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Les aventures de Faka Bilumba n°64, la chronique de FZE

La notion de division du temps fait partie de la mondialisation impérialiste des concepts culturels occidentaux

Bonne année! Vous avez entendu, écouté, émis, reçu des tas de v ux pour cette nouvelle année qui vient de commencer. Des chefs d’états, qui se sont rassurés en voulant nous rassurer; des anonymes qui vous ont embrassé la nuit du réveillon, des familiers et des proches qui vous ont envoyé des sms, des e-mails qui se veulent originaux. Et vous, dans tout ça? Vous avez certainement pensé que c’est bien, c’est normal, c’est la routine. Vous avez, j’en suis certain, émis de v ux différents selon que vous avez plus ou moins de soixante ans… Je suis allé pour vous dans le secret des laboratoires de certains de ces v ux afin que vous sachiez, les amis, à quelles sauces nous sommes bernés. C’est Sarko, notre si cher et tendre ami de l’Afrique, qui a foutu la panique dans son staff. Depuis qu’on lui a écrit ce discours de Dakar dans lequel il affirmait, à deux pas de l’île de Goré, que les Africains n’étaient pas entrés dans l’histoire, «son histoire». Il se méfie de ce qu’on va lui faire dire. Pourquoi n’écrit-il pas lui-même ses discours, quitte à les faire corriger ensuite pour tempérer ce style direct qui le caractérise:
«Casse-toi, pauvre con!»
«Descends de là, si t’es un homme»!

Il y a, comme chanterait l’autre, panique à bord. Le locataire de l’Elysée, sentant sa fin prochaine, fait des mains et des pieds afin de se maintenir; la preuve, il est venu se confier à moi!

«Bonne année, Faka Bilumba! Je sais, je sais, tu vas me répliquer comme d’habitude que cette notion de division du temps fait partie de la mondialisation impérialiste des concepts culturels occidentaux. J’en sais quelque chose par mes origines juives: ce n’est pas le nouvel an là-bas, ni pour les chrétiens orthodoxes, ni pour les Chinois non plus! Pour les animistes africains, n’en parlons pas, on s’en fout. De toute façon, nous forçons bien les musulmans à fêter Noël, et même les Juifs aussi, qui eux attendent encore le Messie. Alors, s’il te plaît, la victimisation, on ne me la joue plus!

Quand, il y a quelques jours, j’ai présenté mes v ux à l’armée et que j’ai proclamé dans mon discours qu’une nation ne pouvait être totalement indépendante sans une armée puissante, tes rires sarcastiques sont parvenus jusqu’à moi. Tu prétends que mon armée n’est pas tout à fait puissante, car ma puissance nucléaire, dis-tu, c’est l’Afrique qui la détient, avec son uranium, sur lequel je fais main basse. Tu riais aussi aux éclats, disant qu’il suffirait que l’Afrique me ferme ses puits de pétrole, pour que mes chars, mes sous-marins, mes avions bombardiers, mes hélicos, rien ne puisse plus bouger! Tu continues d’affirmer que l’interdiction faite par les nations les plus puissantes aux petites nations de fabriquer la bombe atomique est anti-démocratique! Tu as raison, car si nous intervenons en Syrie, c’est Israël qui risque d’employer sa bombe atomique, ce qui ne choque personne. Alors, on verra l’Iran déclencher la sienne aussi! En attendant, c’est moi qui déclenche une bombe politique ici, chez moi, car je copie le parti du Borgne. Je lui ravis la fête de Jeanne d’Arc. Les symboles du Front doivent devenir nationaux, alors, je les démocratise aux couleurs de mon parti de la majorité présidentielle.»

«Nous sommes le trio gagnant des personnalités les plus aimées en France. Nous te disons que notre choix par les Français est précurseur de ton départ. Je t’avais déjà vomi il y a cinq ans; j’avais dit, moi, Yannick Noah, que je quitterais la France si tu gagnais les élections. Je suis certain que je n’aurai pas à refaire cette déclaration car je suis certain que tu ne seras plus jamais président de ce pays. D’ailleurs, le Cameroun aussi est mon pays.

Mais moi, Zidane, j’ai été banni après mon coup de tête d’un certain Mundial. Je pense à la main de Thierry Henry qui nous a quand même menés en Afrique du Sud. Cependant que Nicolas Anelka lui aussi était banni de ce dernier Mundial; alors, je me demande si je suis là seulement pour permettre de faire tenir tranquilles les Arabes de France?

Pour moi, Omar Sy, le troisième personnage le plus adulé de France, je dis qu’il est temps que le cinéma français sache que nous autres qu’on appelle «hommes de couleur» (je dirais «de la mauvaise couleur») sommes aussi bons acteurs que les acteurs de la bonne couleur. Il est peut-être temps que des gens comme nous ou, comme on nous appelle aussi, des comédiens de couleur, aient à jouer tous les rôles -comme aux Etats-Unis. Nous ne voulons plus être confinés à des rôles de second ordre, nous voulons avoir des rôles tout comme en ont Denzel Washington, Eddy Murphy ou Will Smith!».

«Je crois qu’il faut penser à ceux dont on ne parle pas beaucoup. Ces derniers temps, il y a une vague d’assassinats commis sur des prostituées africaines, et particulièrement celles du pays de Barthélémy. Une certaine Appolonie a été assassinée et dépecée en morceaux. Ça s’est passé en France! Nul n’en parle. Si c’était un Africain qui avait commis ce forfait, comme Youssouf Fofana, du «gang des barbares», toute la France serait en émoi! Donc, c’est bien beau d’avoir un Métis, un Arabe et un Noir comme trio de tête des bien-aimés des Français, mais ne serait-ce pas l’arbre qui cache la forêt?»

« Il ne faut pas exagérer, Miss Gabon. Tu as été formidable dans ta prestation et ton couronnement. Seulement, qu’est-ce qui t’a pris de dire que ton v ux est de construire des maisons de retraite pour personnes âgées au Gabon? Je crois savoir que tu es Fang et, à moins d’être plus civilisée que la civilisation occidentale, je ne vois pas quelle famille fang accepterait de mettre sa grand-mère en maison de retraite? C’est moi, Kouchner, qui te le dis, car j’ai échoué avec ce projet là-bas, au Gabon, et, en ce moment, ici aussi, à Conakry.»

Il est encore temps de voir venir toutes ces campagnes électorales présidentielles. Nous regarderons tout spécialement le Sénégal, avec Youssouf Ndour contre Wade, mais, en attendant, ayons une pensée particulière pour un président à qui on doit souhaiter une bonne année: Laurent Gbagbo.

François Zo’omevele Effa, Ekilafrica.com
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