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Les populistes sous pression à J-2 des élections européennes

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Les populistes sont sous pression après un scandale en Autriche qui a fait tomber l’un des leurs à quelques jours des élections européennes, le plus grand scrutin démocratique au monde après l’Inde.

Extrême droite europhobe, conservateurs eurosceptiques et populistes ambitionnent une percée lors du vote organisé du 23 au 26 mai dans les 28 pays de l’UE, destiné à renouveler le Parlement européen.

Mais la diffusion vendredi d’une vidéo mettant en cause le patron de l’extrême droite autrichienne, Heinz-Christian Strache, en lien avec la Russie, qui l’a conduit à abandonner la direction de son parti et a fait exploser la coalition au pouvoir à Vienne, pourrait mettre en péril cet objectif.

Des projections, réalisées avant le scandale, annonçaient 173 élus sous les couleurs de ces formations, contre 154 dans le parlement européen actuel, issu du scrutin de 2014, sur un total de 751 sièges.

Première conséquence visible, la grand-messe nationaliste organisée samedi à Milan par le chef de la Ligue italienne Matteo Salvini, avec à ses côtés sa principale alliée Marine Le Pen, présidente du Rassemblement national (RN) en France, a été quelque peu gâchée.

Leur objectif affiché est de faire du groupe Europe des nations et des libertés (ENL), où siègent déjà la Ligue, le RN, le FPÖ autrichien ou le Vlaams Belang flamand, la troisième force du Parlement européen, une place que convoitent aussi les libéraux de l’ALDE, que pourraient rallier les élus français rangés derrière le président Emmanuel Macron.

Pour Matthias Jung, chef de l’institut de sondage allemand Forschungsgruppe Wahlen, « ce scandale pourrait freiner l’avancée des populistes en Europe ».

L’expert, interrogé par le quotidien allemand Tagesspiegel, estime que les électeurs pro-européens pourraient être incités à aller voter dans l’optique de faire barrage à l’extrême droite.

Et les sympathisants des partis populistes « vont désormais réfléchir à deux fois s’ils veulent donner leur voix à ces gens », remarque de son côté le politologue allemand Werner Patzelt, également dans le Tagesspiegel, qui prédit des conséquences néfastes pour le parti Alternative pour l’Allemagne (AfD).

– « Connivence » –

Outre le scandale autrichien, Marine Le Pen, accusée par ses adversaires français d’être le « cheval de Troie » des plans de Donald Trump et Vladimir Poutine pour affaiblir l’Europe, a dû démentir les affirmations selon lesquelles Steve Bannon, ex-stratège de président américain, jouait un quelconque rôle dans sa campagne.

Dans une interview accordée lundi à la presse régionale française, Emmanuel Macron a dénoncé « une connivence entre les nationalistes et des intérêts étrangers » pour démanteler l’Europe, visant le « lobbyiste » Steve Bannon « proche du pouvoir américain » et les Russes qui « n’ont jamais été à ce point intrusifs ». « Est ennemi de l’Europe celui qui ne croit pas en son avenir. Les nationalistes qui veulent la diviser sont ses premiers ennemis », a lancé le président français.

Quant au Britannique Nigel Farage, le chef du Parti Brexit, qui caracole en tête des sondages au Royaume-Uni, il est désormais dans le viseur de la Commission électorale britannique. Cette dernière a annoncé lundi qu’elle se rendrait mardi dans les locaux de son parti afin d' »examiner » le financement de sa campagne pour les élections européennes.

« Est-ce que le scandale autrichien est susceptible de fragiliser l’électorat populiste ? (…) A priori ce n’est pas une bonne nouvelle pour eux mais les conséquences sont incertaines », estime de son côté Christine Verger, de l’Institut Jacques Delors. « Cela prouve en tout cas qu’il y a des relations de type corruption à l’intérieur de ces partis », a-t-elle dit, interrogée par l’AFP.

– Forte abstention –

Samedi à Zagreb, lors de son seul meeting électoral hors d’Allemagne, la chancelière Angela Merkel a contre-attaqué, exhortant les responsables politiques européens à tenir tête aux « courants qui veulent détruire l’Europe de nos valeurs ».

En France, depuis des semaines, le président Macron fait feu de tout bois pour que sa liste Renaissance gagne davantage de voix que le Rassemblement National.

Souvent vues par les politologues comme une occasion de sanctionner le pouvoir en place au niveau national, les élections européennes sont traditionnellement marquées par une forte abstention.

Depuis le premier scrutin en 1979, la participation à ce vote n’a fait que baisser, passant en quarante ans de 62% à seulement 42,61% en 2014.

Quoi qu’il arrive, le vote devrait sonner la fin de la suprématie des deux grands familles, le Parti populaire européen (PPE) à droite et les Sociaux-Démocrates à gauche.

Chacune va perdre au moins une trentaine d’élus, selon les sondages. Mais elles resteront incontournables pour composer les majorités nécessaires à l’adoption des lois.

Les dirigeants de l’UE se réuniront en sommet le 28 mai, deux jours après le verdict des urnes, pour lancer le grand marchandage des nominations. Cinq présidences sont en jeu: de la Commission, du Conseil, du Parlement, du service diplomatique et de la Banque centrale européenne (BCE). Ils devront désigner au moins une femme et respecter les équilibres entre grands et petits pays, le Nord et le Sud, l’Ouest et l’Est.



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