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«Les raisons de notre combat politique», par Henri Georges Minyem

Il est président du parti politique Le Cameroun Nouveau

Mes cher(e)s ami(e)s, cher(e)s Patriotes,

Comme vous le savez, le samedi 23 octobre 2010 dernier s’est tenue à Pantin en région parisienne, la 1ère convention de notre mouvement politique, en l’occurrence (LCN) LE CAMEROUN NOUVEAU. Ce fut un moment d’intense partage entre les membres et sympathisants présents et surtout une occasion de nous rencontrer de manière interpersonnelle afin de communier ensemble autour d’un objectif fédérateur : Trouver les voies et moyens pour sortir notre pays du sous-développement, extirper de notre démocratie ses vestiges totalitaires et désinstitutionnaliser la paupérisation de notre tissu social.
J’ai personnellement plusieurs sentiments suite à cette convention.

.D’une part, je suis fier du chemin accompli en une année d’existence, à savoir la maturation de notre projet de société qui s’est peaufiné au fil du temps, se bonifiant pour atteindre une maturité criante grâce à une meilleure perception des différentes facettes de nos contextes sociopolitique et économique. Les experts du bureau de LCN ont travaillé ensemble, d’arrache-pied afin de parvenir à peaufiner leur programme de gouvernance alternatif que certains d’entre eux ont eu l’occasion d’exprimer pour la première fois samedi dernier. Je remercie du fond du c ur les vaillants esprits qui se sont déplacés afin de confronter leurs vues aux nôtres en même temps que pour nous porter dans cette uvre de reconstruction mentale qui nous transporte.

.D’autre part, je dois reconnaître que j’ai de l’amertume dans le c ur, car j’attendais plus de monde, plus d’implication de la part des sympathisants qui résident en France. Comprenons-nous bien ! Vous êtes libres de venir ou pas à une invitation ! Cependant, dire quelque chose et faire son contraire est ce que nous reprochons à nos politiques depuis longtemps ! Pour une fois que vous avez un groupe uni, compétent et solidaire qui vous invite, vous ne respectez pas vos engagements et ceci me désole beaucoup. Nous ne pouvons nous permettre le moindre relâchement quand il s’agit de l’avenir de notre pays, le CAMEROUN ! Nous avons le droit d’échouer, PAS CELUI DE FUIR NOS RESPONSABILITES !

En sollicitant votre entrée dans ce groupe qui est devenu ONG politique et bientôt parti politique, vous avez manifesté votre désir de nous voir conduire la réflexion en votre nom sur les pistes de développement à déployer pour l’alternance ! Nous étions au rendez-vous, VOUS PAS ! Nous avions là l’occasion d’envoyer un signal fort à Etoudi, et vous n’étiez pas au rendez-vous ! Les Camerounais ne seraient-ils donc en définitive que des bavards pusillanimes ?
Retenez bien ceci : CHAQUE GENERATION A LES LEADERS QU’ELLE MERITE ! Si nous nous laissons enfoncer dans les ténèbres par des dirigeants incompétents et irresponsables, si nous sommes incapables de nous mobiliser pour faire triompher la justice sociale et la bonne gestion de notre patrimoine collectif, si la majorité des Camerounais n’a plus qu’un rêve : FUIR leur pays ou expatrier leur progéniture, LA FAILLITE DE NOTRE MODELE SOCIAL EST AUSSI DE NOTRE PROPRE RESPONSABILITE !
SVP, DONNEZ-NOUS LA FORCE DE NOUS BATTRE EN VOTRE NOM ! AIDEZ-NOUS ! GRANDISSONS ENSEMBLE ET CREONS UN RAZ-DE-MAREE POLITIQUE AU CAMEROUN ! Car nonobstant les effets d’optique que les autorités et quelques privilégiés génèrent par de minuscules d’infimes réalisations et gesticulations politiciennes, NOTRE PAYS VA MAL !!!
Dans le programme politique alternatif de LCN dont les parties rédigées comportent plus de 350 pages, nous développons des voies et propositions de gouvernance sur les plans macroéconomique, institutionnel, énergétique, juridique, industriel, sanitaire, infrastructurel.

