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L’esthétique corporelle de la femme bamiléké au XXe siècle préoccupe les chercheurs

Rondeurs, couleur de la peau, forme des seins, taille, pilosité… Passés au peigne fin!

L’esthétique corporelle de la femme bamiléké au XXe siècle, c’est le sujet d’une thèse de doctorat en histoire culturelle que vient de soutenir Liliane Dalis ATOUKAM en face d’un jury composé des Professeurs Daniel ABWA (Président), Joseph Marie-Essomba (Rapporteur), Mbondji EJENGUELE, Hamadou ADAMA, et Saibou Issa, examinateurs. Pour mener à bien ces travaux, la candidate a bénéficié du concours financier du ministère de l’enseignement supérieur (MINESUP) du Cameroun et du Conseil pour le développement des sciences sociales en Afrique (CODESRIA) et la Faculté des Arts, Lettres et Sciences Humaines (FALSH) de l’Université de Ngaoundéré.

Pour Liliane Dalis ATOUKAM qui a travaillé sous la direction du Professeur Joseph-Marie ESSOMBA, les raisons qui ont contribué au choix d’un sujet comme celui là sont à la fois d’ordre scientifique et méthodologique. Sur le plan scientifique justement, ce travail obéit à une logique de continuité de nos travaux entrepris sur l’éthique corporelle de la femme camerounaise dès nos premiers pas dans de recherche en année de licence. Dans le cadre du rapport de sensibilisation à la recherche, l’étude a d’abord porté sur les femmes de Ngaoundéré et la mise en valeur de leur corps. Au niveau de maîtrise, ce travail a été élargi sur le plan chronologique et thématique. Dans le cadre du DEA, les éléments se sont enrichis d’apports nouveaux aussi bien sur le plan thématique que chronologique. Dans le cadre de la thèse de doctorat PhD., le choix de l’Ouest Cameroun repose sur un certain nombre de faits dont la connaissance du terrain, l’accès relativement facile à l’information et l’expérience du terrain. A travers ce travail, Mme Liliane Dalis ATOUKAM TCHEFENJEM, épouse KAPSEU s’est proposée d’étudier les fondements de l’esthétique corporelle de la femme bamiléké dans ses aspects les plus divers et les changements survenus dans leurs manifestations au courant du XXe siècle. 128 personnes interrogées, 13 chapitres, il n’en fallait pas moins.

En termes de résultats, la candidate a démontré que la femme des grassfields présente certaines spécificités. Sur le plan vestimentaire, elle allait encore sans vêtements au XXe siècle et son corps était un véritable support culturel et un véritable signe de distinction sociale. D’où des blessures symboliques sur le corps telles que des scarifications et autres tatouages. Mais à quoi sert tout cela ? lui demandera le Pr. Saïbou Issa, qui était l’un des examinateurs. Est-ce à des fins esthétiques ou érotiques ? si c’est à des fins érotiques, pourquoi les rapports sexuels ne se font pas toujours sous la lumière ? des questions et bien d’autres qui témoignent de la profondeur des débats tout au long de cette soutenance.

Selon Liliane Dalis ATOUKAM, la femme bamiléké du XXe siècle a commencé par utiliser pour ses soins de beauté, des produits naturels comme l’huile de palmiste avant de s’arrimer aux produits cosmétiques et à la dépigmentation. La femme bamiléké est aussi avant tout celle qui aime les parures, les bracelets, les colliers, les boucles d’oreilles… Au-delà de l’aspect purement physique et apparent de la beauté de la femme bamiléké qui repose essentiellement au XXe siècle sur sa rondeur, son teint, la forme des seins, sa taille et sa pilosité, la candidate a également montré que des influences religieuses ont imprimés chez la femme bamiléké des critères moraux de la beauté. Car on a de plus en plus tendance à parler de bonne femme au lieu de belle femme.

Ces travaux revêtent une importance indéniable, car femme de la région bamiléké a son esthétique qui lui est propre. Sur le plan national, ce travail permettra sans doute de favoriser le dialogue interculturel. Au plan international, il pourra sans doute susciter de la curiosité chez les touristes à découvrir la femme bamiléké dans toute sa splendeur. D’où l’appel qui a été lancé par la candidate pour un retour urgent aux sources pour la revalorisation du patrimoine culturel, gage d’un développement qui épouse les contours de la rationalité. La mention très honorable a sanctionné ces travaux.
Mais peut-on véritablement parler d’esthétique chez la femme bamiléké lorsqu’on sait que la beauté a un coût et que les grassfields constituent une société réputée particulièrement économe ? Il convient tout simplement de relativiser le concept d’esthétique et reconnaître qu’il n’y a de belle femme que celle qui est belle à voir et à avoir.

Liliane Dalis ATOUKAM TCHEFENJEM
Journalducameroun.com)/n
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