Culture › Musique

Les artistes de la Menoua célèbrent le dixième anniversaire de leur association

Nwen Bo'o alias, Patcool 1er, découvert lors du dixième anniversaire du CERRAM © Journalducameroun.com

La commĂ©moration a commencĂ© par des sĂ©ries de concerts gratuits dans les diffĂ©rents arrondissements de la Menoua et s’achèvera par un gala en janvier 2017 Ă  Dschang

Le Cercle des Artistes Musiciens du dĂ©partement de la Menoua (CERAMM) cĂ©lèbre son dixième anniversaire. Le thème retenu pour l’occasion est : «Musique, culture et paix au Cameroun». Les festivitĂ©s marquant cet Ă©vĂ©nement ont dĂ©marrĂ© le 27 octobre 2016 et vont s’achever au cours du mois de janvier 2017 par un gala. Depuis le dĂ©but, ce sont en tout 06 concerts en plein air et ouverts gratuitement au public qui ont Ă©tĂ© organisĂ©s dans les arrondissements qui composent le dĂ©partement de la Menoua. A chaque escale, le public a eu droit Ă  03 heures de show en live et en play back. Une première dans cet espace gĂ©ographique dont la particularitĂ© musicale est le «club dance», un rythme hĂ©ritĂ© du passage des Allemands Ă  Dschang.

La caravane des concerts gratuits des artistes-musiciens du CERAMM a dĂ©marrĂ© le 27 octobre 2016 Ă  Baleveng, dans l’arrondissement de Nkong-Ni. Elle a poursuivi par l’escale de Fongo-Tongo le 05 novembre. Le 13 novembre, Bafou, un autre groupement de l’arrondissement de Nkong-Ni, a eu droit Ă  sa part de spectacle. Ici, le concert a eu lieu Ă  l’esplanade de la chefferie supĂ©rieure. Pour la circonstance, le prĂ©sident du CERAMM, Bernard Ngankeng dont le nom d’artiste est Pepsy BB, a dĂ©placĂ© Innocent Ngounou, batteur dans l’orchestre de la garde prĂ©sidentielle du Cameroun. Sa MajestĂ© Victor Kana III, Roi des Bafou, a personnellement assistĂ© Ă  ce concert donnĂ© par des artistes au sein desquels on retrouve en majoritĂ© ses sujets. Puis, le 26 novembre, la caravane musicale a mis le cap sur Santchou. Le 01er dĂ©cembre, FokouĂ© a jouĂ© sa partition. Penka-Michel a pris le relais le 11 dĂ©cembre. Et, Dschang, capitale dĂ©partementale, a accueilli le dernier concert le 22 dĂ©cembre 2016.

L’Ă©tape de Dschang

Le spectacle musical des artistes-musiciens du CERAMM Ă  Dschang a eu lieu Ă  la place des fĂŞtes de la ville. Ouvert dès 18 heures, il s’est achevĂ© Ă  02 heures dans la matinĂ©e du 23 dĂ©cembre. Une vingtaine d’artistes originaires de la Menoua, membres de cette association et opĂ©rant dans une dizaine de rythmes diffĂ©rents, ont prestĂ© sur la scène. L’on retiendra le passage de Zoleko Bavoua, l’ancien bassiste des Rocafil Jazz, le groupe de Prince Nico Mbarga, le cĂ©lèbre artiste camerouno-nigĂ©rian dĂ©cĂ©dĂ© en 1997. Entre anciennes chansons du groupe, rock and roll, mixage entre club dance et rock and roll, cet originaire de Bafou a baladĂ© le public avec sa guitare et sa capacitĂ© Ă  manier le pidjin nigĂ©rian qu’il a appris aux cĂ´tĂ©s de Nico Mbarga, le français et le yemba, sa langue maternelle. Il a jouĂ© Ă  la guitare avec les doigts, les dents, la bouteille et mĂŞme les fesses. La communion avec ceux qui ont effectuĂ© le dĂ©placement a durĂ© 25 minutes, soit le plus long passage. Avant de descendre de la sciène, Zoleko Bavoua, qui preste dans les cabarets Ă  Douala depuis la mort du chef des Rocafill Jazz, a conseillĂ© aux jeunes artistes d’apprendre un instrument avant de chanter.

A Dschang, Mister Lino, un autre guitariste qui compte une centaine de titres Ă  son actif, a aussi retenu l’attention du public avec son passage. Cet ancien technicien d’audiovisuel en Allemagne fait de la soul et du slow en langue yemba, l’idiome parlĂ© Ă  Dschang. Dr Nico, l’un des meilleurs ambassadeurs du «club dance», le rythme dominant dans la Menoua, est restĂ© dans ce registre. C’est sous cette couleur qu’il a Ă©tĂ© retenu pour participer au show culturel camerounais qui aura lieu au Gabon, en marge de la coupe d’Afrique des Nations de football 2017. Chez les plus jeunes, les mĂ©lomanes ont dĂ©couvert Shimita de Johannesburg, un artiste qui opère dans le Samali, mais aussi dans un nouveau rythme qui mixe les sonoritĂ©s de l’Ouest du Cameroun et celles du peuple Zoulu d’Afrique du Sud. Guy Tsopmo, du fait d’une enfance passĂ©e dans le sud-ouest et bercĂ©e par les chansons de Bob Marley, Alpha Blondy et Lucky Dube, a prĂ©sentĂ© son cĂ´tĂ© de reggaeman, avec un titre qui appelle l’Afrique Ă  s’unir. Cabo, l’inventeur de l’hymne de l’Aigle Royal de la Menoua, un club de football de Ligue I au Cameroun, a prestĂ© dans le mĂŞme registre. Le groupe «3 for Life» s’est prĂ©sentĂ© avec un rythme qui dresse un pont entre la Menoua, le Congo et la CĂ´te d’Ivoire.

