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Les fonds vautours, nouveau danger pour les économies africaines

Pour les pays d’Afrique ayant été élu à l’initiative PPTE, la récente crise internationale est un véritable piège

Selon de nombreux experts, une nouvelle crise de la dette des pays africains pourrait bientôt survenir. Face à la crise internationale et faute de moyens suffisants pour financer des plans de relance de leurs économies, l’aide extérieure leur est aujourd’hui proposée. Le Cameroun à cet effet a par exemple reçu récemment un prêt au titre de facilité pour la résolution des problèmes exogènes. Or ce type de facilité n’est pas gratuit. Les 50 milliards de dollars promis en avril par les leaders du G20 aux pays « à faibles revenus » prendront pour l’essentiel la forme de prêts à contracter auprès du Fonds monétaire international (FMI).

Dès lors, ces pays africains se trouvent face à un choix complexe. Soit ils acceptent l’« aide » internationale, au risque de s’enliser dans un nouveau cycle d’endettement et de devoir appliquer des mesures antisociales dont sont remplies les conditionnalités des bailleurs de fonds. Soit ils la refusent et se retrouvent obligés de diminuer les budgets sociaux pour surmonter la réduction des investissements étrangers et des recettes d’exportation résultant de la crise. La situation est si préoccupante qu’en avril dernier, la Conférence des Nations unies sur le commerce et le développement (CNUCED) a appelé à suspendre le remboursement du service de la dette des pays à bas revenus. Pourtant, elle est perçue par certains acteurs privés comme une source de profits futurs. C’est le cas de ce qu’on appelle les «fonds vautours ».

Fonds vautours
Ce sont des fonds d’investissement privés qui rachètent des dettes de pays en développement à prix bas, pour les contraindre ensuite par voie judiciaire à rembourser ces créances au prix fort. Un nouveau prix qui inclue le montant initial de la dette, augmentée d’intérêts, de pénalités et de divers frais de justice. Ce type d’opérations s’est multiplié avec le lancement des initiatives d’allégements de dettes des pays les plus pauvres (PPTE). Les fonds vautours ont profité de la solvabilité partiellement retrouvée par ces pays pour les attaquer en justice et leur imposer le remboursement de vieilles dettes rachetées au rabais. L’exemple le plus en vue est le jugement rendu le 15 février 2007 par la Cour suprême britannique, qui a contraint la Zambie à payer 15 millions de dollars au fonds Donegal International. Ce fonds immatriculé dans les paradis fiscaux britanniques avait acheté en 1999, une dette zambienne due à la Roumanie pour 3,2 millions de dollars et aurait empoché dans l’opération une plus-value de 375 % au détriment des caisses de l’État zambien. Ces cas ne sont malheureusement pas isolés. Dans un entretien accordé au magazine les Afriques, M. Aboubacar Fall, conseiller juridique principal de la Banque Africaine de Développement (BAD), explique que les pays africains principales victimes de ces fonds vautours ont déjà dû rembourser des sommes équivalentes à plus de 7 milliards de dollars. La gravité de cette activité est telle que de nombreux experts de la dette ont ramené sur la table des débats, la nécessité d’un droit international de la dette


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