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Les aventures de Faka Bilumba N°8, la chronique de François Zo’omevele Effa

« Je suis venu chercher mon soutien afin de continuer mon travail, j’espère que vous me laisserez vous exploiter… »

« Je suis venu chercher mon soutien afin de continuer mon travail; j’espère que vous me laisserez vous exploiter, vous injurier, vous humilier et vous vilipender sans réagir, comme d’habitude. J’avais dit -pendant ma campagne électorale, afin de convaincre mes « veaux » de concitoyens, comme les appelait le Général- bref, j’avais dit que la France n’avait pas besoin économiquement de l’Afrique; d’ailleurs, pendant le même temps, j’organisais une campagne où je durcissais les conditions d’entrée et de vie des Africains en France. J’étais aussi Ministre de l’Intérieur, un peu comme Ali Ben Bongo, pour lequel je prépare ce discours de ma troisième tournée gabonaise depuis mon règne. Ben oui ! Il était Ministre des Forces Armées et candidat à la présidence ! J’avais déclaré aussi que vous autres, Africains, n’étiez pas entrés dans l’Histoire, mais, quoi, voyons les choses en face ! Je dégringole dans les sondages, la Grèce vient de nous donner des sueurs froides avec l’euro et sa santé ! Des fois que l’euro se casserait définitivement la figure, autant revenir au franc, et je viens aussi soutenir cette moribonde monnaie dans sa forme la plus impérialiste : le C. F. A. . Donc, Faka Bilumba, avant que tu ne dises quoi que ce soit, sache que j’aime l’Afrique. J’aime cette Afrique si riche, que j’appauvris, j’aime à ma façon cette Afrique sans laquelle mes entreprises, comme Aréva ou Total, ne feraient pas de nous une puissance économique et nucléaire ! J’aime cette Afrique dont je soutiens les dirigeants corrompus qui, à l’instar de Pétain chez nous, vendent leur pays, leur continent à l’occupant, à moi en somme ! ».

Ainsi parlait le petit homme qui se prend pour Napoléon, en révisant le discours qu’il se proposait de faire devant la tombe de son mentor, Bongo Ondimba, un autre petit homme à qui il avait dit qu’on a toujours besoin d’un plus petit que soi ! D’ailleurs, c’est devant son mausolée qu’a commencé sa tournée, exactement comme le faisait Bokassa dans le temps, en allant pleurer « Papa De Gaulle » à Colombey-les-deux-églises. Je vous ai toujours dit, chers lecteurs, que Sarko a une fascination pour les dictateurs africains. Malgré les bla-bla-blas, il ne lui est pas facile de se débarrasser de la Françafrique, et il s’est même entouré de conseillers toxiques pour l’Afrique, à l’instar de son invité personnel, Robert Bourgi, qui aime à se vanter de transformer les républiques bananières en royaumes présidentiels.

– « Et moi, Ali Soumaré, qualifié de délinquant par les ténors du parti du Président, mon crime à leurs yeux c’est que mes origines africaines riment avec « racaille » et non avec « tête de liste aux régionales », d’autant plus que je suis au parti socialiste ! La honte ne tue plus, ce n’est pas gratuit, c’est même profondément raciste.
Mais je crois savoir ce qui se passe en France dès qu’il s’agit d’Afrique : on voit tout en noir, c’est pauvre, sale, malade, corrompu, sans papiers, racaille, sidaïque, paludéen, bref, tout est fait pour cultiver cette image. Il n’empêche que l’arbre qui cache la forêt, c’est Sarko. »

– « Quoi ?! Encore moi ! »

– « Oui, encore toi, car tu t’agites un peu trop ces derniers temps et tu as des relents de bluffeur ! Ton voyage à Haïti pour leur offrir 360 millions d’euros… Cela n’a trompé que ceux qui oublient l’histoire de la France, qui a saigné Haïti pendant des siècles, en lui extorquant des milliards, oui, des milliards d’euros, et tout cela afin de compenser le manque à gagner de vos revenus de l’esclavage ! Voilà que tu cours de nouveau en Afrique, au Gabon, parce que le Gabon va siéger au Conseil de Sécurité de l’O. N. U.; alors, ton doungourou d’Ali Ben pourra te donner sa voix pour servir tes desseins ! Voilà aussi que ça se détériore sur les côtes africaines, avec les pirates de l’Océan Indien, et de nouveaux bandits dans le Golfe de Guinée. On enlève des Français, et ça coûte cher, très cher ! Tu as déclaré à ton escale au Mali que ton travail en tant que chef d’état français était de ramener les prisonniers et otages chez eux. Est-ce pour la beauté du geste ou pour la partie électorale ? Car Joyandet, qui était à tes côtés, est parti chercher deux dealeuses franc-comtoises en Amérique latine, et nous savons maintenant que c’est en vue de son élection au Conseil Régional local. Depuis l’histoire des infirmières bulgares et des enleveurs d’enfants de l’Arche de Zoé, nous avons envie de chanter, quand nous te voyons arriver : « Zorro est arrivé, sans se… ». »

– « Oui, c’est ça, Sarko n’est quand même pas aussi la cause de ce qui se passe en Côte d’Ivoire, ou du coup d’état récent au Niger ! Quoi ? Y en a marre ! Regardez la poutre qu’il y a dans votre oeil ! Une chanteuse camerounaise, Annie Anzouer, a lancé un cri d’alarme la semaine dernière sur une télévision de son pays. Elle dénonçait le traitement humiliant et honteux que les policiers camerounais réservent à leurs compatriotes expulsés de France. Quand ceux-ci arrivent à l’aéroport, ils seraient battus, jetés en prison, dépouillés de leurs petits biens, et il faudrait payer pour les faire sortir. Au nom de quoi humilier encore une fois des gens qui viennent d’être humiliés par la France ? Et, paraît-il, la chanteuse Chimène Ngoli, du « Mapuka serré, serait l’une des dernières victimes. Est-ce à verser au bilan des cinquante ans d’Indépendance ?! »

François Zo’omevele Effa
Journalducameroun.com)/n
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