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Les aventures de Faka Bilumba N°27, la chronique de François Zo’omevele Effa

« On nous a dit que l’esclavage, c’était du passé et même dépassé. D’ici delà, sont commémorés des abolitions, et patati et patata… »

On nous a dit que l’esclavage, c’était du passé et même dépassé. D’ici delà, sont commémorés des abolitions, et patati et patata. Il y a ce que l’on nomme « Droits de l’Homme » qui prônent que nous tous, les êtres humains, « naissons libres et égaux en dignité et en droit ; nous sommes doués de raison et de conscience, et que nous devons agir les uns pour les autres dans un esprit de fraternité »

L’article 3 dit que tout individu a droit à la vie, à la liberté et à la sureté de sa personne, et le suivant parle de l’interdiction de l’esclavage, sous toutes ses formes. Il semble que cela se passait le 10 décembre 1948, quand, à Paris, au Palais de Chaillot, 58 États signaient et proclamaient cette résolution. Je n’ai pas envie de jouer au pédant, au juriste ni au savant, mais c’est à force de voir bafouer allégrement ces « Droits de l’Homme Blanc », droits des puissantes Nations, et droits des Dictateurs impunis que moi, FAKA BILUMBA, suis allé à la rencontre de certains bafoueurs fieffés. J’ai rencontré Ahmadou AHIDDJO, premier président du Cameroun ; il faut briffer ceux qui ne me connaissent pas encore ; j’ai cette faculté de pouvoir rencontrer les vivants, les ayant -vécu, et ceux en devenir. J’ai alors demandé à ce « Père de la Nation » si, en instituant un visa de sortie au Cameroun, il savait que l’article 13 stipulait que « Toute personne a le droit de quitter un pays, y compris le sien, et d’y revenir » ? C’est vrai, Faka, j’avais aussi instauré un système de laisser-passer, permettant de circuler à l’intérieur du pays, et je contrôlais avec mon FOCHIV toute sortie des citoyens en instaurant des visas de sortie du territoire. C’est AUDJOULAT et les autres FOCARD qui me l’ont conseillé »

– «Tu arrêtes de m’embêter avec tes questions, ou alors je te traiterai aussi de Pauvre Con ! C’est moi Sarko que tu vises tout le temps ; tu prétends que, comme Napoléon mon mentor, j’ai rétabli l’esclavage moderne. Il est vrai que je ne suis pas tendre avec les Africains. Endurcissant les lois sur le séjour des étrangers (Ceseda), j’ai fait des Africaines qui viennent chercher leur « Vieux Blanc » des esclaves ; pendant trois ans, elles doivent leur obéir au doigt et à l’oeil à ces Maîtres Blancs, leurs maîtres de maris car, en cas de rupture de la vie conjugale, nous les renvoyons chez elles, illico presto. Ce joug était d’un an, je l’ai porté à trois ans. Mais, je te ferai remarquer que certaines Africaines aussi, celles qui ont la nationalité française, profitent de ma loi pour traiter de la même manière leur mari blédard, sans oublier tous les mariages business ! Je sais que tu vas me parler de l’article 15, qui dit que « tout individu a droit à une nationalité, et que nul ne peut être arbitrairement privé de sa nationalité ni du droit de la changer. »

Tu sais, Sarko, depuis le temps que tu t’empêtres dans tes contradictions, plus rien ne nous étonne. Tu as fait de ton pays, dans lequel a été signé ce magnifique manifeste une honte. Ton pays est devenu la risée de tous, et voilà même le Conseil de l’Europe qui te porte plainte. Si tu continues comme ça, tu risques de finir au Tribunal International des Dictateurs. Tu seras le premier chef d’état du G8 à y aller. Et encore, me diras-tu, certains comme les BUSH devraient y être traduits depuis longtemps.

– « C’est quoi encore ça, Faka Bilumba ? Tu avais promis la semaine dernière de nous donner la parole, nous, pirates somaliens et preneurs du Golfe de Guinée ; alors nous la prenons pour mettre certaines choses au point. On nous présente toujours comme des moins que rien, nous ne sommes pas plus malfaiteurs que ces bateaux riches et leurs armateurs qui viennent nous narguer dans notre misère de pauvres pêcheurs.
C’est un peu David contre Goliath. Nos petites pirogues de pêche contre ces grands bateaux ! Ah ah ! Qui crois-tu qui nous a enseigné cette piraterie ? Ce sont les Blancs ; nous sommes de bons élèves. Et, comme c’est le seul moyen pour nous de nous en sortir, on va faire comment ? »

– « Oui, ça va, ça va, Monsieur le Pirate, tu ne veux tout de même pas qu’on vous donne des médailles ? C’est déjà la guerre avec tous ces bâtiments de la marine américaine, française, espagnole et japonaise. N’oublions pas que la France a ses soldats sur le qui-vive dans toutes ses anciennes colonies. C’est vraiment une guerre qui ne dit pas son nom afin de sauvegarder des matières premières. Moi qui parle, je m’appelle REDA B., et je suis journaliste pour Mécanopolis. J’ai publié cette semaine l’information selon laquelle l’enlèvement des sept salariés d’Areva et de Vinci serait une man uvre tactique de l’armée française destinée à conserver la main mise de la France sur les mines d’uranium du Niger. »

– « Tu crois que moi, KHADAFI, je n’ai pas vu la magouille ? Et on fait porter le chapeau à une certaine branche de Al Quaida. C’est vieux comme le monde, de vrais faux otages, et le président du Niger qui ne veut pas suivre comme l’ancien le diktat colonial, sera obligé par cette man uvre d’accepter l’armée française, ce qui va barrer la route aux Chinois. Il faut que je mette ces amateurs de preneurs d’otages au parfum, comme ça, c’est Sarko lui-même qui viendra délivrer ces otages, tous les otages, et il aime ça. Souvenez-vous, mes infirmières bulgares, l’Arche de Zoé… »

– « Je dirai en effet pour conclure, moi, Sarko, oui, nous avons peur. Car nous pouvons, nous les pays riches d’aujourd’hui, basculer dans la misère, la pauvreté et le dénuement le plus total d’un instant à l’autre. En France, nous n’avons aucune énergie qui nous soit propre : le pétrole, le gaz naturel, l’électricité, l’uranium, et même notre puissance nucléaire, tout ça repose en grande partie sur l’Afrique. Alors, dites-moi, si je ne continue pas à les maintenir en esclavage, ces Africains, esclavage économique, politique et militaire, si je ne le fais pas, ON EST FOUTU ! Surtout, que va-t-il nous arriver car la nouvelle génération là-bas se prépare à nous faire payer. »

Ah, si seulement tu savais, mon cher Sarko, ce qui t’attend ! C’est une énorme facture détaillés pour le juste prix des matières premières volées depuis le temps, de toutes les transactions occultes du franc C.F.A. . Mais, pour commencer, quelque chose de simple, des milliers d’Africains sont honteusement volés et dépouillés tous les jours dans vos consulats. On leur demande 40 euros pour des frais de dossier, dossier de visa, et visa refusé à 90 %. Commence à faire un geste symbolique qui peut te sauver et te racheter pour cela, car la liste des forfaits est longue, très longue.

www.ekilafrica.com

François Zo’omevele
Journalducameroun.com)/n
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