Les grandes lignes de notre programme économique ont été explicitées lors du meeting du 23 octobre et les membres présents ont pu en apprécier la pertinence et la recherche faite à partir des outils de modélisation et de simulation les plus performants en matière de gouvernance économique et d’expertise en ingénierie. Oh, bien sûr, tout n’est pas parfait et des compétences seront toujours nécessaires pour peaufiner ce programme qui est déjà bien conséquent et se propose de devenir la plate-forme alternative que LCN propose aux Camerounais et qui, étayée de chiffres concrets (ce qui est déjà le cas à ce jour), de propositions de faisabilité permettront de prendre immédiatement le taureau par les cornes et faciliteront une opérationnalité dans leur mise en place si nous parvenions à gagner les c urs et les suffrages de nos concitoyens.

J’aimerais ici faire une remarque qui n’est pas un slogan politique : NOUS NE VOULONS EN AUCUN CAS LE POUVOIR POUR LE POUVOIR ! LCN, le mouvement au sein duquel vous militez, se veut résolument un mouvement de gouvernement : Nous sommes une opposition constructive et qui parce que républicaine, entend tout autant être une solution au marasme que notre pays connaît depuis 30 ans. J’entends par marasme une situation statique au sein de laquelle, par des saupoudrages préélectoraux, le pouvoir RDPC donne l’impression à des citoyens crédules qu’il travaille alors qu’il se contente de gérer le quotidien. Je m’explique et comprenez-moi bien !

Depuis presque 3 décennies, le président Paul Biya nous a constamment argué de sa volonté de mettre sur pied son programme des grandes ambitions et depuis 2005 que nous avons été acceptés dans l’initiative PPTE et bénéficié de l’IADM, nous avons surtout brillé par un endettement croissant qui ne sert qu’à alimenter le stock et le flux de la dette.

En témoignent les récentes déclarations de l’université de Sherbrooke qui ont relevé une nette augmentation du déficit de sa balance des paiements en 2010 qui passe à 700 Mds de FCFA alors que de façon chronique mais mesurée, il avait été en moyenne à 183 Mds FCFA depuis 32 ans et tous les ans.

J’entends dire ici que les 90 Mds de FCFA qui ont été débloqués récemment par le MINFI pour compenser une dette de l’Etat vis-à-vis de la SONARA sont pour le moins le résultat d’une gestion erratique de notre gouvernement qui finance des charges d’exploitation par de l’endettement, ce qui non seulement obère les capacités d’investissement de l’Etat, mais alourdit d’autant notre flux de dette qui se transforme en stock car d’année en année, cette dette devient difficile à rembourser, l’économie camerounaise n’étant pas suffisamment compétitive en l’Etat.

Pareil comportement irresponsable des autorités camerounaises se double d’un déficit de réalisme politique si l’on considère que sans réelle capacité d’investissement, l’on pondère faiblement l’avenir en ne laissant aux générations futures que des dettes à éponger ; attitude cynique et comportement irresponsable qui viennent clore le (peut-être) dernier septennat de notre cher président Paul Biya que nous ne remercierons jamais assez pour nous avoir appris l’art de l’incurie politique.

Cependant, Paul Barthélémy Biya ne saurait seul être tenu responsable de tout ! Ses lieutenants et autres ministres prébendiers n’ont eu de cesse de conduire avec cécité et léthargie une politique molle et improductive, se contentant avec torpeur de gérer les affaires courantes. J’entends parler ici des dépenses de fonctionnement dont ils ont la charge, sans imaginer d’autres perspectives de développement que le paiement de la masse salariale de nos fonctionnaires.

