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Les v ux du Président national du RDMC Pierre Mila ASSOUTE

Militantes et militants du RDMC,
Camerounaises, Camerounais, mes chers jeunes compatriotes,
Camerounais et Camerounaises vivant à l’étranger,

Avant d’entrer dans l’an 2010, j’ai voulu vous présenter très chaleureusement les meilleurs v ux du RDMC.

Sans exclure les autres catégories sociales, je souhaite m’adresser tout particulièrement à la jeunesse camerounaise et aux paysans qui sont en proie à une très grande désespérance, mais je souhaite aussi m’adresser à la diaspora camerounaise qui dans mon entendement et celui de mon parti le Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun (RDMC), a un rôle capital à jouer dans le devenir de notre nation.

Mes chers compatriotes,

Aucune situation n’est jamais définitivement irréversible. L’avenir du Cameroun dépend de vous. Il dépend davantage de nous tous et surtout des choix politiques que vous faites et qui déterminent soit notre échec individuel et collectif, soit notre réussite commune. L’année 2010 qui commence vous donnera certainement l’occasion d’y méditer.

Je vous recommanderais de mener les grandes actions indispensables à la réversibilité positive de la situation de chacun de vous et de notre pays.
Les Camerounais vivant à l’étranger sont restés longtemps considérés comme des étrangers, des exclus assujettis aux seuls soutiens filiaux et communautaristes confinés à leurs régions d’origine. Cette manière archaïque de concevoir nos rapports d’ensemble et de conduire notre pays a trop duré et lui fait perdre une expertise de haute compétitivité évanouie dans les pays étrangers qui en profitent allégrement.

Le vote des Camerounais de l’étranger et la double nationalité restés au stade des promesses vaseuses sont des concepts modernes de mobilité humaine. Notre développement général ne doit plus s’offrir le luxe d’ignorer la quête des compétences dans un monde ouvert à la compétitivité. La diaspora elle-même ne peut pas continuer à se satisfaire des réussites individuelles et à se détourner des affaires de notre pays sans se rendre moralement coupable de ce qui se passe à l’intérieur du pays. Elle doit agir en synergie avec la jeunesse et les forces de l’intérieur pour affirmer son existence et asseoir la légitimité de sa reconnaissance. Comment peut-elle autrement agir pour la reconnaissance des autres restés au pays dans l’étau d’une grande peur permanente sans se battre pour elle-même ? Tout silence à la misère de l’autre est une faute.

Les portes de l’année 2009 se referment hélas sur notre pays comme les précédentes. Plusieurs familles viennent d’être victimes d’une catastrophe qui ajoutera au gravissime chômage général des jeunes : Incendie du marché central, multiples accidents ferroviaires ayant entraîné des pertes en vies humaines, accidents meurtriers de la circulation routière etc. Des esprits malins et politiquement extravertis ouvrent une campagne en sorcellerie sur « l’endorsement » et « l’achievement » qu’on ne peut pas opposer à ceux qui ne gouvernent pas.

Quand on est au pouvoir on défend son bilan. Quand on est dans l’opposition on dénonce et on présente une offre critique alternative.
L’heure est donc à l’arbitrage entre ceux qui doivent défendre un bilan de 27 ans de pouvoir et ceux qui ont une offre nouvelle qui permettrait notre entrée dans l’inéluctable modernité.

Notre offre à nous porte sur la redéfinition institutionnelle et la liberté, sur le nouveau rôle de l’Etat et sa relation sociétale, sur une protection de la santé qui sécurise chaque citoyen au quotidien des risques de maladies ou d’insécurité familiale, la réorientation de la formation éducative qui dérive à la fin des études de chacun, des politiques obsolètes des quotas, la construction des voies modernes éclairées à haute intensité de circulation sur l’ensemble du territoire et avec les pays voisins,-( au total 35000 km de routes et 2800 Km de voies ferrées sont à construire pour désenclaver le Cameroun)-
une production énergétique à haute intensité de développement industriel, une agriculture mécanisée, des réformes agraires innovantes et protectrices des droits terriens traditionnels, une mutualisation culturelle, une fixation du salaire minimum, une sécurité intérieure et extérieure digne du Cameroun, une rayonnante diplomatie régionale et internationale de présence et d’efficacité, une protection de l’environnement, une transformation de nos matières premières sur le territoire national sont des atouts indiscutables de création des richesses et d’emplois que notre nation mérite largement. J’aurai l’occasion d’expliquer en détail le moment venu comment les réaliser et les financer.
Un projet « jeunesse intégrée » à hauteur de 50 milliards va pouvoir décomplexer le retour de la jeunesse dans les nouveaux pôles de développement à ériger en milieux ruraux. Nos paysans méritent un soutien agricole que nous avons évalué à 300 milliards, indispensable à la production paysanne de haute qualité dès 2011.
Des réformes générales d’environ 3000 milliards peuvent donner à notre pays, un nouveau visage de modernité digne des pays en progrès qui rendent fiers leurs citoyens.

