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Les Rdpcistes sont-ils en mesure d’accepter une défaite électorale demain?

par Enoh Meyomesse

Il aura été dit beaucoup de choses sur la défaite de Goodluck Jonathan, le président nigérian récemment battu aux élections. Cependant, de notre point de vue, nul ne s’est attardé sur le comportement exemplaire des militants de son parti politique, le Parti Démocratique Populaire. Et pourtant, ceux-ci ont joué un rôle essentiel dans cette bataille politique: ils ont accepté de bonne grâce les résultats du scrutin. Il faut chaleureusement le saluer.

Nous relevons cela parce qu’au Cameroun, nous avons plutôt été les témoins d’une conduite à l’opposé de celle-ci. Dans toutes les municipalités perdues par le Rdpc, il y a quelques années, et remportées par l’opposition, les militants de cette formation politique se sont livrés à une véritable guérilla contre les nouveaux élus, sabotant systématiquement leur travail. Au bout des cinq années de mandat, ils ont alors eu beau jeu de déclarer au public «l’incapacité» de l’opposition à gérer de simples municipalités. Traduction: que peut-il en être alors de l’Etat tout entier?

Pour notre part, nous en doutons.
Nous doutons profondément du fait que les rdépécistes soient en mesure d’admettre une défaite électorale à l’élection présidentielle au Cameroun, au vu de la grande intolérance doublée de suffisance qui les caractérise à ce jour. Ils se comportent envers nous autres de l’opposition comme si nous n’étions rien moins qu’une bande de ratés qui ne peuvent que détruire, par notre incompétence congénitale qu’ils ont naturellement, spontanément et souverainement décrétée, le pays. Eux ils sont les vrais Camerounais, les «bons», les «compétents» qui aiment le pays, et nous les vilains, les «vauriens» qui ne se spécialisent que dans le dénigrement, et rien d’autre. En son temps, le président Ahidjo nous qualifiait de «professionnels de l’intoxication».

Et pourtant.
Et pourtant, pour sa propre survie, et en même temps pour le bien du pays, il est utile que le Rdpc et les rdépécistes se retrouvent pour quelques années à l’opposition. Ils disparaitront? Alors ils auront clairement démontré que ce «parti» n’en aura pas été un, tout au long de sa très longue existence. Il a vu le jour le 1er mai 1958 à Garoua sous le nom de l’Union Camerounaise, UC, puis le 1er septembre 1966 il est devenu l’Union Nationale Camerounaise, UNC, enfin le 24 mars 1985, il est devenu le Rdpc.


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