Les aventures de Faka Bilumba N°51

« Il y a deux semaines, je vous racontais les réjouissances de Sarko et de ses gouverneurs françafricains »

Il y a deux semaines, je vous racontais les réjouissances de Sarko et de ses gouverneurs françafricains. Ils dansaient la farandole car Gbagbo était vaincu. Il faut que je vous dise tout, chers amis. Beaucoup d’observateurs internationaux n’ont pas su décrypter la « rupture africaine de Sarko ». C’est vrai qu’il prônait une realpolitik, une politique d’ouverture. Aussi, à la veille de sa nouvelle campagne présidentielle, il a convoqué en secret ses « doungourous africains », ses fidèles serviteurs. Il leur a défini une nouvelle « feuille de route » pour son futur règne et pour la sécurité et la longévité de leur règne de « gouverneurs françafricains ». J’étais là, assistant à cette revue des troupes coloniales. Il leur tient ce discours :

« Voici mes commandements sarkoziens:
1)Vous n’aurez jamais d’autres mentors, d’autres modèles ni d’autres références que moi.

2)Vous ne vous soumettrez à aucune autre puissance politique, financière et culturelle que françafricaine. Je suis sans pitié, comme mes prédécesseurs, à tous les récalcitrants et brebis galeuses. Souvenez-vous de Sankara, de Gbagbo, et regardez ce qui arrive à Khadafi. C’est moi qui fais et défais les gouvernances africaines, je ne tolère aucune infidélité.

3) Votre modèle démocratique, que vous n’atteindrez jamais, restera le mien, celui que je vous dicterai au gré de mes priorités et de mes intérêts.

4) Souvenez-vous tous que je représente votre liberté. Le fruit de vos richesses, de vos sous-sols miniers, de votre main d’oeuvre est mien. De l’esclavage aux travaux forcés, de l’indigénat colonial à l’institution des sans-papiers que je fabrique ici, chez moi, pour en faire une main d’oeuvre gratuite et vulnérable, je fais la pluie et le beau temps de vos conditions humaines.

5) Vous êtes condamnés à travailler pour notre prospérité. Mon pays n’a ni pétrole, ni or, ni uranium, mais c’est moi qui exploiterai toutes vos richesses tant que vous régnerez par ma puissance et ma volonté, sous l’égide de mon franc C.F.A..

6) Je veux que vous adoptiez tous mes modèles sociaux, ceux qui prévalent dans mon royaume sarkozien. Que vous construisiez des maisons de retraite dans lesquelles vous mettrez vos vieux pères et vos vieilles mères, et que vous continuiez à m’envoyer vos filles qui s’occupent de mes séniors ici, tant pour les soins médicaux qu’affectifs.

7) Vous ne tuerez ni n’enlèverez aucun ressortissant occidental. Je me charge d’organiser à mes fins vos guerres tribales et génocides, pour la vente de nos armes.

8) L’adultère, les valeurs morales à l’occidentale seront dorénavant chez vous en vigueur ! Je proclame l’expression de l’homosexualité et des perversions civilisée de chez nous. Je ne veux plus entendre parler de condamnation de l’homosexualité comme ce fut le cas chez toi, Wade, et chez toi, Barthélémy.

8) Vous continuerez à dérober les richesses de vos concitoyens, en vous enrichissant vous et les vôtres à votre convenance, à condition de venir abriter ces « biens mal acquis » dans nos banques, sur mon territoire. Vous savez que je vous tiens tous par là car je peux geler vos avoirs et vos biens quand je veux.

9) Pour ce qui est des faux témoignages que vous devez évidemment toujours porter contre ceux qui ne vous aiment pas, tenez-vous tranquilles, je vous envoie des Conseillers Toxiques et des Experts en mensonges diplomatiques.

10) Vous ne convoiterez jamais la vraie notion de démocratie, de liberté à l’occidentale, vous n’essayerez jamais de mettre en pratique comme nous de vrais projets de développement pour vos pays. »

« Je voudrais, moi, le Fameux Ndongo, moi, le griot incontesté de Barthélémy, vous rassurer, mes amis… enfin, ceux qui m’estiment encore un peu. C’est à propos de mes propos intempestifs, que Faka Bilumba ne va pas tarder à qualifier d’inepties. C’est que mon collègue Ministre Griot, celui de la communication, qui n’est même pas du R…, prenait trop de place. Je connais l’école plus que lui, et ce n’est pas parce qu’il vous « ébougabe » avec son anglais septentrional qu’il va mieux lécher les bottes à Barthélémy que moi. Depuis le comice d’Ebolowa, je suis en disgrâce, quelques uns ont programmé mon éviction ministérielle. J’ai sorti mes livres, et puis je proclame encore à qui veut l’entendre que je suis le fruit de « mon Président ». C’est pourquoi je continue d’affirmer que les motions de soutien à la candidature du Candidat naturel, divin, unique, providentiel, mon alpha et mon omega, bref, je démontre « scientifiquement » que c’est une logique aristotélicienne. Tous les habitants de mon village le savent, ça coule de source ! Bientôt, je vais faire adopter par la communauté internationale ces réalités de la dialectique africaine. Notre pouvoir présidentiel se transmet non par les urnes mais par les liens de parenté, affectifs et spirituels. Barthélémy était le fils spirituel d’Ahidjo, et je m’efforce d’être le sien, donc j’hériterai de la présidence de la république, il était temps qu’on se le dise et que ça se sache !

. Nous allons de ce pas à l’O.N.U. Demander à la communauté internationale des comptes pour leurs tirs et bombardements ciblés dans les pays africains. Nous vous dirons la semaine prochaine le bilan de cette triste réalité.


Journalducameroun.com)/n



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