Opinions › Tribune

Les quatre ennemis actuels du Cameroun, et comment sauver le pays

Par Leon Tuam

Les quatre ennemis du Cameroun dont il sera question ici sont tous des menaces sérieuses au développement humain et économique devant conduire à l’érection future d’un Cameroun puissant qui, déjà humainement, naturellement, géographiquement et stratégiquement, est vachement bien loti. Toutefois l’on constatera qu’ils sont nuisibles et dangereux à des degrés divers.

Qu’entendra-t-on par « ennemi » ici ? L’ennemi doit être saisi ici comme tout pays, tout groupe ou toute personne physique ou morale qui délibérément ne veut pas du bien à l’autre, se dresse contre ses ambitions et fonde et conduit ses actions de manière à lui nuire, à l’affaiblir, à l’effacer ou à asseoir sa domination sur lui.

A- Les ennemis du Cameroun

1-Le premier ennemi du Cameroun.
Pour ses trahisons multiples, le pouvoir en place qui en réalité est là depuis plus d’un demi-siècle (et non seulement depuis 33 ans, car étant un prolongement du règne de Ahidjo) est le premier ennemi du peuple camerounais. Sur ce, seuls des parasites nationaux et les antipatriotes diraient le contraire.

Les vrais patriotes et souverainistes camerounais ne peuvent en aucune circonstance hésiter de pointer d’abord du doigt ce pouvoir en place, sachant le rôle-sauterelle et du rouleau-compresseur que ses agents-valets, traîtres et antinationaux ont tous joué et continuent de jouer pour garder ce pays aux richesses effarantes sous des eaux océaniques et dans la nuit de l’histoire.

De manière lapidaire ainsi peut être dépeint ce pouvoir vieux de plus d’un demi-siècle : Répressions et assassinats des forces progressistes, corruption, liquidation ou plutôt vente aux enchères des sociétés publiques et parapubliques, détournements des biens publics, holdups électoraux, favoritisme, insécurité généralisée, népotisme, tribalisme politique sous toutes les formes, démocratie de farce, refus de construire les infrastructures, déclin du système éducatif déjà inadéquat au départ, négligences très coûteuses de la santé, abandon des sciences et technologies libératrices au profit d’un engouement et d’un attachement profond et aveugle aux pratiques magico-occultes, gaspillage des ressources publiques, musèlement des partis politiques de l’opposition, etc.

C’est en réalité un tel pouvoir que continuent de soutenir, d’encenser et d’idéaliser pour des raisons révélées et inavouées quelques poignées d’universitaires, d’autorités économiques et religieuses, d’étudiants, de commerçants, de citadins et villageois, de lettrés et illettrés, de Camerounais de l’intérieur et de l’extérieur et d’âmes intelligentes et défavorisées.

A voir cette infime partie de Camerounais qui ne cessent de supporter l’insupportable pour des raisons égoïstes et diverses, il y a lieu de se demander jusqu’où ils continueront de fermer l’ il sur les échecs infinis et dérives de ce pouvoir fait de traîtres inhabituels, de sauterelles et de vipères qui ressemblent étrangement aux vers de terre. Où est la patrie dans tout cela ? Où est l’avenir glorieux de ce pays dans tout cela ? Camerounais, embrassons la patrie ! Camerounais, le temps presse !

C’est la vie future des générations de Camerounais que ces individus abîment au quotidien, en sautant tels des écervelés pour s’accrocher et accompagner un pouvoir qui depuis des décennies sert et sert amplement au peuple des frustrations, des injustices, des souffrances, des violences, des misères et la mort.

2-Le deuxième ennemi du Cameroun.
Parce que le peuple du Cameroun s’est jusqu’ici montré incapable de faire un grand bloc compact et indivisible, beaucoup de ses malheurs sont parachutés par des forces extérieures qui l’ont longtemps bien étudié et ont vu toutes ses faiblesses dont ses divisions.

Qu’il s’agisse des pays, des empires industriels ou des institutions comme la BM et le FMI, ils ne sont jamais là pour développer les autres ; leur but c’est de piller les autres en partageant systématiquement ici et là de la pauvreté et en s’enrichissant toujours davantage.

Camerounais, regardez ! Malgré toutes nos abondantes richesses, nous sommes toujours comme des gens qui, vivant auprès d’une immense source d’eau, lèvent des yeux larmoyants et des mains malingres pour demander à boire aux passants portant des gourdes. C’est bien ce que le pouvoir en place a fait de ce pays. C’est ce qu’il a fait de nous. Et pourquoi ? Parce que le pouvoir de ces dirigeants ne vient pas du peuple. Ils obéissent. Ils n’agissent pas. Ils sont agis.

Nous tardons de comprendre qu’en réalité, tout pays se développe lui-même avec le peuple bien équipé et déterminé, et en adoptant des institutions économiques et politiques qui lui sont favorables et le protègent en même temps au maximum contre des prédateurs.

