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Les résolutions ou les convenances de fin d’année

Par Michel Lobé Etamé, journaliste

Les fins d’années sont festives et nous ne nous en lassons pas. Les repas de fêtes réunissent les familles et les amis. A table, nous sommes souvent contraints de lever le toast avec des « ennemis intimes ». Mais, ce qui compte, c’est cette ambiance autour d’un repas où les langues se délient et appellent à la réconciliation.

L’esprit des fêtes de fin d’année domine nos égos. Il nous permet de faire un bilan de l’année écoulée. Il en ressort des regrets, des échecs, des victoires et bien souvent des actes manqués. Mais peu importe, nous avons pris l’habitude d’avancer en traînant nos casseroles comme des trophées de guerre. Le rêve continue. L’espoir d’un avenir meilleur est partagé par tous.

Dans notre société d’abondance, nous adressons parfois un chèque déduit d’impôt à une organisation caritative pour nous donner bonne conscience. Après tout, les pauvres, les sans-abris et tous les damnés de la terre ont aussi droit, ces jours-là, à un peu d’attention pour combler l’affection qui leur manque.

Mais que seraient les fins d’années sans de nouvelles résolutions ? Elles nous permettent de nous projeter à nouveau vers l’inconnu ou le néant. Le discours est immuable. Chacun de nous formule un v u. L’illusion refait surface et nos engagements sont débités comme les balles perdues d’un fusil. Nous évoquons d’abord l’actualité passée faite de joie, de pleurs, de doutes et de déboire.

Nos chers disparus refont surface et une larme scintille sur nos joues. L’actualité reprend le dessus. Alors, nous prenons de nouveaux engagements que nous ne tiendrons pas. Les résolutions, bonnes ou mauvaises, s’apparentent aux convenances dans une société nivelée. Il faut dire que l’année sera longue et que la mauvaise foi finira par annihiler nos engagements.

Pourquoi faut-il donc condamner les femmes et les hommes politiques de manquer à leurs devoirs et engagements ? A notre échelle, nous manquons de charisme et de détermination. Nous sommes donc à l’image des femmes et des hommes politiques qui nous représentent. Comme eux, nous ne tiendrons jamais nos engagements. Nos résolutions sonnent aussi faux que nous-mêmes. Notre société est à notre image, une faillite collective qui marque le schisme entre la société civile et les responsables politiques, les jeunes et les vieux, les femmes et les hommes.

J’entends ici et là dire : « il faut prendre de bonnes résolutions ». Est-ce un aveu d’échec ou de faiblesse? Du point de vue de la sémantique, qu’est-ce qui distingue la bonne et la mauvaise résolution ? Une chose est certaine : les résolutions ne nous engagent pas. Sous l’effet de l’alcool, le soir des fêtes, nous débitons autour de nous des mots qui résonnent comme des tonneaux vides. Et c’est bien pour cela que nous ressemblons aux politiciens qui nous promettent monts et merveilles, devant les écrans de télévision, le soir de la Saint Sylvestre.

Il nous reste nos fantasmes pour nous rappeler que nous sommes des humains et que nous avons droit à un peu de folie. Heureux sont ceux qui prennent encore des résolutions. C’est une preuve qu’ils n’ont pas perdu leur candeur d’enfant.

L’année dernière, nous avons beaucoup parlé d’écologie, d’extrémisme religieux, des guerres et des migrations. Voilà des sujets qui seront à nouveau débattus en 2016. Tout cela se fera au grand dam des angoisses qui marquent le monde depuis une décennie : le chômage. Et si nos gouvernants prenaient tous la même résolution : combattre le chômage pour que nos jeunes puissent vivre décemment et rêver d’un monde meilleur.

J’ajouterais une autre résolution aussi importante que la première : combattre la maladie et vaincre les grandes pandémies : sida, Ebola, Paludisme, toutes les formes de cancer.
Bonne Année 2016 à toutes et à tous.


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