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Lenteurs au port de Douala: Minette Libom Li Likeng sermonne

La directrice des douanes a eu des séances de travail avec l’Union des consignataires et armateurs du Cameroun et le Groupement professionnel des acconiers du Cameroun

Validation du manifeste
Avec l’Ucam, Minette Libom Li Likeng a surtout parlé du problème de validation du manifeste. Car, jusqu’ici, plusieurs armateurs et consignataires pèchent encore à ce niveau. «Si on ne valide pas le manifeste à temps, on ne peut pas engager les procédures », regrette Libom Li Likeng. « Le délai moyen de passage des marchandises au port de Douala est actuellement de 19,5 jours à l’import. Or, sur ces 19,5 jours, 11,5 jours sont consommés avant qu’on ne déclare la marchandise à la douane », relève la directrice générale des douanes (Dgd). La rencontre de jeudi 23 août 2012 a permis aux deux parties de prendre des engagements dans le sens de l’élimination de foyers de blocage qui subsistent. Plusieurs points ont été examinés avec le Gpac, sans malheureusement énumérer les principaux goulots d’étranglement. « On a identifié les endroits où il y a les pertes de délais, où il y a les lenteurs. Ils sont nombreux et je ne peux les énumérer », justifie Jean Claude Genoni, président à la fois du Gpac et de l’Ucam. L’acconier est un acteur incontournable dans la chaîne de dédouanement. C’est lui qui décharge le navire, convoie la marchandise dans les magasins du port. « Dans les magasins, il attend que le transitaire achève les formalités d’enlèvement de la marchandise », souligne Jean Claude Genoni, par ailleurs directeur général d’Eolis Cameroun et du Terminal mixte fruitier de Douala (Tmfd). Le Gpac a aussi pris une batterie d’engagements, toujours dans le sens de la facilitation. D’après Minette Libom Li Likeng, les consignataires et armateurs et les acconiers se partagent la responsabilité du rallongement des délais. C’est pour cette raison qu’elle a improvisé cette descente à la fois pour les sermonner et obtenir des engagements dans le sens de la facilitation. «Nous avons examiné les différents arrêts, pour savoir exactement qui fait quoi », situe la Dgd. « Si tous ces engagements sont respectés, d’ici la fin d’année, on va réduire considérablement les délais au port de Douala, même si on n’atteint pas l’objectif de 7 jours fixés à l’import », présage Minette Libom Li Likeng, déterminée à gagner le pari de la réduction des délais de passage des marchandises au port de Douala.

Banque mondiale
On se souvient le 28 juin 2011, la Dgd a divulgué les conclusions d’une étude calibrée sur la période comprise entre janvier 2007 et mars 2011 et intitulée «La problématique des délais de passage des marchandises au port de Douala ». Cette étude a révélé que ce sont les importateurs qui sont les premiers responsables du rallongement des délais, prenant à eux seuls 13,6 jours sur les 20,5 qu’il faut pour enlever une marchandise, soit 70% du délai global. Après les importateurs, la douane interpelle cette fois-ci les armateurs, consignataires et acconiers. Toujours dans le cadre de la problématique des délais de passage, le port de Douala est présenté dans le dernier numéro des Cahiers économiques du bureau local de la Banque mondiale comme l’un des derniers d’Afrique. L’étude titrée «S’ouvrir sur le monde – spécial facilitation au Commerce » informe qu’au Cameroun, il faut remplir 12 documents pour importer un produit et 11 pour en exporter un, alors qu’en moyenne ce nombre oscille entre 6 et 8 dans un échantillon d’économies émergentes et d’autres pays africains qui aspirent à ce statut. La Banque mondiale cite ainsi le Sénégal, le Ghana, ou le petit Mozambique. À quelques exceptions près, le délai d’importation est plus important que dans les pays faisant partie de l’échantillon (23 jours au Cameroun contre une moyenne de 16 jours dans les autres pays de l’échantillon). « Importer un produit au Cameroun coûte trois fois plus qu’en Malaisie, au Vietnam ou en Thaïlande », fait observer la Banque mondiale. Le délai de passage des conteneurs reste préoccupant au port de Douala d’après la Banque mondiale. « Les données dont on dispose sur le corridor Douala – N’Djamena indiquent que plus de la moitié du délai de livraison enregistré entre l’arrivée des marchandises au port et leur arrivée à leur destination finale est imputable aux retards accumulés au port », peut-on lire dans ce document. Des statistiques récentes sur les terminaux de conteneurs indiquent une durée moyenne de passage à Douala de 18,6 jours en 2010, contre 4 jours à Durban (Afrique du Sud), 11 jours à Mombasa (Kenya) et 14 jours à Dar es Salam (Tanzanie), et de 3 à 4 jours dans la plupart des ports internationaux. Les résultats de l’audit publiés il y a quelques semaines par le comité en charge de facilitation du trafic maritime (Comité Fal) restent dans le même élan.

Pour la directrice des douanes, le port de Douala peut faire mieux en terme de délais
camereco.com)/n

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