Pays de la zone francophone, le Cameroun a d’abord comme premier ennemi extérieur à ce niveau les autorités politiques et économiques françaises qui y installent et y gardent des dirigeants-valets sans vision ni courage politique, toujours prêts à la servir grassement et non les intérêts de leur peuple, et à pousser ce dernier dans un état d’amaigrissement toujours plus inquiétant.

Ainsi, non seulement l’Etat français depuis longtemps refuse aux Camerounais leur droit d’élire librement ceux qu’ils voudraient à leur tête en laissant ses propres citoyens exercer ce précieux droit, mais aussi elle asservit le Cameroun monétairement et financièrement à travers le FCFA qu’elle contrôle, et par des accords obsolètes qui donnent à la France la priorité d’accès aux richesses et marchés camerounais.

Il faut qu’on soit votre plus grand ennemi et non votre ami pour se charger de contrôler votre monnaie, de la couper cette monnaie que vous dites vôtre et de vous l’envoyer, de limiter votre pouvoir d’achat et de faire main-basse sur vos richesses.

Il faut qu’on soit votre pire ennemi et non votre ami pour vous faire gouverner par des valets dits dirigeants que vous n’avez pas choisis, et les remplacer à tour de rôle et à gré, et vous imposer des guerres d’usure quand sa volonté n’est pas faite.

Et des Camerounais vendus et vidés diront que c’est haïr la France ça ! Et ils diront que la France est un ami ! Où est ici le respect requis en amitié ? L’ire et l’aversion se lisent partout dans les yeux, dans les gestes et dans les paroles. La putréfaction est là et chacun la voit. Quand ça crèvera, ça sentira trop, ça sentira tel que tout bougera, ça créera la confusion et la conflagration partout.

3-Le troisième ennemi du Cameroun.
Au jour d’aujourd’hui, le troisième ennemi du Cameroun, ce sont les rebelles-terroristes qui menacent le pays dans sa partie septentrionale, en espérant se répandre un peu progressivement en s’alliant à d’autres groupes avant de prendre un autre nom que celui qu’on lui attribue aujourd’hui. Ils sont une création des forces extérieures de connivence avec des traîtres locaux, et en profitant aussi sûrement de la mollesse, du manque de dynamisme et de vision ainsi que de la politique d’exclusion du pouvoir en place. Cette guerre imposée au Cameroun ne doit en aucun cas être une raison du maintien de Paul Biya au pouvoir au-delà de 2018.

Le Cameroun regorge de têtes intelligentes, courageuses, patriotes, sages et pleines de vision qui sauront au moment opportun apporter des solutions idoines aux nombreux problèmes qui déchirent le pays. Rien ne doit justifier la présence au pouvoir de Paul Biya après 2018.

Il faut réitérer mordicus que les Camerounais doivent donner un soutien constant aux forces armées au front et dans nos rues lépreuses, en comprenant que la solution à cette situation d’insécurité à laquelle fait face le pays n’est pas dans les mains de Paul Biya comme d’aucuns veulent le faire croire. Il est une partie du problème et ne peut en avoir la solution.

Ces rebelles-terroristes à la fois visibles et invisibles ne sont pas des êtres humains à mon avis, et je l’ai dit plusieurs fois. Etant des animaux qui tuent aveuglement et sans raison, les armées camerounaises doivent aller au-delà des armes conventionnelles dans la lutte contre ces bêtes pour les éradiquer et pour envoyer un lourd message à leurs maîtres.

Si l’on ne les traite pas avec la même cruauté qui les caractérise, ces animaux lâchés chercheront gagner du terrain et à s’allier à d’autres bandes pour créer un vaste Etat fantôme en Afrique. Dans cette lutte, c’est une erreur colossale de compter sur des bras extérieurs soupçonnés d’être derrière ces animaux.

4-Le quatrième ennemi du Cameroun.
Au-delà des traîtres au pouvoir imposés au peuple camerounais depuis plus d’un demi-siècle, au-delà des forces comminatoires extérieures et au-delà de l’insécurité liée aux rebelles-terroristes dirigés qui tuent des Camerounais pour les intérêts de l’étranger, le dernier ennemi du Cameroun c’est le peuple camerounais lui-même.

Bien qu’étant parmi les peuples africains les plus éveillés et avertis, le peuple camerounais n’est pas encore parvenu à se mettre debout comme un seul homme pour congédier les problèmes et personnes qui constituent des obstacles majeurs à la cristallisation et la fusion des énergies nationales existantes afin de placer ce pays si riche et beau au rang des nations les plus prospères et puissantes de la terre.

