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Les évêques du Cameroun appellent au calme pendant la période post-électorale

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La conférence épiscopale nationale du Cameroun invitent les candidats à la retenue et à mettre en avant la valeur de la vie humaine et la stabilité de la nation.

La conférence épiscopale nationale du Cameroun (Cenc) a déployé des observateurs sur le territoire national, à l’occasion de l’élection présidentielle du 07 octobre. Une déclaration a été rendue publique ce 09 octobre. L’organe y rapporte, dans les détails, le déroulement du scrutin. La Cenc a déploré les dysfonctionnements observés lors de cette élection.

Selon les leaders religieux de l’Eglise catholique, l’élection présidentielle, dans l’ensemble, s’est déroulée dans le calme. Grâce à sa commission Justice et Paix, 231 observateurs ont été déployés pour l’occasion. Cependant, 46 observateurs des régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest n’ont pas pu se déplacer le jour de l’élection à cause de l’insécurité liée à la crise anglophone.

Dans les bureaux de vote visités par les observateurs, des irrégularités ont été constatées. « Dans ces régions anglophones, les évêques camerounais déplorent que de nombreux électeurs n’aient pas pu participer au scrutin à cause de l’insécurité. Ils notent également que des dispositions n’ont pas été prises pour permettre aux déplacés de la crise de prendre part au vote », peut-on lire dans cette déclaration.

La Cenc relève, par ailleurs, que l’accès de certains bureaux de vote a été interdit aux observateurs catholiques par les forces de défense et sécurité. Un observateur mandaté par l’Eglise catholique aurait subi une tentative de corruption, tandis que d’autres ont noté d’autres formes d’anomalies dans leurs localités. Par exemple, des noms de personnes décédées se trouvaient parmi les votants, et une électrice s’est plaint qu’une autre personne a voté et signé à sa place avant elle.

Au-delà de toutes ces irrégularités, la Cenc fait quelques recommandations aux acteurs impliqués dans le processus électoral. Les évêques camerounais appellent les partis politiques à faire preuve de retenue avant la publication des résultats officiels. Ils invitent notamment le candidat qui sera reconnu gagnant par les instances compétentes à ne pas provoquer ses adversaires et à ne pas chercher à les humilier. Aux perdants, ils demandent de  « reconnaître leur défaite et féliciter le ou les vainqueur(s) ». La Cenc exhorte tous les acteurs à recourir aux voies légales en cas de contestations éventuelles.

Dans une précédente déclaration publiée le 24 août, la Conférence épiscopale nationale du Cameroun s’était inquiétée du contexte assez tendu dans lequel devait se dérouler l’élection. Les régions anglophones du Cameroun sont, en effet, secouées, depuis deux ans, par une crise socio-politique. Les violences et affrontements, désormais quotidiens entre forces de défense et groupes armés, sèment la peur au sein des populations civiles. Elle avait aussi rappelé que seul un vote libre et transparent pouvait « garantir la paix, la stabilité et la justice » et avait invité les camerounais à choisir des candidats capables de faire face à toutes les crises qui menacent actuellement le pays.

 

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