le modérateur
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Lydie Seuleu, Informaticienne «Les jeunes peuvent avoir la volonté mais les contraintes familiales et la pauvreté peuvent servir de frein à leur épanouissement technologique. Pour mieux programmer par exemple il faudrait déjà que nous comprenions le langage informatique tout comme notre langue maternelle. Pour exprimer ce génie permettant de moderniser et développer nos techniques ancestrales les Etats africains doivent tout simplement les valoriser.»

Est-ce un Challenge donc pour les jeunes qui veulent se lancer en technologie?
C’est un défi que s’est donné la «Jeunesse Active en Technologie du Cameroun,» c ette Association créée et enregistrée au Cameroun s’est fixé comme but d’encourager les jeunes dans la création des valeurs et leur participation au développement durable – uvrer à doter les jeunes de compétences techniques dans différents domaines. Ses objectifs sont clairement définis: Asseoir une formation morale, intellectuelle et technologique aux jeunes; Inciter au savoir-faire et à l’esprit de créativité par l’orientation des mécanismes appropriés de transfert des connaissances; Recycler les jeunes dans des domaines artisanaux et de technologie de pointe; Toute personne morale ou physique peut adhérer à la J.A.T.C. l’essentiel est de respecter les buts et objectif de la J.A.T.C et de pouvoir l’accompagner dans le cadre de ses missions d’asseoir des bases technologiques et de développement durable. Toute personne désireuse d’apprendre les nouvelles techniques alliant écologie et économie et d’ uvre pour une équité sociale.

Nous vous interpellons tous de soutenir massivement la JATC pour lui donner un rayonnement et une empreinte. Nous vous remercions pour votre fidélité dans Culture du débat dans Camer.be et concluons en ces termes de l’Ingénieur Gamom «l’éducation est la base de la liberté et la liberté la base du développement. Tout développement commence par le développement humain, et sans celui-ci il n’y aurait point de développement.»

Lydie Seuleu, intervenante
A SAVOIR

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