Au Cameroun, nous nous trouvons dans un espace ou les identités micro-nationalistes tendent à prendre le dessus sur la marche à la grande nation. On veut s’affirmer d’abord comme Douala ou bassa et non comme Camerounais, même si de cela le Cameroun ne doit plus exister. On veut s’affirmer d’abord comme Béti ou Bamiléké et non comme Camerounais, même si c’est de la que le Cameroun va cesser d’exister. On veut d’abord s’affirmer comme Haoussa, Foulbé, comme Chrétien, Musulman, Francophone ou Anglophone d’abord. C’est un virus qui nous a été inoculé qu’il faut extirper pour avancer.

Le Cameroun est un pays infesté de talents individuels notoires et faramineux. Mais lorsqu’on le prend comme un tout, il devient médiocre, il devient très vulnérable, voire inexistant. Pourtant, les richesses humaines nationales sont partout et de très bonne qualité, à l’intérieur et à l’extérieur. Les Camerounais doivent apprendre beaucoup des Burkinabè ; ils doivent conjuguer l’unité, la volonté et la détermination pour sauver leur pays en danger.

Le remède à cela à l’avenir, c’est des leaders charismatiques, visionnaires, rassembleurs et impartiaux, qui doteront le pays d’institutions politiques et économiques appropriées, qui travailleront à limiter considérablement le nombre des partis politiques, qui iront dans les riches réserves humaines nationales choisir les plus méritants , les brillants ou les meilleurs pour faire changer rapidement la face du Cameroun.

B- Les voies de sortie possibles
La solution à tous ces problèmes et défis qui attendent le Cameroun se trouve chez le peuple camerounais déterminé lui-même. Mais face au rouleau-compresseur en place, le peuple a besoin de nouveaux leaders stratèges et patriotes pour l’accompagner dans cette belle et importante entreprise.

Les Camerounais qui soutiennent encore le pouvoir de Paul Biya ou hésitent de se décider doivent savoir que ce pouvoir est un arbre improductif qui pendant plus de trois décennies a été incapable d’offrir même la moindre ombre adéquate de refuge aux Camerounais, et sur ces entrefaites, l’abattre au profit d’un autre productif et plus inclusif devient un devoir urgent pour les vrais patriotes camerounais. Les gens ne doivent plus hésiter devant cette évidence.

L’on assiste au Cameroun à un blocage politique total. On se trouve dans un état où un seul homme fait la pluie et le beau temps. L’on est dans un pays où le pouvoir en place bien qu’impopulaire battrait toutes les oppositions politiques nationales réunies. Oui, parce que le parti au pouvoir (le Rdpc) contrôle et décide presque seul sur le processus électoral.

La seule bataille impérative et majeure qui vaille à présent au Cameroun est celle devant permettre la mise sur pied d’une nouvelle commission électorale nationale garantissant des élections justes et transparentes. C’est cette lutte que les partis politiques de l’opposition muselés, les forces progressistes et la société dite « civile » doivent engager illico. Pour le pouvoir en place, c’est une provocation, mais quelque chose de désormais inévitable.

C’est le moment de sensibiliser et d’activer toutes les forces patriotes nationales et tous les leviers du changement possibles qui, dans un pays où le pouvoir du peuple est confisqué, déclenchent des soulèvements populaires qui créent enfin les conditions de l’alternance.

Ceci demande la formation d’une organisation centrale où toutes les forces nationales progressistes sur le territoire et celles diasporiques toutes se retrouvent. Si le peuple veut vraiment, Paul Biya s’en ira. Ce dernier se trompe.

Cette organisation des forces coalisées devrait donner un délai au pouvoir en place pour s’asseoir avec elle et discuter de la nouvelle commission électorale. Il est certain que ce pouvoir têtu et trop arrogant restera muet ou recourra aux menaces et à la violence habituelles. Alors, le peuple se trouvera dans l’obligation de se défendre. Ça ouvrira la porte aux soulèvements populaires qui ne se termineront qu’avec la fin de ce pouvoir omnivore et inutile.

Que les uns et les autres ne se fassent pas d’illusions. Le vrai changement politique au service des intérêts des Camerounais ne viendra ni de Paris ni de Washington ni de Londres. Ce sont les peuples qui tolèrent les mauvais leaders à leur tête, et ce sont eux et eux seuls qui pour leur bonheur cessent d’être tolérants et les font partir pour des meilleurs. Ce sont aussi les peuples et eux seuls qui doivent garder leurs meilleurs dirigeants s’ils les veulent.


Droits réservés)/n


A SAVOIR

- Les opinions et analyses présentées dans cette rubrique n'engagent que leurs auteurs et nullement la rédaction de Journalducameroun.com.

- JournalduCameroun.com n'est pas responsable des affirmations qui y sont présentées et se réserve le droit de modifier ou de retirer un article qui diffamerait, insulterait ou contreviendrait au respect des libertés publiques.

À LA UNE


SondageSorry, there are no polls available at the moment.
Back top
error: Contenu protégé