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Les sélections en Afrique n’ont plus besoin des comportements d’Eto’o et de Zokora

Par Edem Gadegbeku

Didier Zokora dit « Maestro » a attiré pour un rien les projecteurs des analystes du foot international sur la sélection ivoirienne qui disputait ce week-end une rencontre sans enjeu contre le Maroc. Capitaine de la Séléphanto depuis l’absence de Didier Yves Drogba, «Maestro» n’a pas du tout apprécié la rétrocession du capitanat à l’actuel attaquant de Galatasaray. Il l’a manifesté à travers une bouderie qui lui a coûté deux types de sanctions : il doit verser 10 millions de fcfa à la Fédération ivoirienne et ne sera plus jamais capitaine de la Séléphanto.

Nouvelle recrue de Chelsea, Samuel Eto’o Fils de son côté a boudé une partie de ses coéquipiers, le week-end écoulé, pour dénoncer la non-sélection de joueurs qu’il affectionne par son coach, Volker Finke. De telles attitudes ne surprendraient pas plus d’un si elles venaient d’un jeune joueur peu connu en Afrique.

Eto’o et Zokora, trentenaires ayant entamé la dernière partie de leur carrière sont des modèles pour la jeune génération, des stars qui se doivent plus que jamais de montrer la bonne voie. D’autant plus que leurs sélections respectives ont été secouées ces dernières années par des crises comportementales aiguës qui les ont empêchées de briller sur les prés. Allusion à la débâcle historique des Eléphants et des Lions du Cameroun en phase finale du Mondial 2010. Le premier que le continent noir abritait. Le cas Zokora est isolé, pardonnable alors qu’Eto’o est récidiviste sur le sujet. De quoi déclencher l’ire d’une partie de ses compatriotes contre sa personne. Une attitude qui n’est surtout pas de nature à rasséréner l’équipe camerounaise dans son ensemble.

Avec ou sans Zokora et Eto’o, les équipes nationales ivoirienne et camerounaise sont à même produire de bons résultats. Quand on est trentenaire, et au soir de sa carrière, la sagesse commande qu’on uvre pour hâter le succès à l’international de son équipe nationale. Après son séjour qui s’est terminé en queue de poisson à l’Anzhi Makhachkala, Samuel Eto’o (footballeur africain le plus titré en coupes européennes) n’avait plus besoin d’une publicité négative auprès du grand public. Une forme de publicité qui jette généralement l’anathème sur tous les footballeurs africains dans les grands médias occidentaux. Visiblement, l’Afrique et ses joueurs n’ont pas encore compris qu’ils ont besoin d’être unis pour relever de grands défis sportifs. Comme la pléthore de stars uruguayennes l’a fait en 2010, en renonçant à ses primes de participation au Mondial, sans pour autant renoncer au patriotisme et à la fraternité sur le terrain. C’est aussi sur ces types de petits détails comportementaux que l’Afrique s’humilie lors de phases finales de grosses compétitions. Vivement que ces crises comportementales qui secouent la Côte d’Ivoire et le Cameroun ne se transportent pas en terre brésilienne, si ces deux équipes arrivent à valider leurs tickets pour le Mondial 2014.

L’Afrique qui ne partira pas avec les faveurs des pronostics à l’entame de cette compétition, devrait davantage perdre des plumes, si de nouveaux « Zokora et Eto’o » surgissent dans les rangs de ses ambassadeurs au pays du Roi Pelé.

Didier Zokora et Samuel Eto’o
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