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Les aventures de Faka Bilumba N°25, la chronique de François Zo’omevele Effa

« Une réunion extraordinaire des chefs d’états africains a été urgemment et secrètement tenue dans un lieu que je ne peux vous révéler »

Une réunion extraordinaire des chefs d’états africains a été urgemment et secrètement tenue dans un lieu que je ne peux vous révéler. Secoués par les lâchetés, l’amorphie et le « béni-oui-ouisme » de certains dirigeants actuels, pour ne pas dire une grande majorité, les Anciens, les Ancêtres et bien d’autres ont invité à une réflexion urgente. Des représentants des empires et royaumes africains comme le Ghana, le Mali, le Congo, le Bénin, l’Empire Zoulou, l’Empire Bantou, l’Egypte pharaonique, … tous étaient là.

Et moi aussi, j’étais là pour vous, chers lecteurs, afin de vous révéler la teneur de cette extraordinaire réunion.

« Je suis Chaka Zoulou, et je n’ai point besoin de me présenter ou de rappeler mes faits d’armes. Que ne me suis-je tant sacrifié pour la Dignité de notre Continent et de notre peuple, pour vous voir ramper, aujourd’hui, comme des vers de terre devant votre terrifiant Sarko. Toutes les nations européennes donnent de la voix pour dénoncer l’expulsion des Roms, l’Amérique d’Obama aussi ! N’est-ce pas une occasion pour sortir de votre torpeur, et dénoncer non seulement ces expulsions honteuses mais aussi celles que subissent tous les jours les Africains depuis les fameux charters de Pasqua ! »

« Et moi, Cheik Anta Diop, je me demande ce que vous faites, dirigeants actuels, de notre noble héritage culturel, économique et social ! C’est vrai que beaucoup d’entre vous ne sont pas très portés sur la chose culturelle ; il suffit de vous demander la date de votre dernière lecture d’un roman africain ou de citer chacun au moins dix écrivains africains ! Vous voyez, personne ne relève le défi. Et toi, Senghor, toi qui de ton temps, de ton vivant, allait jouer au « bon nègre » et à l’oncle Tom dans l’Académie Française, tu pourrais conseiller à ton poulain Abdou Diouf dans sa présidence de la Francophonie, de donner intelligemment de la voix ! »

« Un peu de calme ! Je voudrais, moi le Moro Naba, dire qu’il ne sert à rien de jeter la pierre, de condamner quand on n’est plus aux affaires ! Cependant, du temps de nos empires, on nous a reproché certaines choses, notamment des complicités dans la traite négrière ; certains collègues auraient été complices des Blancs pour traquer nos frères avec des armes qu’on leur fournissait en même temps que de la pacotille et des alcools européens. C’est que ces Blancs nous avaient vaincus et corrompus -quelques uns d’entre nous. C’est la même chose qui arrive aujourd’hui, car il y a des pactes de trahison, de soumission, bref, c’est de l’esclavage moderne. »

« Tu as raison, Ancien, car on maquille tout cela par des mots « civilisés » : coopération, conventions, échanges et accords bilatéraux, mondialisation, et que sais-je encore ? L’échelle des valeurs morales et sociales en a pris un coup. Il existe de nouveaux concepts comme la prostitution, le mariage homosexuel, mais, que dis-je, il y a de nouvelles sociétés secrètes comme les Francs-Maçons à l’africaine, ou encore les Rosicruciens à l’africaine. A l’africaine, parce qu’il y a un étrange mélange de sorcellerie, d’obscurantisme, qu’on ne voit nulle part ailleurs. Dis-moi, toi Bongo qui es assis là, s’il est vrai que de ton vivant, avant de nommer quelqu’un dans ton gouvernement, il fallait procéder à un étrange cérémonial : le futur ministre venait te laver les pieds dans une bassine d’eau et devait boire ensuite cette eau en te jurant fidélité, presque un pacte à la vie à la mort ? Il semble aussi que les pratiques homosexuelles soient devenues dans quelques uns de vos gouvernements la règle absolue avant de nommer ou d’adouber qui que ce soit. On dit même… »

« Ca suffit comme ça ! Nous sommes fatigués de ces pratiques honteuses qui n’élèvent pas notre continent. Toi-même, Thomas Sankara, qui parle et dénonce tout ça, est-ce parce que tu as redonné à ton pays son nom authentique d’antan : « Pays des Hommes Intègres », que tu te crois au-dessus de tous ? Mais, c’est bien que tu aies mis le doigt dans la plaie, cette plaie pue, et cette puanteur nous gène ! Je croyais qu’en évoquant le nouvel esclavage tout à l’heure, quelqu’un allait mettre sur la sellette les lois sur l’émigration de notre prince Sarko, lois qu’il avait déjà mijotées quand il était ministre de l’Intérieur. Pour n’en citer qu’une, à titre d’exemple, citons celle qui oblige le conjoint ou la conjointe étrangers d’un Français à être son esclave manuel, sexuel et parfois spirituel pendant trois ans, les trois ans durant lesquels il ne faut pas rompre la vie commune, sous peine de rupture du contrat d’intégration qu’on a signé à la préfecture afin d’obtenir un titre de séjour. Voilà que beaucoup d’Africaines surtout, venues chercher l’Eldorado chez leur « vieux Blanc », sont de plus en plus traitées comme de vraies esclaves. Battues, injuriées, bafouées dans leur amour propre, elles sont renvoyées dans leur pays d’origine par une O. Q. T. F. (Obligation de Quitter le Territoire Français) que leur signifie la préfecture après le refus de délivrance d’un titre de séjour. »

Et moi je vous dis, s’il vous plaît, excusez-moi, Néphertiti, de vous interrompre, regardez vos écrans de télévision, votre cher Sarko a la parole. Vous voyez bien que ça chauffe ! Il semble qu’il a failli se bagarrer tout à l’heure contre le président de l’Union Européenne ! C’est grave, car s’il continue comme ça, il risque de déclencher une guerre contre ces Européens qui injurient selon lui son pays ; il est vraiment outré, et moi, je vous demande si ce n’est pas le retour du boomerang ; c’est drôle de le voir fâché ainsi, ça doit lui faire un drôle d’effet de savoir ce que ressentent tous ces Africains qu’il a injuriés dans son discours de Dakar, sans oublier les « Casse-toi, pauvre con ! ». Je suis certain, moi, Faka, que vous, chers lecteurs, aurez eu des échos autour de vous de cet incident ; aussi attendons-nous vos commentaires. A la semaine prochaine !


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