La formation brute de capital fixe (FBCF à moins de 17%) est pratiquement inexistante dans la structure de notre PIB et l’on se demande s’il y a un pilote à bord : NOUS SOMMES DANS UNE NAVIGATION A VUE !!!

CEPENDANT, Le pire dans cette situation, ce sont les Camerounais qui nous réitèrent avec force que Paul Biya est le sauveur du Cameroun ! Nous ne nous attaquons pas à l’homme Paul Barthélémy Biya qui est notre président élu, mais à sa politique et sa gestion de la chose publique qui laisse à désirer. LCN propose UNE AUTRE POLITIQUE PLUS REALISTE, PLUS EN PHASE AVEC LES AMBITIONS D’UNE CAMEROUN QUI GAGNE AVEC LES CAMEROUNAIS ! TOUS LES CAMEROUNAIS !
Bien évidemment, il y en a en masse qui continuent de le clamer du haut de leurs largesses accumulées dans les antichambres du système en place ! Ils avancent que Paul Biya nous a évité des guerres, a amené une sorte de stabilité politique, raison pour laquelle nous lui devrions reconnaissance et gratitude. Alors, à leurs yeux, il ne fait aucun doute que c’est lui qui doit se succéder à lui-même et après lui, un autre RDPC qu’il aura adoubé ou qui, par un savant calcul politique, se sera imposé au sein du sérail.
Parfois, je me demande si mes compatriotes ont perdu la boule.

FAISONS PLUSIEURS CONSTATS SANS SUCCOMBER AUX QUERELLES DE PERSONNES :
.Paul Biya arrive au pouvoir en novembre 1982

.Entre 1982 et 1985, il poursuit le 5e plan quinquennal de son prédécesseur qui a tout mis en place (sociétés agroindustrielles et même le comice agropastoral qui se poursuit à nos jours)

.En 1984, tentative de coup d’Etat et radicalisation du régime, rien ne sera plus jamais comme avant

.Dès 1985/86, notre PIB est triplé, passant de 1 790 Mds de FCFA en 1980/81 à 4 166 Mds FCFA sans aucun effort. En réalité, ce n’est aucunement notre dynamisme économique qui crée de la valeur, mais la rente pétrolière qui nous donne une illusion de richesse produite.

.D’ailleurs, la superficialité de notre puissance économique va se manifester la même année avec le contre-choc pétrolier et la mini-crise internationale de 1986 où, incapable de prévoir des mécanismes alternatifs de reprise, notamment par des mesures de régulation conjoncturelle, l’Etat Camerounais va se trouver en cessation de paiement et obligé de solliciter l’aide de la Banque Mondiale et du FMI.

.Dès lors, le Cameroun va entrer dans une zone de turbulences dont il n’est toujours pas sorti à ce jour. D’abord, le FMI sera mis à contribution et imposera son modèle économique : dégraissage de la fonction publique, privatisation des sociétés d’Etat et appel à des capitaux étrangers.

.Ensuite, le Cameroun entre en crise (récession) avec un taux de croissance économique négatif de 2,2% (PIB courant de 3 969 milliards de FCFA) en 1986/87 et une balance des paiements déficitaire de 141 milliards de FCFA. Ce déficit a été principalement financé par des engagements extérieurs et en conséquence les avoirs extérieurs du Cameroun étaient devenus négatifs de 58 milliards de FCFA (Source BEAC, Etudes et statistiques n°147, décembre 1987)

.En 1987/88, la crise se radicalise avec un taux de croissance économique négatif de 7,9%

.De 1988 à 1994, notre économie ne subsiste que grâce aux fonds déployés par la banque mondiale et au PAS du FMI, ceci jusqu’en..janvier 1994 où la France va décider de la dévaluation du Franc CFA !