Un bilan récent, très peu reluisant, montre que pendant ces deux dernières années, plus de 400 personnes ont dû perdre leur vie au Cameroun pour des causes imputables aux choix politiques qui engagent assurément la responsabilité des dirigeants de l’Etat au rang des quels : les massacres de février 2008, l’attaque de la ville de Limbé, les enlèvements à Bakassi, le double accident ferroviaire, les multiples accidents de circulation entre Douala et Yaoundé ou entre Yaoundé, Bafoussam, les émeutes contre l’absence d’énergie d’Abong Mbang, les émeutes de Kumba, les coupeurs de route dans le septentrion et les enlèvements d’enfants ou leur égorgement et/ou rançonnement, la criminalité galopante à l’Ouest, au nord-ouest, au c ur de Yaoundé la capitale etc.

Chers compatriotes, daignez accepter que je vous renouvelle toute ma profonde et sincère compassion à laquelle je joins celle du Rassemblement Démocratique pour la Modernité du Cameroun, (RDMC).
Il est difficile de nier une évidence tangible et matérielle : Le gouvernement du Cameroun n’a pas pu ou n’a pas su donner ces dernières années, ni impulser l’épanouissement collectif du bien-être et de la production, ni préserver les biens publics de la déprédation, et encore moins donner toute la mesure sécuritaire aux attentes du Peuple Camerounais en matière de protection intérieure.
Au plan de la justice sociale, beaucoup reste à faire. Les retentissants procès contre la corruption dont les résultats sont toujours attendus ne semblent pas avoir dissuadé les détournements de fonds publics au sein de l’appareil de l’Etat. Le Cameroun n’a d’ailleurs pas récupéré les milliers de milliards qui lui sont soustraits frauduleusement, (2000 milliards environ évaporés) mais paradoxalement, l’Etat a dépensé plusieurs milliards pour rechercher vainement l’argent détourné dans des cabinets opaques. Certains criminels clairement identifiés par le contrôle supérieur de l’Etat participent aux orgies du parti dominant et en appellent à la candidature de M. BIYA pour cacher leurs forfaits. Tout criminel doit être traduit devant la justice au lieu de narguer le peuple dans les médias d’Etat.
Les procès contre les crimes commis en plein monde ne donnent toujours pas le sentiment de pouvoir aboutir un jour au grand désarroi des familles…
Dans notre pays les pauvres sont toujours plus pauvres et ils ont toujours tort. Les riches quant à eux sont toujours plus riches et ils ont toujours raison, et ce, malgré une interminable lutte que le gouvernement mène contre la pauvreté avec l’appui des bailleurs de fonds internationaux !
Il n’est pas socialement juste non plus dans un pays pauvre très endetté où les jeunes sont par millions au chômage, où les femmes meurent encore en couche, où les enfants s’asseyent à même le sol pour étudier, d’apprendre que des sommes monumentales sont dépensées pour des vacances dispendieuses alors qu’il manque les médicaments génériques dans les centres hospitaliers dits de référence.

Au plan économique, le Cameroun a de nouveau repris le chemin de l’endettement excessif dans les relations bilatérales et multilatérales depuis l’atteinte du point d’achèvement et de l’annulation d’une grande partie de notre dette extérieure.
L’abandon par certains bailleurs de fonds, de 3500 milliards de notre dette extérieure qui avait atteint 5000 Milliards en 2006, aurait dû ouvrir la voie à un investissement productif dans des secteurs de formations qualifiantes où l’emploi de la jeunesse camerounaise est assuré.
Or en 1 an, une nouvelle dette cumulée d’environ 1000 milliards, sans objectifs confirmés vient d’être consentie au Cameroun.
La pression fiscale sur les entreprises qui traversent péniblement les effets de la crise financière se poursuit malgré ces flux financiers nouveaux.

