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« L’épreuve par neuf », le livre qui raconte l’histoire des disparus de Bépanda à Douala

Extraits de texte du livre qui sera dédicacé le 25 novembre prochain à Paris

– On devrait se méfier. Cette histoire est en train de nous faire une très mauvaise publicité.
– Comment cela ? s’enquit le général en ouvrant de grands yeux ronds.
– Cette histoire vous le savez sans doute, fait depuis hier, la une de toute la presse privée. Tous les journaux ont fait jusqu’à ce matin encore, des dossiers spéciaux sur l’arrestation sans sommation de neuf jeunes au quartier Pandja, par les éléments du C.O.P.
– Bah, je sais ! Ils peuvent gribouiller tout ce qu’ils veulent ces gratte-papiers et ces opposants d’opérette. Tout ce qui compte pour moi c’est que nous récupérions la bonbonne, un point c’est tout !
Le colonel, bassiné par un pareil tissu d’incohérences arbora une mine outrée. Il s’essuya le visage humidifié par la sueur en monologuant intérieurement, se répétant que tout ceci ne serait pas arrivé si le général n’avait pas eu la mauvaise idée d’aller se balader dans un quartier populaire à une heure tardive avec une bonbonne si précieuse et ceci, pour se rendre chez une vulgaire wolowoss15 sans la moindre importance. Le général, devinant sans doute ses pensées, lança avec un sourire chevalin :
– Ecoutez mon colonel, tout ceci sera bientôt terminé et nous trinquerons enfin tranquilles.
Le colonel s’adossa lourdement. Apparemment ne croyait-il pas à l’achèvement sous d’heureux auspices de cette histoire, surtout avec ces jeunes qui ne semblaient pas vouloir délier leurs langues. S’il avait été à leur place, peut-être aurait-il fait pareil…


– Que nous proposez-vous donc mon général ? interrogea le colonel Babalé en se tournant vers ce dernier.
Le général Bayémi se redressa et caressa lentement son menton. Il ôta le képi frappé de trois étoiles dorées et le déposa sur la table. Il avala une gorgée de salive et ouvrit enfin la bouche.
– Je propose que nous passions à L’Exutoire Extrême.
La salle fut frappée d’un calme inquiétant. La pendule murale continuait de bruiter par intervalles au rythme des aiguilles comme des gongs insolites dans le silence nocturne. Le colonel Babalé avait ouvert de grands yeux. Le capitaine Ngazang lui, gardait toujours ce calme surprenant. Il connaissait très bien les méthodes du général et en était partisan. Le commissaire se redressa brusquement, provoquant un balancement des soutaches cernant les six étoiles autour des gallons. Le gouverneur s’agita et détacha un bouton de sa veste comme pour la desserrer de l’étreinte du tissu d’alpaga sur son ventre qui saillait à la rencontre du rebord de la table. Il n’avait absolument aucune idée du jargon et des expressions propres à la nomenclature militaire mais, il avait deviné la pensée du général.
– Mais. mon. mon général, plaida le colonel, nous ne pouvons nous arroger ce droit !
– Puisque la situation nous l’impose comme seule solution pour pallier notre échec, rétorqua ce dernier.
– Le décret du chef de l’Etat nous donne-t-il le droit d’exécuter ? s’indigna le commissaire Milongo qui n’avait soufflé mot jusque là.
– Non. Mais, nous sommes contraints de passer outre ce décret et ses prérogatives, puisque de toute façon, le fric est

Première de couverture du livre « l’épreuve par neuf »
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