.Depuis, Paul Biya s’est battu pour faire accéder son pays le Cameroun au cercle très envié de l’I-PPTE (vous savez, celui des pays pauvres dont rêvent tous les présidents du monde.) qui permettait d’apurer la dette extérieure du Cameroun de 2 589 Mds de FCFA dont 2 452 Mds FCFA encore exigibles, 70 Mds FCFA dans le cadre du C2D, 42,7 Mds FCFA au titre de l’IPPTE et 24,4 Mds FCFA au titre de l’IADM. En valeur actualisée nette, la dette du Cameroun est tombée en 2006 de 153% à 54% du PIB.

Qu’avons-bous donc fait depuis lors au Cameroun ? Eh bien.presque rien ou plutôt si. Nous avons recommencé à nous endetter, à reconstituer le stock de la dette que nous étions échinés à apurer ! Vous parlez d’une gestion économique ! Reconstituer la dette, d’accord, mais pour faire quoi ? Nous avons essentiellement continué à agréger des dépenses de fonctionnement et des charges d’exploitation courante sans réformer, sans innover. Au final, nous nous avons reconstitué notre stock de dette de plus de 1 500 Mds FCFA au point que nous recourons aux emprunts obligataires que nous ne sommes même pas sûrs d’obtenir et aux DTS (Droits de Tirage Spéciaux) auprès du FMI pour payer des charges d’exploitation à la SONARA !
Entretemps, notre système bancaire est bancal avec moins de 35,5 comptes pour 1 000 habitants contre une moyenne de 423 comptes pour 1 000 habitants dans les pays de même niveau économique en 2007. 3 grandes banques se partagent 86% du marché et des petites banques pour la micro finance dont la capitalisation est faible. Les surliquidités de nos banques sont factices et les taux d’intérêts ne permettent pas de relancer la consommation.ni même l’investissement, par l’absence de réelle politique monétaire (sic).

Aujourd’hui, le Cameroun dispose d’à peine 1 700 Mds FCFA de dépôts à la BEAC pour un PIB de 20 Mds $ annoncé par le MINFI (là où le FMI parle de 42,75 Mds $ : qui dit vrai ?). N’empêche que ces réserves de changes (3 Mds de $) sont dérisoires quelque soit le PIB retenu (à titre d’exemple, non de comparaison, les réserves de change de la Chine s’élèvent à 3 000 Mds de $) et mériteraient que l’on prenne le temps d’analyser une structure aussi inefficace que paradoxale. Car si au lendemain de l’atteinte par le Cameroun du point d’achèvement, les grandes ambitions auraient pu avoir un impact sur les années 2010-2011, aujourd’hui, le Cameroun ne dispose plus de réserves suffisantes pour engager les investissements nécessaires à cette fin ; la seule solution réside dans une nouvelle spirale de l’endettement pour que Paul Biya puisse au moins tenir une de ses promesses de campagne afin de sauver son septennat, dans une ultime et pathétique man uvre politicienne pour conserver le pouvoir à des fins d’alimentation d’une logique monarchique et patriarcale bien unilatérale.
NOUS NAVIGUONS A VUE !!! Et ceci n’est plus acceptable !!!
Affirmer cette évidence relève de la lucidité politique ! Dire que le temps est venu de transformer notre vision en action concrète de changement est du bon sens et du réalisme !
Mais vous, vous attendez quoi pour nous aider à changer les choses ? Le destin d’un pays ne peut dépendre que de la détermination de ses citoyens pour le changement. Une démocratie se mesure à cette aune là!

Bientôt notre caravane va s’étirer le long du monde, traversant la méditerranée et le Sahara pour faire une escale durable sur notre terre ! Nous irons dire que l’heure du changement a sonné ! Nous clamerons haut et fort que notre destin est entre nos mains ! Nous dirons notre vision de l’avenir, nous expliciterons nos perspectives de développement et nos ressources, pour le bonheur de notre peuple ! Serez-vous de la partie ?

LCN compte sur vous ! Vous pouvez compter sur nous !


http://www.lcn-cameroun.org)/n
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