Si un endettement colossal du pays, notamment auprès de la Chine dont les opérateurs économiques livrent une forte concurrence au petit commerce local au lieu d’investir dans l’économie lourde peut servir au développement d’une économie compétitive du Cameroun n’est pas formellement négatif, le risque de laisser affaiblir considérablement les capacités de l’entrepreneuriat national au cours des années avenirs n’est pas encadré. Les intérêts d’une solide coopération qu’il faut développer avec les pays amis doivent être réciproquement bénéfiques. Les investissements de l’Etat dans le domaine énergétique restent faibles et ne concourent pas favorablement à une production industrielle de qualité qui peut permettre aux entreprises d’aborder une compétitivité sur le marché international. Les expériences de la Chine en matière des technologies de production de l’énergie solaire des plus fiables sur le marché international peut être un axe de coopération bénéfique.

Saisissons l’occasion de ces v ux pour adresser nos remerciements à nos partenaires traditionnels qui, à travers les aides et annulations de la dette accordées au Cameroun ont ouvert de nouvelles perspectives à nos populations.
Le Cameroun que nous rêvons doit moderniser ses relations avec nos fidèles et traditionnels soutiens, mais aussi s’ouvrir largement à une coopération diversifiée avec des amis nouveaux tels que les Etats-Unis, la Russie, l’Inde, le Brésil.
Un de nos v ux de 2010 parmi les plus chers est que les amis du Cameroun qui souhaitent un avenir serein et paisible à notre pays s’intéressent davantage à la transition en cours.

En entrant dans la nouvelle année 2010, il y a à craindre que les promesses faites par le Président de la république M. Paul BIYA et contenues dans la feuille de route remise au gouvernement du premier ministre Mr Yang Philémon, ne soient pas réalisées. Cette perspective d’un résultat négatif laisse toujours sur le bord de la route de nombreuses familles. La vie reste cher pour l’immense majorité des ménages ; les salaires restent bas et sans certitudes d’être de tout temps honorés ; il y a 53% de chômeurs diplômés du supérieur parmi une jeunesse désespérée ; le taux de chômage global dans le pays a atteint 43% et touche environ 4millions de personnes sans emploi. La pauvreté touche 67% de personnes vivant au Cameroun. Les recrutements massifs dans l’armée militarisent le pays. Les recrutements politiques aux effectifs pléthoriques et fantaisistes à l’école normale supérieure de Maroua ne garantissent pas une formation de qualité aux jeunes qui y sont acceptés et accroitront le chômage. Moins de 40% de personnes ont accès à l’eau potable. De nombreux lycées sans bâtiments ni table-bancs sont créés sur du papier. L’intervention de quelques élus dans le champ régalien de l’Etat indique la confusion des rôles entre l’exécutif et le législatif. La décentralisation est annoncée pour le début de l’année alors que les interventions des délégués du gouvernement restent plus présentes que jamais dans le champ politique local.
Les évacuations sanitaires réservées à des privilégiés se poursuivent faute d’hôpitaux équipés aux normes requises. Le taux de mortalité infantile est en hausse. Les malades de sida n’auront pas de médicaments en 2010, le Cameroun n’étant pas éligible à les recevoir..

La navigation à vue a continué en 2009 de confirmer le mode de gestion qui nous pilote depuis 27 ans, aggravée par une crise financière et économique internationale. Le RDMC pour sa part avait très tôt dénoncé l’irresponsabilité des gouvernants devant cette crise, en indiquant les dangers auxquels notre pays était exposé lorsque les autorités, frappées de presbytie analytique, en minimisaient l’impact.

Aujourd’hui, notre taux de croissance est de 2.8% avec des perspectives pessimistes ; les projets économiques « des grandes ambitions » annoncés, sont différés ou annulés. 12000 emplois environ ont été perdus dans le secteur du bois en 2009. L’avenir général est gravement hypothéqué, même si des vendeurs permanents d’illusions en panne de capacité cognitive objective, croient arriver à masquer les dérives de pilotage à vue, d’improvisation, de détournements et des gabegies. On ne peut pas bâtir l’action politique sur la mystification sémiologique permanente. Une nouvelle demande de confiance pour permettre aux mêmes hommes de reproduire les mêmes causes et les mêmes effets, face à un peuple fragilisé intellectuellement, sociologiquement, physiquement, psychologiquement et spirituellement ne va pas résoudre nos problèmes.
En effet, les promesses nouvelles sans foi après tant d’années de désaffection politique m’apparaissent comme un anachronisme d’un récurrent tour de passe-passe magique qui créera du pain. J’en appelle donc, au-delà de mon parti, à la responsabilité et à la vigilance générale du peuple du Cameroun.
La vice-présidente de la banque mondiale qui vient de séjourner au Cameroun a posé un diagnostic sans appel : la mauvaise gouvernance persiste. Après tant d’années de restructuration, de programmes structurels sans effets, n’est-on pas tombé dans la déstructuration continue ?