Nwen Bo’o dont le nom d’artiste est «Patcool 1er» est la grande rĂ©vĂ©lation de cette caravane musicale dans le dĂ©partement de la Menoua. Ce Mbo a Ă©tĂ© dĂ©couvert Ă  l’occasion de l’escale de Santchou dont il est originaire et rĂ©sident. Il chante dans les rythmes traditionnels du peuple Mbo, mais aussi en Français dans d’autres rĂ©gistres musicaux. Il rejoint le CERAMM dans un contexte oĂą les Mbo de Santchou, Ă  travers les prises de parole de leurs leaders, ont toujours demandĂ© un rattachement au dĂ©partement du Moungo oĂą se trouve la grande partie de ce peuple. «Je suis un mbo, oui, mais je suis dans le dĂ©partement de la Menoua. Nous avons nos frères dans le Moungo, mais cela ne devrait pas ĂŞtre un problème. J’ai une grande considĂ©ration pour le CERAMM. Et, en tant qu’un des leaders, je vais tout faire pour rĂ©unir mes frères mbos pour les persuader de rejoindre le CERAMM afin que nous puissions ensemble faire avancer cette organisation, le dĂ©partement de la Menoua et la rĂ©gion de l’Ouest et faire avancer le Cameroun. C’est en les faisant avancer que nous pouvons grandir», a-t-il affirmĂ© au microphone de notre confrère Roger Momokana, du site sinotables.com.


Pepsy BB, prĂ©sident du CERAMM, Ă  l’Ă©tape de Baleveng le 27 octobre 2016 ©Journalducameroun.com

L’apothĂ©ose en janvier 2017

Les festivitĂ©s marquant le dixième anniversaire du CERAMM prendront fin au cours du mois de janvier 2017 par un gala qui va rĂ©unir tous les artistes de la Menoua et les donateurs qui maintiennent en vie cette organisation. A l’issue de la première partie de la commĂ©moration, le prĂ©sident de l’association, Bernard Ngankeng, dit avoir des raisons d’ĂŞtre satisfait, mais aussi Ă©nonce quelques regrets. Au tableau positif, il se rĂ©jouit de la dotation du ministère des Arts et de la Culture. Le MINAC a en effet appuyĂ© l’Ă©vĂ©nement Ă  hauteur de 700 000 F CFA. Le leader de ce regroupement se fĂ©clicite d’avoir pu mobiliser autant d’artistes et organiser pour la première fois une caravane musicale qui a pu sillonner tout le dĂ©partement et fĂ©dĂ©rer toutes ses composantes culturelles : Ngemba, Yemba, Mbo, Nguiembon. Il affirme Ă  chaque fois avoir transmis un message de paix et sublimĂ© le vivre-ensemble, en rapport avec le thème de la cĂ©lĂ©bration. Il rappelle que ce dixième anniversaire a permis de rendre hommage Ă  des membres fondateurs de cette association crĂ©Ă©e en 2006, lesquels sont dĂ©cĂ©dĂ©s entre temps. Il s’agit du journaliste Simon Djouatsa et des artistes Brio Kan’s, Santana Show International et Jeannot Tsaf.

Au chapitre des points de non satisfaction, Bernard Ngankeng se plaint de ce que les maires des communes du dĂ©partement de la Menoua et les autres Ă©lites ne se soient pas sentis concernĂ©s par la caravane musicale du CERAMM. Seul Etienne Sonkin, sĂ©nateur SDF de la RĂ©gion de l’Ouest et ancien maire de la commune de Dschang, a assistĂ© au concert de Dschang. Il a par ailleurs offert, en guise de cadeau aux artistes, la somme de 100 mille Francs CFA. Pour promouvoir le patrimoine culturel de la Menoua, le CERAMM travaille en ce moment sur un projet d’un festival communautaire dĂ©partemental et qui sera portĂ© par tous les chefs de groupements et les Ă©lites de la Menoua. C’est ce qu’a affirmĂ© son prĂ©sident. Lui qui remercie la mairie de Nantes, en France, pour la subvention d’un montant de 600 000 F CFA accordĂ©e Ă  l’association via son partenaire qu’est la commune de Dschang. «L’argent servira Ă  financer en partie la formation des jeunes artistes musiciens Ă  l’utilisation de la langue Yemba dans la production des uvres de l’esprit, Ă  leur imprĂ©gnation aux nouvelles technologies de l’information et de la communication, ainsi qu’Ă  leur initiation Ă  l’usage des logiciels modernes de programmation de musique», a-t-il conclu.

 

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