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Les aventures de Faka Bilumba N°12, la chronique de François Zo’omevele Effa

« Il ne pouvait plus se draper dans son boubou et se promener tête haute, notre cher Mamadou, devenu grand »

Il ne pouvait plus se draper dans son boubou et se promener tête haute, notre cher Mamadou, devenu grand. On le lui avait dit et répété, et il a même chanté pour la liberté qu’il croyait avoir enfin acquise, il a chanté sa transformation, son évolution, comme disaient ses bourreaux : « Autrefois, je vécus dans la barbarie et, comme un soleil, je commence à paraître, car peu à peu je sors de ma sauvagerie. » De cette chanson, il en a fait son hymne ! « Mamadou a perdu la raison », pensent certains, car on le voit se promener dans son plus simple appareil, chantant à tue-tête toutes ces chansons d’espoirs qui faisaient ses rêves. Aussi m’a-t-on appelé, moi, Faka Bilumba, afin que, grâce à mes facultés d’omniprésence dans l’intemporalité, on puisse avoir quelques explications à ce mal de Mamadou qui, très vite, devient épidémique. Il faut faire quelque chose car la contamination se fait à vitesse grand V.

Il ne pouvait plus se draper dans son boubou et se promener tête haute, notre cher Mamadou, devenu grand. On le lui avait dit et répété, et il a même chanté pour la liberté qu’il croyait avoir enfin acquise, il a chanté sa transformation, son évolution, comme disaient ses bourreaux : « Autrefois, je vécus dans la barbarie et, comme un soleil, je commence à paraître, car peu à peu je sors de ma sauvagerie. » De cette chanson, il en a fait son hymne ! « Mamadou a perdu la raison », pensent certains, car on le voit se promener dans son plus simple appareil, chantant à tue-tête toutes ces chansons d’espoirs qui faisaient ses rêves. Aussi m’a-t-on appelé, moi, Faka Bilumba, afin que, grâce à mes facultés d’omniprésence dans l’intemporalité, on puisse avoir quelques explications à ce mal de Mamadou qui, très vite, devient épidémique. Il faut faire quelque chose car la contamination se fait à vitesse grand V.

J’ai donc rencontré ce « grand Mamadou » qui, lorsqu’on l’écoutait, semblait tenir des propos incohérents ; cependant il m’a complètement bluffé, voire fasciné, ce garçon est un écorché vif qui, dans sa poésie, raconte tous les espoirs dans lesquels ils vivaient les indépendances, dont on fête le cinquantenaire. Je vous propose de l’écouter dans ses nostalgiques poésies d’espoir qui font désormais son désespoir :

« O toi, ma patrie chérie,
Pays de monts, de l’herbe fleurie,
Tu renais, tu revis à l’instant,
O mon pays que j’aime tant,
O beau pays que j’aime tant.
A toi sans cesse, belle patrie,
Je vais donner mes forces, ma vie,
Secourir, sans faiblir, oui, secourir sans faiblir,
Dans le danger au jour menaçant,
Toi, beau pays que j’aime tant… »

Et Mamadou se mit à pleurer, ne pouvant plus continuer de chanter cette poésie qui jadis fut son leitmotiv. Alors Ahidjo s’approche de lui et lui demande de mettre quelques habits car sa nudité le choque.

– « Et pourquoi m’habillerais-je de vos costumes de soumission et de trahison ? C’est toi et tes confrères d’hier et d’aujourd’hui qui nous mettent réellement dans cet état, nous sommes pauvres et nus parce que vous nous avez volés, et que vous continuez à le faire. Si je m’habille comme tu le veux, et que je continue de parler comme je le fais, ton fils spirituel, Paulo la Rigueur, va me faire jeter en prison ! »

– « Mais c’est quoi, cette histoire à laquelle vous voulez me mêler ? Je prône la rigueur, car dans la perspective des grandes ambitions dans laquelle je place mes concitoyens, nous sommes entrés dans l’ère de la restitution ! Vous avez fait que je dévoile avant le temps les promesses de ma future campagne électorale ! Oui, ma future campagne, car, cette fois, je ne vous ferai plus le coup du ressuscité de ma mort que j’aurais, selon les mauvaises langues, organisée. La restitution des biens volés à la population sera le thème de cette campagne ! Il y a tellement de gens qui, par leurs motions, me supplient de me représenter comme candidat à ma propre succession, qu’ils oublient dans leurs excès de zèle que je viens, il n’y a pas si longtemps, de donner un coup de griffe légal à la constitution, ce qui me permet de me présenter à nouveau… »

– « Je vous dis, Monsieur le Président que ma nudité dérange, que :
« Nous avons fait sonner des fanfares triomphales,
Nous avons fait tonner les canons,
Fait battre tams-tams et tambours.
Et même les cloches des cathédrales
Se sont ébranlées !
C’était un grand jour car, ce jour-là,
Nous eûmes une patrie,
Une patrie tout entière.
Nous l’appelions terre chérie, chère chérie,
Et notre bannière,
Celle de l’union de ses enfants,
Proclamait à sa manière
La Paix, et le Travail, pour la Patrie. »

– « C’est moi, Martin Paul Samba. Enfant, tu as raison dans ta nudité. Ne te rhabille pas, car tu es le symbole de ce continent qui va à vau-l’eau. J’ai entendu quelqu’un parler de restitution ! La belle blague ! C’est peut-être l’occasion de restituer aux cultivateurs de cacao et de café tous les milliards que l’Etat leur a honteusement volé pendant des années, avec la fameuse caisse de stabilisation des prix. Il semble que ces milliards, qui étaient l’argent des producteurs de cacao et de café, aient servi entre autres à acheter ou organiser la Cameroon Ailines. Quand on pense que presqu’aucun de ses cultivateurs ne savait que ces beaux avions dans lesquels ils n’étaient jamais montés étaient leur propriété ! »

– « Vous avez fini de négativer ! Allons ! Je parle surtout de restitution de la valeur de nos richesses bradées à vil prix par le biais du franc C.F.A.. Je vais dresser une facture pour le juste prix de cinquante ans de matières premières sous-payées. J’envoie l’affaire au F.M.I. et, puisque ces grandes puissances, surtout la France, seront à genoux à cause de cette dette, nous allons négocier une nouvelle ère relationnelle. »

C’est alors que moi, Faka Bilumba, j’ai demandé à Sigmund Freud de sortir le Président Paulo de la Rigueur de son état hypnotique. C’est vrai, ça commence à bien faire cette psychanalyse qui devient le charlatanisme intellectuel des marabouts occidentaux en col blanc : faire coucher quelqu’un sur un divan pour des séances d’analyse chères, pas remboursées par la sécu, et pour une durée indéterminée… surtout quand c’est un Chef d’Etat bananier !!!

François Zo’omevele Effa
Journalducameroun.com)/n
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