La publication -par la SOPECAM, et/ou le RDPC, ou les deux à la fois,- d’un ouvrage des motions de soutiens compilés, intitulé « l’appel du peuple » que l’on prête à l’ensemble du peuple, pour que Monsieur Paul BIYA non seulement se représente, mais anticipe les élections présidentielles après avoir modifié de force la constitution de la république ne prend pas en compte la gravité des massacres perpétrés contre une jeunesse désespérée en février 2008. J’ai été alors saisi d’une grande peur que le peuple du Cameroun soit capable d’appeler à renouveler la grande peur qu’ont vécue nos enfants. Les memoranda, en provenance de toutes les régions du Cameroun, y compris dans le Sud du pays à tort considéré comme fief exclusif de Monsieur BIYA, où pourtant le retard économique et social qui y sévit n’a d’égal que la misère des régions de l’Extrême nord et de l’Est, sont là pour démentir les motions de soutien épicuriennes et syndicalistes. Je ne reviens pas d’ailleurs sur l’instrumentalisation d’une justice politiquement punitive qui a provoqué un réel ressentiment d’injustice dans certaines régions du pays en cette même année 2009.
Dans une surprenante déclaration il ya quelques mois qui présage des élections anticipées, le président et le directeur général d’ELECAM, issus du RDPC, se sont dits prêts à organiser toute élection dès 2010. Or il est constant qu’aucun des démembrements d’ELECAM n’est opérationnel sur le territoire. Les inscriptions sur les listes électorales ne sont pas ouvertes. Les sous-préfectures n’inscrivent aucun citoyen entre-temps alors que la loi ne permet pas l’interruption des inscriptions en cours d’année. Le fichier électoral qui doit être révisé et informatisé demeure toujours aux mains du MINADT en violation de la loi qui fixait un délai péremptoire longtemps expiré, de transfert dudit fichier à ELECAM.
C’est dans cette atmosphère de précampagne que notre parti le RDMC, est victime depuis quelques semaines des assauts de déstabilisation, commandités par des guignols de l’ombre qui n’hésitent pas à user des médias publics pour se délecter des basses besognes.

Mes chers compatriotes,
Le RDMC vous a proposé un projet alternatif de gouvernement qui décline ma vision de l’Etat moderne que vous méritez et qui prendra chacun de vous en compte pour réussir sa vie. C’est la voie que je vous propose pour sortir des années noires que vous vivez depuis des décennies. Nous devons aborder l’an 2010 avec une ferme détermination, ensemble, d’envisager notre avenir autrement et d’entrer dans la modernité. Oui le Cameroun peut changer son destin. Nous en sommes capables ! Votre destin sera écrit par vous-mêmes et par notre capacité à assumer un véritable leadership visionnaire qui remettra chaque Camerounais sur le chantier de la construction nationale et de la production. Votre ère, c’est l’ère du Black Berry, de la fibre optique, de l’internet, les portables de 4eme génération, de Myspace, de Youtube, des DVD etc. Il vous appartiendra de signifier votre choix de classer les archaïsmes aux archives de notre histoire commune et d’avancer avec des leaders de votre temps. Comment peut-on gouverner un monde sans comprendre son langage ?

Chers compatriotes jeunes,
C’est le v u le plus cher que je formule pour vous-même, pour vos parents, pour les paysans qui doivent s’approprier l’usage des machines pour une production agricole moins pénible et de très haute qualité.
C’est pourquoi je demande officiellement ici et maintenant dans ce message, au nom du RDMC, à ceux qui répandent dans les médias l’idée d’un « appel du peuple » qui demanderait à monsieur Paul BIYA de se représenter aux élections présidentielles et de les anticiper, l’organisation d’un référendum pour se faire plébisciter comme seule voie légale et légitime pouvant contrarier démocratiquement l’ensemble des memoranda issus de toutes les régions du pays qui eux dénoncent un malaise généralisé de sa gestion du pouvoir.

Le RDMC dénonce cet « appel du peuple » qui est une camisole de force aux couleurs du RDPC, trop petite et mal cousue pour notre grand peuple.

Mes Chers compatriotes, je prends solennellement l’engagement de joindre nos efforts aux vôtres sur le terrain au Cameroun au cours de l’année 2010, pour redonner espoir à notre peuple.
Je vous souhaite d’aborder avec courage, engagement et un grand espoir, une Heureuse année 2010.
Souhaite à nos lions indomptables d’écrire de nouvelles pages dans leur histoire et la nôtre, par des victoires à la CAN et à la coupe du monde en l’an 2010.

Vive le Cameroun !

Pierre Mila ASSOUTE
Journalducameroun.com)/n
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